Le marché immobilier portugais affiche une stabilité trompeuse. En octobre 2026, le prix moyen des biens proposés à la vente atteint 425 000 euros, tandis que les loyers annoncés s’établissent à 1290 euros par mois. Mais derrière ces moyennes nationales, les écarts se creusent : les prix de vente reculent fortement dans le district de Porto, alors que les loyers augmentent de près de 30 % à Beja. C’est le principal enseignement du dernier baromètre d’Imovirtual, publié le 27 octobre.
À l’échelle nationale, le prix moyen affiché à la vente s’inscrit en baisse de 2,3 % sur un an. Les loyers proposés diminuent également de 0,8 % par rapport à octobre 2025.
Mais ces chiffres concernent les prix demandés dans les annonces immobilières, et non les montants réellement payés lors des transactions ou les loyers de l’ensemble des contrats en cours.
À Porto, les prix de vente affichés baissent de 50 000 euros

C’est l’une des évolutions les plus marquantes du baromètre. Dans le district de Porto, le prix moyen des logements proposés à la vente est passé de 430 000 euros en octobre 2025 à 380 000 euros en octobre 2026. Cette diminution de 11,6 % représente un écart de 50 000 euros en un an.
Le recul est plus modéré dans le district de Lisbonne, où le prix moyen affiché baisse de 3,2 %, passant de 630 000 à 610 000 euros. La capitale et ses environs restent néanmoins le marché le plus cher du Portugal continental dans ce baromètre.
D’autres territoires suivent une trajectoire inverse. À Portalegre, les prix de vente annoncés progressent de 16,6 % sur un an, pour atteindre 149 000 euros. À Bragança, la hausse atteint 12 %, tandis que Santarém affiche une augmentation de 10,4 %.
Ces différences montrent que le ralentissement constaté à Porto ou à Lisbonne ne se retrouve pas partout dans le pays.
Les loyers augmentent de près de 30 % à Beja

Sur le marché locatif, c’est le district de Beja, dans l’Alentejo, qui enregistre la plus forte augmentation annuelle parmi les districts continentaux étudiés.
Le loyer moyen annoncé y est passé de 675 à 875 euros par mois, soit une hausse de 29,6 % en 12 mois. Cette évolution est particulièrement notable dans une région généralement moins chère que Lisbonne, Porto ou l’Algarve.
À Évora, également dans l’Alentejo, les loyers proposés atteignent désormais 1000 euros par mois, en hausse de 14,3 %.
Porto connaît aussi une progression importante sur le marché locatif, malgré le recul des prix de vente : les loyers annoncés y augmentent de 15,5 % sur un an, passant de 1030 à 1190 euros.
Lisbonne reste toutefois le district le plus cher pour louer un logement sur le continent, avec une moyenne de 1700 euros mensuels. Ce montant représente une légère baisse de 2,9 % par rapport à octobre 2025.
Dans le district de Faro, qui couvre l’Algarve, le loyer moyen affiché atteint 1300 euros, soit une hausse annuelle de 8,3 %.
Les îles connaissent aussi de fortes variations

Les contrastes sont également importants dans les îles portugaises.
Sur l‘île de Terceira, aux Açores, le prix moyen des biens proposés à la vente est passé de 200 000 à 290 000 euros en un an, soit une augmentation de 45 %.
À São Miguel, le prix moyen affiché à la vente reste stable sur un an, à 395 000 euros. En revanche, les loyers proposés atteignent 1400 euros mensuels, après une hausse de 27,3 % sur le seul mois d’octobre.
À Madère, les logements sont annoncés à la vente pour un prix moyen de 585 000 euros, tandis que les loyers atteignent 1500 euros par mois.
Pourquoi ces chiffres doivent être interprétés avec prudence
Le baromètre d’Imovirtual permet de suivre les évolutions du marché des annonces, mais il ne mesure pas directement le prix auquel les logements sont effectivement vendus ou loués.
Une baisse du prix moyen affiché dans un district ne signifie donc pas nécessairement qu’un même logement vaut aujourd’hui 50 000 euros de moins qu’un an auparavant. Les caractéristiques des biens présents sur le portail peuvent aussi varier d’une période à l’autre.
Pour les particuliers qui cherchent à acheter ou à louer au Portugal, ces données rappellent surtout une réalité : il n’existe pas un marché immobilier portugais uniforme.
Entre la baisse des prix de vente affichés à Porto, la hausse des loyers à Beja et les évolutions spectaculaires de certains marchés insulaires, la situation dépend fortement du territoire, du type de logement et de l’offre disponible.







