Au Portugal, les prix de l’immobilier explosent et les acheteurs étrangers paient plus cher

Façades d'immeubles résidentiels portugais aux couleurs variées, avec fenêtres, balcons et azulejos.

Les prix de l’immobilier poursuivent leur progression au Portugal, malgré un recul des ventes. Au deuxième trimestre 2026, le prix médian des logements vendus a augmenté de 18,4% sur un an, atteignant 2445 euros par mètre carré. Dans le Grand Lisbonne, il dépasse désormais les 4000 euros, avec un écart particulièrement marqué entre les transactions réalisées par les résidents fiscaux portugais et ceux domiciliés à l’étranger.

Selon les données de l’Institut national de la statistique portugais (INE), 37 854 logements ont été vendus entre avril et juin 2026, soit une baisse de 9% par rapport à la même période de 2025. Les prix continuent néanmoins d’augmenter : leur progression annuelle atteint 18,4%, après 19,8% au premier trimestre. Sur trois mois, la hausse s’établit à 4,6%.

Ce ralentissement du rythme de croissance ne signifie donc pas que les logements deviennent moins chers. Il montre simplement que les prix augmentent moins rapidement qu’au début de l’année, alors même que le nombre de transactions diminue.

Le Grand Lisbonne reste la région la plus chère du Portugal

Avec un prix médian de 4030 €/m², le Grand Lisbonne conserve sa première place parmi les marchés immobiliers les plus coûteux du pays. Il devance nettement l’Algarve, où les logements se vendent à 3500 €/m², puis la péninsule de Setúbal, à 3069 €/m².

Madère atteint 2816 €/m², tandis que l’aire métropolitaine de Porto affiche 2669 €/m². Ces différences illustrent la concentration des prix élevés dans les principales zones urbaines et les régions touristiques du Portugal.

Malgré une diminution des ventes sur un an, le Grand Lisbonne et l’aire métropolitaine de Porto représentent ensemble 34,3% des transactions immobilières nationales au deuxième trimestre.

infographie immobilier portugal

Les acheteurs domiciliés à l’étranger paient nettement plus cher

L’écart entre les transactions selon le domicile fiscal des acquéreurs constitue l’un des principaux enseignements de ces statistiques. Dans le Grand Lisbonne, les acheteurs domiciliés fiscalement hors du Portugal ont payé un prix médian de 5878 €/m², contre 4000 €/m² pour ceux domiciliés dans le pays. La différence atteint ainsi 47%.

Le phénomène est également visible dans l’aire métropolitaine de Porto, où les transactions des acheteurs domiciliés à l’étranger atteignent 3640 €/m², contre 2648 €/m² pour les résidents fiscaux portugais, soit un écart de 37,5%.

À l’échelle nationale, le prix médian payé par les acquéreurs fiscalement domiciliés à l’étranger s’élève à 3182 €/m², contre 2421 €/m² pour les acheteurs domiciliés au Portugal. Ces chiffres ne signifient toutefois pas qu’un même logement est systématiquement vendu plus cher à un étranger : ils comparent des ensembles de transactions potentiellement différents, selon les biens et les localisations. Le domicile fiscal ne renseigne pas non plus, à lui seul, sur la nationalité des acquéreurs.

Lisbonne et Porto enregistrent un ralentissement de la hausse

Les statistiques révèlent enfin une évolution contrastée dans les grandes communes portugaises. Parmi les 24 municipalités de plus de 100 000 habitants, dix ont enregistré une accélération de la hausse annuelle des prix au deuxième trimestre 2026.

Loures et Matosinhos affichent les plus fortes accélérations, avec respectivement 9,7 et 9,5 points de pourcentage supplémentaires. À l’inverse, Guimarães présente le ralentissement le plus marqué, avec un recul de 13,4 points de son taux de variation annuel.

Les villes de Lisbonne et Porto connaissent également une décélération, leurs taux de croissance annuels diminuant respectivement de 8,9 et 5,4 points par rapport au premier trimestre. Une évolution qui confirme un marché immobilier toujours orienté à la hausse, mais dont la dynamique devient moins uniforme selon les territoires.

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