Au Portugal, le succès des conserves de poisson pousse les industriels à investir des millions

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Au Portugal, l’industrie des conserves de poisson connaît une accélération spectaculaire, portée par une demande internationale en forte hausse. Les exportations ont atteint 222 millions d’euros au premier semestre 2026, soit une progression de 18% sur un an. Face à cet engouement, plusieurs fabricants investissent des millions d’euros dans de nouvelles lignes de production, tandis que certaines entreprises enregistrent des croissances exceptionnelles.

Selon l’Association nationale des industriels des conserves de poisson (ANICP), le chiffre d’affaires du secteur pourrait atteindre 650 millions d’euros en 2026, contre environ 400 à 410 millions l’année précédente. Un niveau que les professionnels espéraient initialement atteindre seulement en 2030.

Cette dynamique profite particulièrement aux sardines portugaises, dont les ventes à l’étranger progressent rapidement. Mais elle entraîne également de nouveaux défis industriels, notamment pour garantir l’approvisionnement en poisson et maîtriser les coûts de production.

Les exportations de conserves portugaises accélèrent en 2026

Les résultats publiés par le Jornal Económico le 6 novembre 2026 illustrent la transformation économique du secteur. Après avoir atteint 400,7 millions d’euros en 2025, les exportations de préparations et conserves de poisson continuent de progresser. Pour l’ensemble de l’année 2026, l’ANICP prévoit 455 millions d’euros de ventes à l’étranger. Jornal Económico+1

La sardine figure parmi les principaux moteurs de cette croissance. Au premier semestre, les exportations de conserves de sardines ont augmenté d’environ 24% en volume et de 38% en valeur. L’espèce bénéficie notamment d’un intérêt croissant pour ses qualités nutritionnelles et d’une demande soutenue sur plusieurs marchés internationaux.

Le thon demeure néanmoins le premier produit exporté par le secteur, représentant environ 48% des ventes extérieures. L’industrie portugaise profite donc d’une demande diversifiée, qui ne repose pas uniquement sur son produit le plus emblématique.

Cette expansion prolonge la renaissance des conserves de poisson portugaises, déjà marquée par leur repositionnement gastronomique et leur succès auprès de nouveaux consommateurs. La différence, en 2026, réside surtout dans l’accélération des volumes et des investissements industriels.

A Poveira augmente sa production de sardines de 300%

L’entreprise A Poveira, fondée en 1938, illustre particulièrement cette accélération. Selon son directeur général António Cunha, sa production de sardines a augmenté de 300% en trois ans. Cette progression concerne spécifiquement l’entreprise, et non l’ensemble de l’industrie portugaise.

Le fabricant produit désormais environ 1,5 million de boîtes par jour, dont un million de conserves de thon et 350 000 de sardines. Une nouvelle unité ajoute une capacité de production de 100 000 boîtes de moules quotidiennes.

Pour accompagner cette croissance, A Poveira a mis en service deux unités industrielles en septembre 2026, représentant un investissement de 17 millions d’euros. L’entreprise engage également 15 millions d’euros supplémentaires dans une nouvelle usine consacrée à la sardine et à ses équipements.

Elle emploie actuellement 940 personnes et prévoit 150 recrutements supplémentaires. Ses exportations représentent environ 80% de son activité, principalement à destination des États-Unis et de l’Europe du Nord.

Le groupe vise un chiffre d’affaires de 200 millions d’euros en 2026. Il s’agit toutefois d’un objectif annoncé, et non d’un résultat annuel déjà réalisé.

Ramirez investit également pour répondre à la demande

Cette croissance touche aussi les conserveries historiques. Fondée en 1853, Ramirez prévoit de porter son chiffre d’affaires à 44 millions d’euros en 2026, contre 39 millions en 2025.

L’entreprise, qui emploie 240 personnes, a investi deux millions d’euros au cours des dernières années pour augmenter ses capacités, particulièrement dans la production de sardines.

Elle fabrique environ 250 000 boîtes par jour et exporte vers une cinquantaine de pays. Les marchés d’Europe centrale et orientale prennent une importance croissante, tandis que la France et la Belgique offrent de nouvelles opportunités commerciales.

Mais cette expansion s’accompagne d’une pression sur les coûts. Selon António Ramirez, le prix d’achat des sardines a presque doublé en un an, tandis que les dépenses énergétiques ont également augmenté. Le fabricant indique avoir relevé ses prix de vente d’environ 30% en moyenne pour compenser une partie de ces charges.

La disponibilité du poisson constitue désormais l’un des principaux enjeux pour les industriels portugais. Les difficultés d’approvisionnement au Maroc, autre grand producteur de sardines, ont contribué à renforcer la demande adressée aux conserveries portugaises, mais elles soulignent également la dépendance du secteur aux ressources halieutiques.

L’industrie portugaise des conserves emploie environ 5 000 personnes directement et génère 8 000 emplois indirects, selon l’ANICP. Avec des exportations en hausse et de nouvelles capacités de production, elle aborde la fin de l’année 2026 avec des perspectives favorables, même si la hausse des coûts et l’approvisionnement en matières premières pourraient peser sur sa croissance.

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