Au Portugal, 68% des habitants ressentent une forte baisse de leur pouvoir d’achat

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Au Portugal, 68% des personnes interrogées estiment que leur pouvoir d’achat a fortement diminué au cours des douze derniers mois en raison de la hausse des prix de l’énergie. C’est huit points de plus que la moyenne de l’Union européenne, selon une enquête de la Banque européenne d’investissement (BEI). Le pays se classe au septième rang des 27 États membres où ce sentiment est le plus répandu.

Cette pression sur le budget des ménages se traduit notamment par une évolution des habitudes de déplacement. Près de deux Portugais interrogés sur trois déclarent avoir réduit leurs trajets en voiture, adapté leur conduite ou davantage utilisé les transports publics pour économiser du carburant.

L’enquête, réalisée en août auprès de 23 000 personnes dans l’Union européenne, dont 1000 au Portugal, portait principalement sur la transition énergétique. Elle révèle toutefois à quel point le coût de l’énergie est devenu une préoccupation quotidienne, mais aussi un facteur déterminant dans la manière dont les Européens envisagent leur avenir énergétique.

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Selon la Banque européenne d’investissement, 68% des répondants portugais considèrent que leur pouvoir d’achat a sensiblement reculé sous l’effet de l’augmentation des prix du gaz naturel, de l’électricité et des carburants, notamment du fioul de chauffage.

Cette proportion place le Portugal au septième rang de l’Union européenne, devant la moyenne communautaire de 60%. La Roumanie affiche le pourcentage le plus élevé, à 80%, tandis que Malte enregistre le plus faible, à 23%.

IndicateurPortugalMoyenne de l’UE
Déclarent une forte baisse de leur pouvoir d’achat liée aux prix de l’énergie68%60 %
Ont modifié leur utilisation de la voiture pour économiser65%60 %
Ont cherché à réduire leurs dépenses alimentaires ou de santé34%38 %
Jugent la transition énergétique urgente85%—

Ces résultats mesurent la perception des personnes interrogées, et non une baisse statistiquement constatée de 68% du pouvoir d’achat. Ils ne signifient pas non plus que les prix de l’énergie ont augmenté de 68% : ce chiffre représente la part des répondants déclarant avoir subi une dégradation importante de leur situation.

L’enquête permet ainsi de mesurer le ressenti des ménages face aux dépenses énergétiques, sans établir à elle seule l’évolution réelle des revenus ou de l’inflation au Portugal.

La hausse des prix de l’énergie en Europe

Les Portugais réduisent leurs déplacements pour économiser du carburant

Les conséquences les plus visibles concernent les transports. 65% des répondants au Portugal déclarent avoir changé leur utilisation de la voiture afin de limiter leurs dépenses.

Ces adaptations prennent plusieurs formes : effectuer moins de trajets, conduire plus lentement pour consommer moins de carburant ou privilégier davantage les transports publics. L’enquête regroupe ces comportements dans un même indicateur, sans préciser quelle pratique domine au Portugal.

Le pays affiche ainsi le sixième taux le plus élevé de l’Union européenne, cinq points au-dessus de la moyenne communautaire de 60%.

En revanche, les Portugais interrogés déclarent moins souvent avoir réduit certaines dépenses essentielles. 34% affirment avoir cherché à diminuer leurs dépenses quotidiennes d’alimentation ou de santé, contre 38% en moyenne dans l’Union européenne.

Ce résultat place le Portugal parmi les dix pays où cette adaptation est la moins fréquemment déclarée. Il ne permet cependant pas de conclure que les ménages subissent moins de difficultés alimentaires ou sanitaires : l’enquête mesure ici des changements de comportement, pas le niveau des besoins ou des privations.

La transition énergétique apparaît comme une réponse à la dépendance aux importations

L’enquête met également en évidence une évolution des attentes des Portugais vis-à-vis de la transition énergétique.

85% des répondants au Portugal estiment que cette transition est urgente. Une proportion identique considère que son principal intérêt réside dans la réduction de la dépendance du pays aux importations de pétrole et de gaz.

La question des prix occupe désormais une place importante : 84% associent la transition énergétique à la perspective de prix plus stables ou plus bas. La lutte contre le changement climatique reste également un bénéfice largement reconnu, cité par 79% des personnes interrogées.

Cette hiérarchie contraste avec les résultats d’une enquête réalisée quatre ans auparavant par la BEI. À cette époque, l’atténuation du changement climatique constituait le principal bénéfice mentionné par les répondants portugais. La réduction des importations de pétrole et de gaz n’arrivait qu’au huitième rang, tandis que la stabilisation ou la baisse des prix n’était pas citée.

Ce changement suggère que les préoccupations économiques et la sécurité énergétique occupent une place croissante dans la perception de la transition. Il ne signifie pas pour autant que les préoccupations climatiques ont disparu.

Le solaire et l’éolien privilégiés au Portugal

Lorsqu’ils sont interrogés sur les sources d’énergie les plus importantes pour réussir cette transition, les Portugais placent les énergies renouvelables au premier plan.

L’énergie solaire est citée par 64% des répondants, contre 52% en moyenne dans l’Union européenne. L’énergie éolienne recueille 49% des réponses au Portugal, contre 37% à l’échelle européenne.

Les personnes interrogées expriment également une préférence pour une coordination européenne. 69% souhaitent que la transition énergétique soit conduite au niveau de l’Union européenne plutôt qu’à l’échelle strictement nationale. Une proportion proche, 68%, estime que les États membres devraient mettre leurs ressources en commun pour la financer.

Sur le plan industriel, 59% des répondants portugais privilégient le développement d’une industrie européenne des technologies propres, même si cette stratégie prend davantage de temps. À l’inverse, 30% préfèrent une transition plus rapide reposant sur des équipements importés.

Dans le communiqué accompagnant l’enquête, la présidente de la BEI, Nadia Calviño, souligne le rôle du Portugal dans le développement des énergies propres. Selon elle, les ressources renouvelables du pays représentent une occasion de réduire la dépendance européenne aux combustibles fossiles importés et de renforcer la sécurité énergétique.

Cette perspective économique éclaire les résultats de l’enquête : pour une large partie des répondants portugais, la transition énergétique ne relève plus seulement d’un objectif environnemental. Elle est également associée à la maîtrise des dépenses, à la stabilité des prix et à une moindre dépendance aux importations.

Une enquête menée auprès de 1000 personnes au Portugal

Les résultats proviennent d’une enquête de la Banque européenne d’investissement consacrée à la transition énergétique. Elle repose sur 23 000 entretiens réalisés du 3 au 25 août 2026 dans les 27 États membres de l’Union européenne, dont 1000 au Portugal.

Les pourcentages présentés correspondent aux réponses recueillies lors de cette enquête d’opinion. Ils doivent donc être distingués des indicateurs économiques officiels mesurant l’inflation, les revenus disponibles ou l’évolution effective du pouvoir d’achat.

Cette distinction est importante : l’étude montre qu’une majorité des personnes interrogées au Portugal ressent une forte pression liée aux prix de l’énergie, tout en exprimant des attentes élevées à l’égard de la transition énergétique. Elle ne permet pas, à elle seule, de mesurer l’ampleur exacte de la perte de pouvoir d’achat subie par chaque ménage.

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