Les entreprises portugaises ont terminé l’année 2025 avec des résultats financiers particulièrement solides. Leur chiffre d’affaires a progressé de 7,4 %, leur valeur ajoutée de 10 % et leur endettement a diminué. Mais derrière cette amélioration, une fragilité persiste : les exportations reculent et la productivité reste un défi pour l’économie portugaise.
C’est le principal enseignement du rapport Panorama Empresarial Português 2026, publié par Iberinform. Cette étude, fondée sur l’analyse des comptes de 366 900 entreprises non financières, décrit un tissu entrepreneurial qui aurait enregistré ses meilleures performances économiques et financières depuis sept ans.
Cette bonne santé apparente mérite toutefois d’être nuancée. La progression des résultats repose largement sur la vigueur du marché intérieur, tandis que les ventes à l’étranger montrent des signes de faiblesse. Une situation qui pose une question importante : les entreprises portugaises deviennent-elles réellement plus compétitives, ou profitent-elles surtout d’une conjoncture nationale favorable ?
Des entreprises moins endettées et mieux armées financièrement
Selon Iberinform, le chiffre d’affaires des entreprises étudiées a augmenté de 7,4 % en 2025, tandis que leur valeur ajoutée brute (VAB) progressait de 10 %. Cet indicateur mesure la richesse créée par les entreprises au cours de leur activité, au-delà de leurs seules ventes.
L’amélioration concerne également leurs bilans. Le taux d’autonomie financière, qui mesure la part des actifs financée par les capitaux propres, a atteint 48,8 %, un niveau présenté comme record par l’étude.
Les entreprises disposaient par ailleurs d’une réserve de trésorerie équivalente à 3,11 mois, selon l’indicateur retenu par Iberinform.
Ces résultats suggèrent que les sociétés analysées ont abordé l’année 2026 avec une situation financière plus équilibrée. Un endettement moins important et davantage de liquidités peuvent leur permettre de mieux absorber une baisse d’activité, une hausse des coûts ou des perturbations économiques.
Mais ces chiffres décrivent des résultats agrégés : ils ne signifient pas que toutes les entreprises portugaises ont connu une amélioration comparable.
La demande intérieure porte la croissance, pas les exportations
L’étude met en avant le rôle déterminant de la consommation et de l’investissement au Portugal. La demande intérieure a progressé de 3,7 %, tandis que l’investissement augmentait de 6 %. L’investissement dans la construction affichait une hausse encore plus marquée, de 10,3 %.
Le tourisme et l’immobilier ont également continué de soutenir l’activité économique, contribuant à la dynamique des entreprises tournées vers le marché national.
En revanche, les exportations des sociétés examinées ont reculé de 1,1 %.
Ce contraste constitue l’un des résultats les plus intéressants du rapport. Les entreprises peuvent améliorer leur chiffre d’affaires et leur situation financière grâce à une demande nationale soutenue, sans pour autant renforcer leur présence sur les marchés internationaux.
Il faut cependant distinguer les exportations des entreprises de l’échantillon de celles de l’ensemble de l’économie portugaise. Le recul de 1,1 % ne peut pas être automatiquement interprété comme une baisse identique des exportations nationales.
La productivité reste un obstacle à la compétitivité
Au-delà des résultats financiers, Iberinform souligne une faiblesse structurelle de l’économie portugaise : la productivité.
D’après les données présentées, chaque euro consacré aux dépenses de personnel génère 1,80 € de valeur ajoutée brute au Portugal, contre 1,87 € en moyenne dans l’Union européenne.
L’écart peut sembler limité, mais il illustre une difficulté persistante : améliorer la capacité des entreprises à produire davantage de valeur avec les ressources mobilisées.
Cet indicateur ne résume toutefois pas, à lui seul, la productivité de l’économie. Il dépend notamment de la structure des secteurs d’activité, des rémunérations et des méthodes de comparaison.
Pour les entreprises qui cherchent à exporter, la question est particulièrement importante. Leur compétitivité dépend non seulement de leurs coûts, mais aussi de leur capacité à investir, à innover et à proposer des produits ou des services à plus forte valeur ajoutée.
Des résultats solides, mais une photographie déjà ancienne
Publiée en 2026, l’étude d’Iberinform repose sur les comptes de l’exercice 2025. Ce décalage est habituel dans les analyses financières des entreprises, qui nécessitent la collecte et le traitement de centaines de milliers de bilans.
Les résultats permettent donc de mesurer la solidité financière acquise par les entreprises portugaises à la fin de 2025, mais ils ne décrivent pas directement leur situation à l’automne 2026.
Ils mettent néanmoins en évidence un contraste important : les entreprises étudiées ont renforcé leurs bilans grâce à une activité intérieure dynamique, alors que leurs exportations reculaient. Dans un contexte international incertain, cette meilleure santé financière constitue un atout. Elle ne suffit toutefois pas à résoudre les difficultés de productivité et de compétitivité mises en lumière par le rapport.
L’enjeu est désormais de savoir si les entreprises portugaises ont réussi, au cours de 2026, à préserver cette solidité financière tout en améliorant leur position sur les marchés étrangers. Les comptes de 2025 ne permettent pas encore de répondre à cette question.







