Vila Viçosa attire les acheteurs avec des logements encore abordables

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Alors que le prix du logement est devenu l’une des principales préoccupations au Portugal, certaines communes de l’intérieur continuent d’afficher des montants sans commune mesure avec ceux observés autour de Lisbonne, Porto ou dans les secteurs les plus recherchés de l’Algarve. Vila Viçosa, dans l’Alentejo, en fournit aujourd’hui un exemple particulièrement révélateur.

La commune du district d’Évora figure parmi les trois municipalités portugaises connaissant simultanément une forte demande pour la location et l’achat d’un logement, selon des données relayées par le Jornal Económico. Mais contrairement aux deux autres communes qui l’accompagnent dans ce groupe, Marinha Grande et Moita, les prix y restent particulièrement bas : environ 500 euros par mois pour une location et 123 000 euros pour l’achat d’un logement.

Ces chiffres ne signifient pas nécessairement que des milliers de Portugais sont en train de déménager vers Vila Viçosa. Ils témoignent en revanche d’un phénomène intéressant : la demande immobilière ne se concentre plus uniquement sur les grandes métropoles et le littoral.

À Vila Viçosa, des prix très inférieurs à ceux des autres communes recherchées

La comparaison avec les deux autres municipalités fortement recherchées à la fois par les locataires et les acheteurs est particulièrement parlante.

À Marinha Grande, dans le district de Leiria, le loyer atteint environ 700 euros par mois, tandis qu’un logement à l’achat coûte autour de 270 565 euros. À Moita, dans l’aire métropolitaine de Lisbonne, les montants grimpent à 1021 euros pour une location et 273 894 euros pour un achat.

Avec ses 500 euros de loyer et ses 123 000 euros à l’achat, Vila Viçosa évolue donc dans une autre dimension. Le prix d’acquisition indiqué y est inférieur de plus de moitié à ceux relevés à Marinha Grande et Moita.

Il faut évidemment manier ces comparaisons avec prudence. La typologie, la superficie et l’état des logements disponibles peuvent varier considérablement d’une commune à l’autre. Il ne s’agit donc pas de comparer deux biens identiques. Ces données permettent surtout d’observer les différences de niveau de prix entre les territoires.

Le Portugal intérieur conserve des loyers autour de 500 euros

Vila Viçosa n’est d’ailleurs pas un cas totalement isolé. Plusieurs communes de l’intérieur du Portugal apparaissent encore parmi les territoires où les loyers restent relativement contenus.

Campo Maior, dans le district de Portalegre, affiche le montant le plus faible de l’analyse avec environ 462 euros mensuels. Vila Viçosa se situe juste derrière avec 500 euros, un niveau également observé à Arganil, dans le district de Coimbra, et à Vila Velha de Ródão, dans celui de Castelo Branco.

Plusieurs autres communes restent sous la barre des 700 euros : Moura et Mirandela se situent autour de 600 euros, tandis que Fafe atteint 616 euros.

À l’autre extrémité, les territoires soumis à une forte pression immobilière présentent une réalité radicalement différente. Albufeira atteint ainsi 1822 euros mensuels parmi les communes étudiées. Amadora arrive à 1148 euros et Ponta Delgada à 1075 euros.

L’écart entre Vila Viçosa et Albufeira dépasse ainsi 1300 euros par mois. Là encore, les marchés et les biens ne sont pas directement comparables, mais la différence donne une idée de la fracture immobilière qui s’est installée entre certains territoires portugais.

Acheter une maison pour moins de 150 000 euros reste possible

Le contraste est tout aussi spectaculaire lorsqu’on regarde le marché de l’achat. Dans plusieurs communes portugaises, les montants relevés restent compris entre 100 000 et 150 000 euros.

Outre Vila Viçosa et ses 123 000 euros, c’est le cas d’Alcoutim, en Algarve, avec 108 951 euros, de Murça avec 115 611 euros, d’Almeida avec 121 354 euros ou encore de Sátão avec 127 081 euros. Castelo Branco se situe à 138 325 euros.

Barrancos, dans le district de Beja, descend même à 55 000 euros, soit le montant médian d’achat le plus faible cité dans l’analyse. À l’opposé, Sobral de Monte Agraço, dans le district de Lisbonne, atteint 404 362 euros.

Ces chiffres rappellent surtout qu’il n’existe pas un marché immobilier portugais homogène. Entre une commune rurale de l’Alentejo, une station touristique de l’Algarve et la périphérie de Lisbonne, le budget nécessaire pour se loger peut varier dans des proportions considérables.

Les prix du logement déplacent-ils la demande vers l’intérieur ?

C’est finalement la présence de Vila Viçosa parmi les communes les plus recherchées qui rend ces données intéressantes. Des prix faibles dans une zone peu demandée n’auraient rien de surprenant. La combinaison d’une demande importante et de tarifs encore relativement accessibles l’est davantage.

Elle pourrait traduire une recherche croissante d’alternatives aux marchés immobiliers devenus difficiles d’accès. Pour certains ménages capables de travailler à distance, des retraités ou des personnes moins dépendantes des grands bassins d’emploi, l’intérieur du pays peut offrir des possibilités devenues rares ailleurs.

Il serait cependant prématuré d’en déduire un véritable exode vers l’intérieur. Une forte demande sur les plateformes immobilières ne correspond pas automatiquement à des transactions, encore moins à de nouveaux habitants installés durablement.

Vila Viçosa constitue néanmoins un cas révélateur. Dans un Portugal où l’accès au logement devient toujours plus difficile, les communes qui combinent cadre de vie, prix abordables et offre immobilière pourraient attirer une attention croissante. Et à 500 euros de loyer ou autour de 123 000 euros pour acheter, cette petite ville de l’Alentejo dispose aujourd’hui d’un argument particulièrement puissant.

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