L’éléphante Julie retrouvre une nouvelle vie dans son sanctuaire de l’Alentejo

L'éléphante Julie utilise ses défenses pour creuser un monticule de terre au sanctuaire Pangea, au Portugal

3 mois après son arrivée dans son sanctuaire de l’Alentejo, Julie, l’éléphante africaine d’environ 45 ans dont nous vous avions parlé, a profondément changé ses habitudes. Elle passe désormais la majeure partie de ses journées dehors, se roule dans la boue et dort parfois sous les étoiles. Ses soigneurs rapportent également une prise de poids de plus de 100 kilos, qu’ils considèrent comme un signe encourageant de son adaptation.

Dans les collines de Vila Viçosa, au sud du Portugal, Julie explore désormais un territoire de pâturages, d’arbres et de points d’eau. Après près de 40 années passées au cirque Victor Hugo Cardinali, elle est devenue, au début de l’été 2026, la première pensionnaire du sanctuaire Pangea.

Son arrivée avait marqué la fin de la présence d’éléphants dans les cirques portugais, après l’entrée en vigueur, en 2024, de l’interdiction des animaux sauvages dans ces établissements.

Mais ce sont aujourd’hui les changements observés depuis son transfert qui retiennent l’attention de l’équipe du sanctuaire.

Plus de 100 kilos gagnés et de nouvelles habitudes

julie

À son arrivée, Julie était encore réservée et passait beaucoup de temps dans son bâtiment. Quelques mois plus tard, elle utilise presque en permanence les espaces extérieurs mis à sa disposition.

Dans un reportage diffusé le 23 octobre, son soigneur Johnny Nascimento explique qu’elle passe désormais entre 20 et 22 heures par jour dehors.

En un peu plus de trois mois, Julie a également pris plus de 100 kilos. Pour Ryan Hockley, directeur du sanctuaire, cette évolution pourrait notamment s’expliquer par le développement de sa musculature : l’éléphante marche et se déplace beaucoup plus qu’auparavant. Il s’agit de l’interprétation de l’équipe qui la suit, et non d’un bilan vétérinaire indépendant.

Au-delà de cette évolution physique, les soigneurs observent surtout des comportements qu’elle pouvait difficilement exprimer dans son ancien environnement.

Elle creuse la terre, prend des bains de boue et dort sous les étoiles

julie pangea

La transformation a commencé très rapidement. Selon un bilan publié par Pangea Trust, Julie s’est aventurée dans son espace extérieur dès le lendemain de son arrivée. Elle a alors trouvé un amas de terre et s’est offert un premier bain de boue.

Depuis, cette activité est devenue l’une de ses préférées. Elle utilise également ses défenses pour creuser le sol, un comportement que les éléphants sauvages pratiquent notamment lorsqu’ils recherchent des racines.

Les bains de poussière et de boue ont aussi modifié l’apparence de sa peau, qui présente désormais une teinte rougeâtre caractéristique de la terre de l’Alentejo.

Autre changement observé par les soigneurs : Julie préfère de plus en plus passer ses nuits dehors, alors qu’elle cherchait initialement refuge dans son bâtiment.

Les portes restent ouvertes pour qu’elle puisse entrer et sortir librement. L’équipe considère ces nouvelles habitudes comme des signes de confiance dans son environnement.

Elle a même révélé une préférence alimentaire inattendue : parmi les fruits et légumes proposés, les oignons crus seraient ses favoris, selon le sanctuaire.

Une autre éléphante pourrait bientôt la rejoindre

Julie est actuellement la seule pensionnaire du sanctuaire, mais Pangea prépare l’arrivée de Kariba, une éléphante africaine d’environ 45 ans vivant en Belgique.

Le transfert a toutefois été retardé pour des raisons de santé et en raison des difficultés rencontrées lors de sa préparation au transport. Dans une mise à jour publiée en octobre, Pangea précise que son état médical s’améliore, mais que son voyage n’est pas encore confirmé.

Si Kariba rejoint l’Alentejo, les deux éléphantes seront présentées progressivement, avec la possibilité de rester séparées pendant une première période afin d’observer leurs réactions.

À plus long terme, le sanctuaire, créé par la fondation britannique Pangea Trust, ambitionne d’accueillir entre 20 et 30 éléphants ayant vécu en captivité dans différentes structures européennes.

Pour Julie, l’étape la plus importante est déjà visible : elle peut désormais choisir quand marcher, se reposer, rejoindre son bâtiment ou passer la nuit à l’extérieur. Une liberté de mouvement que ses soigneurs placent au cœur de son nouvel environnement.

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