En Algarve, récolter la résine des pins pourrait aider à prévenir les incendies

pin algarve

Et si les pins de l’Algarve pouvaient rapporter davantage aux propriétaires tout en encourageant l’entretien des forêts ? Dans cette région du sud du Portugal, où certains peuplements produisent peu de pignons, la récolte de résine fait l’objet de nouveaux essais. Une activité ancienne qui pourrait contribuer à redonner une valeur économique aux terrains forestiers et, indirectement, à réduire le risque d’incendie.

L’Algarve compte plus de 42 000 hectares de pins parasols, appelés pinheiros-mansos au Portugal. Une grande partie de ces arbres a été plantée dans les années 1990, mais certains peuplements produisent peu, voire pas de pommes de pin, limitant les revenus tirés de la vente de pignons.

Pour les propriétaires, cette faible rentabilité peut compliquer l’entretien régulier des parcelles. Une autre ressource pourrait cependant être exploitée : la résine naturellement produite par les pins.

Une ressource forestière encore peu exploitée

La récolte de résine, appelée resinagem en portugais, consiste à pratiquer une incision contrôlée dans l’écorce afin de recueillir la substance sécrétée par l’arbre.

Une fois transformée, cette matière première entre notamment dans la fabrication de peintures, de colles, de vernis et de certains produits d’entretien. Elle sert également à produire la colophane utilisée, entre autres, sur les archets des instruments à cordes.

Au Portugal, cette activité est traditionnellement associée au pin maritime (pinheiro-bravo). Mais le pin parasol pourrait lui aussi présenter un intérêt économique, grâce aux caractéristiques particulières de sa résine.

Le pays importe actuellement près de 90 % de la résine nécessaire à son industrie

Selon l’association forestière ASPAFLOBAL, le pays importe actuellement près de 90 % de la résine nécessaire à son industrie. Développer une production locale pourrait donc permettre de mieux valoriser une ressource déjà présente dans les forêts portugaises.

Le 8 octobre 2026, un atelier organisé à Marmelete, dans la commune de Monchique, a réuni propriétaires forestiers, entreprises et techniciens autour de nouvelles méthodes d’extraction. Portée par ASPAFLOBAL et Resipinus, dans le cadre du projet RN21, cette rencontre visait notamment à améliorer la qualité de la résine récoltée tout en limitant les dommages causés aux arbres.

Quel lien avec la prévention des incendies ?

forêt pin algarve

L’intérêt de cette activité ne serait pas uniquement économique.

Une forêt qui génère des revenus peut donner davantage de raisons à son propriétaire de l’entretenir. La récolte régulière de résine nécessite un accès aux arbres, une présence humaine et un suivi des parcelles.

Selon les associations à l’origine du projet, cette gestion plus active pourrait favoriser le débroussaillage et la maîtrise de la végétation combustible, deux éléments importants de la prévention des incendies.

Il ne s’agit donc pas de rendre les pins moins inflammables grâce à l’extraction de leur résine. Le bénéfice envisagé est indirect : encourager l’entretien des terrains forestiers en leur donnant une utilité économique supplémentaire.

Cette possibilité reste toutefois à confirmer. Les chercheurs doivent encore établir les rendements que pourrait offrir le pin parasol, les coûts de récolte et les conditions nécessaires pour préserver les arbres.

La rentabilité pour les propriétaires n’est pas encore chiffrée, et le développement de ces nouvelles techniques dépend aussi d’un encadrement réglementaire adapté.

Pour l’Algarve, l’enjeu est donc double : déterminer si ses pinèdes peu productives peuvent fournir une nouvelle matière première à l’industrie portugaise, et si cette activité peut réellement contribuer à une gestion plus régulière des espaces forestiers.

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