Dix-neuf ans après avoir élu ses premières « merveilles », le Portugal vient de compléter son palmarès. 7 nouveaux sites portugais ont été distingués le 12 septembre 2026, à l’issue d’une grande finale organisée au Palácio Nacional de Sintra. Châteaux, patrimoine religieux, vestiges romains, architecture contemporaine ou encore jardins : cette nouvelle sélection offre un étonnant condensé de la diversité du pays.
Contrairement à un classement établi par un jury d’experts, le résultat a été entièrement déterminé par le vote du public. 21 finalistes, répartis dans 7 catégories, étaient encore en compétition lors de la finale. Parmi les gagnants figurent quelques monuments très connus, comme la cathédrale de Lisbonne, mais également des sites beaucoup plus confidentiels qui pourraient profiter de cette nouvelle exposition.
7 nouveaux sites rejoignent les « merveilles » portugaises
L’aventure avait commencé avec plusieurs centaines de candidatures provenant du Portugal continental, des Açores et de Madère. Après différentes sélections régionales et une demi-finale nationale, 3 sites restaient en compétition dans chacune des 7 catégories.
Le public a finalement choisi le Castelo de Leiria pour les châteaux, l’Aqueduto da Usseira à Óbidos pour les grandes réalisations, les ruines de São Cucufate pour l’histoire, la Sé de Lisboa pour le patrimoine religieux, les Mercados de Olhão pour le XXe siècle, la Tiago Cabaço Winery pour le XXIe siècle et le Jardim do Paço Episcopal de Castelo Branco pour le tourisme.
Cette édition s’inscrit dans une longue série de concours consacrés au patrimoine portugais. Depuis la première élection des 7 Maravilhas de Portugal en 2007, le concept a notamment été décliné autour des merveilles naturelles, de la gastronomie, des plages, des villages ou encore de la culture populaire.
De Lisbonne à Leiria, 4 siècles d’histoire récompensés

Parmi les lauréats les plus emblématiques figure la Sé de Lisboa. La plus ancienne cathédrale de Lisbonne remporte la catégorie « Religion ». Sa construction débute en 1147, après la conquête de la ville par D. Afonso Henriques. Son imposante façade romane, encadrée par deux tours, est aujourd’hui l’une des silhouettes les plus reconnaissables du centre historique de la capitale.
Le bâtiment a pourtant beaucoup évolué. Les différents tremblements de terre qui ont frappé Lisbonne, notamment celui de 1755, ont entraîné de nombreuses reconstructions. Derrière son allure de forteresse se côtoient ainsi plusieurs périodes architecturales, tandis que son cloître gothique et le Trésor de la cathédrale complètent la visite.

Plus au nord, le Castelo de Leiria s’impose dans la catégorie « Châteaux ». Installé sur les hauteurs de la ville, il domine Leiria et constitue depuis des siècles l’un de ses grands repères monumentaux. Son architecture témoigne de différentes phases de construction et de transformation, mêlant la fonction défensive de la forteresse à des espaces résidentiels plus raffinés.

Dans l’Alentejo, ce sont les Ruínas de São Cucufate, à Vila de Frades, qui remportent la catégorie « Histoire ». Beaucoup moins connues du grand public international, elles constituent l’une des découvertes les plus intéressantes de cette sélection. Le site conserve les vestiges d’un vaste ensemble antique et permet de remonter jusqu’à la présence romaine dans cette partie du Portugal.
Un aqueduc, des marchés et une cave parmi les grands gagnants

À proximité d’Óbidos, l’Aqueduto da Usseira remporte la catégorie « Grandes Obras » (Ouvrages remarquables). Ses arches accompagnent le paysage aux portes de la célèbre cité fortifiée. Cette distinction pourrait offrir une visibilité nouvelle à un ouvrage que de nombreux visiteurs aperçoivent sans nécessairement connaître son histoire, alors qu’ils se dirigent vers les murailles d’Óbidos.

Direction ensuite l’Algarve, avec l’un des bâtiments les plus reconnaissables d’Olhão. Les Mercados de Olhão ont été choisis dans la catégorie consacrée au XXe siècle. Installés au bord de la Ria Formosa, leurs deux édifices en brique rouge occupent une place centrale dans la vie de la ville. Poissons, fruits, légumes et produits régionaux y entretiennent une tradition commerciale qui en fait bien davantage qu’une simple curiosité architecturale.

L’architecture du XXIe siècle est représentée par la Tiago Cabaço Winery, à Estremoz, au cœur d’une importante région viticole de l’Alentejo. Sa victoire montre également la volonté de cette édition de ne pas limiter la notion de patrimoine aux monuments anciens : des réalisations contemporaines peuvent désormais rejoindre des châteaux, des cathédrales ou des vestiges archéologiques dans le paysage touristique portugais.
Un spectaculaire jardin de Castelo Branco complète le palmarès

La septième merveille conduit à Castelo Branco. Le Jardim do Paço Episcopal remporte la catégorie « Tourisme ». Ce jardin historique est surtout célèbre pour ses compositions géométriques, ses bassins et son étonnante collection de statues en granite.
L’ensemble offre un visage très différent des autres lauréats. Ici, ni forteresse dominant une ville ni monument monumental visible à plusieurs kilomètres : la découverte repose davantage sur la promenade et sur une succession de perspectives soigneusement aménagées.
Cette diversité est finalement ce qui caractérise le mieux le nouveau palmarès. Les 7 sites ne racontent ni la même époque ni le même Portugal. La cathédrale de Lisbonne renvoie aux premiers siècles du royaume, São Cucufate à un passé beaucoup plus ancien, tandis que les marchés d’Olhão et la cave d’Estremoz montrent que le patrimoine peut aussi être moderne ou contemporain.
Le titre de « merveille » n’est évidemment pas une nouvelle classification patrimoniale officielle. Il résulte d’une initiative populaire et touristique dont les gagnants sont désignés par vote. Mais l’expérience des précédentes éditions montre tout l’intérêt d’un tel coup de projecteur : des lieux parfois méconnus se retrouvent soudain placés sur la carte des prochaines escapades au Portugal. Et parmi ces sept nouveaux élus, certains constituent précisément de belles raisons de quitter les itinéraires touristiques les plus évidents.







