L’Algarve parmi les 10 régions d’Europe où le tourisme pèse le plus

surtourisme algarve

L’Algarve appartient désormais au même cercle que les Baléares, la Crète ou les grandes îles touristiques grecques. Une analyse publiée au Royaume-Uni à partir des données d’Eurostat classe la région portugaise au huitième rang de l’Union européenne pour l’intensité de son activité touristique par rapport à sa population résidente.

Le résultat est d’autant plus notable que l’Algarve se place devant les îles Canaries, autre géant européen du tourisme balnéaire. Il ne signifie toutefois pas qu’il y ait, à un instant donné, davantage de touristes que d’habitants dans le sud du Portugal. Le classement repose sur le nombre de nuitées enregistrées dans les hébergements touristiques au cours d’une année, rapporté à la population locale. Un indicateur qui permet surtout de mesurer le poids considérable pris par le tourisme dans certains territoires européens.

L’Algarve se classe devant les îles Canaries

L’analyse, publiée par le quotidien britannique The Independent à partir des données d’Eurostat pour 2024, place donc l’Algarve en 8ème position. Derrière elle apparaissent les îles Canaries, en Espagne, puis la région autrichienne de Salzbourg, qui ferme le top 10.

Devant la région portugaise se trouvent certaines des destinations de vacances les plus fréquentées d’Europe : l’Égée-Méridionale et les îles Ioniennes en Grèce, le Tyrol du Sud en Italie, la côte adriatique croate, les Baléares, la Crète et le Tyrol autrichien.

La composition de ce classement est révélatrice. Les territoires insulaires et littoraux y occupent une place prépondérante, aux côtés de quelques grandes destinations alpines. L’Algarve rejoint ainsi un groupe de régions dont l’économie et l’activité sont particulièrement marquées par les séjours touristiques.

Les îles grecques dominent largement le classement

La première place revient à l’Égée-Méridionale, vaste région grecque comprenant notamment les Cyclades et le Dodécanèse, où se trouvent des destinations aussi célèbres que Santorin ou Rhodes.

En 2024, environ 41,5 millions de nuitées touristiques y ont été enregistrées pour une population d’un peu plus de 325 000 habitants. Cela représente environ 127 nuitées touristiques par résident sur l’ensemble de l’année.

Les îles Ioniennes, parmi lesquelles Corfou et Zakynthos, arrivent en deuxième position avec plus de 20,5 millions de nuitées pour environ 200 000 habitants, soit quelque 103 nuitées par résident.

L’écart se creuse ensuite. Le Tyrol du Sud italien enregistre environ 69 nuitées par habitant, tandis que la côte adriatique croate, qui comprend notamment les secteurs très touristiques de Dubrovnik et Split, se situe autour de 67.

Les Baléares, la Crète puis l’Algarve

Les îles Baléares occupent la cinquième place avec près de 60 nuitées touristiques par résident. Majorque et Ibiza comptent depuis longtemps parmi les principales destinations européennes, avec une fréquentation qui atteint des niveaux particulièrement élevés pendant la saison estivale.

Cette concentration du tourisme est également devenue un sujet politique et social dans l’archipel espagnol. Ces dernières années, plusieurs manifestations ont notamment dénoncé les conséquences de la fréquentation touristique sur le logement, les prix et l’utilisation de l’espace public.

Après les Baléares apparaissent la Crète puis le Tyrol autrichien. L’Algarve arrive juste derrière, à la 8ème place, et précède donc les Canaries.

Cette proximité avec certaines des destinations les plus touristiques du continent permet de mesurer la place particulière occupée par le sud du Portugal dans le paysage européen.

Y a-t-il réellement plus de touristes que d’habitants en Algarve ?

Le classement peut facilement prêter à confusion. Il ne permet pas d’affirmer que les touristes sont plus nombreux que les habitants présents simultanément en Algarve.

Eurostat comptabilise ici des nuitées touristiques cumulées sur une année. Une personne séjournant sept nuits dans un hôtel ou un autre hébergement touristique génère donc sept nuitées. La population résidente, elle, constitue la base de comparaison démographique.

L’indicateur mesure par conséquent une intensité touristique, et non le rapport quotidien entre le nombre de visiteurs et celui des habitants. Il permet néanmoins d’observer à quel point l’activité touristique occupe une place importante dans un territoire compte tenu de sa population.

Cette nuance est également importante lorsqu’on évoque le « surtourisme ». Un nombre élevé de nuitées par résident révèle une forte pression touristique potentielle, mais ne suffit pas à lui seul à démontrer l’existence d’un phénomène de surtourisme ou à en mesurer les conséquences.

Pourquoi l’Algarve apparaît-elle aussi haut dans le classement ?

Le résultat s’explique en grande partie par la combinaison de deux facteurs : une population permanente relativement limitée et un nombre considérable de visiteurs.

L’Algarve concentre une grande partie de l’offre balnéaire du Portugal. Ses plages, son climat, ses stations touristiques, ses terrains de golf et son parc hôtelier attirent des visiteurs portugais comme étrangers. Si juillet et août restent particulièrement fréquentés, l’activité ne s’arrête plus à la seule haute saison.

Le printemps et l’automne occupent une place croissante, notamment grâce aux visiteurs d’Europe du Nord, au golf et aux séjours de longue durée. Cette saison touristique étendue augmente mécaniquement le nombre de nuitées enregistrées sur l’ensemble de l’année.

Le facteur démographique joue également beaucoup. Dans une grande métropole comptant plusieurs millions d’habitants, un volume considérable de nuitées peut représenter un ratio relativement faible une fois rapporté à la population. Dans une région moins peuplée comme l’Algarve, le poids statistique de chaque séjour devient beaucoup plus important.

Le tourisme occupe une place exceptionnelle dans le sud du Portugal

À l’autre extrémité du classement européen cité dans l’analyse se trouve Mayotte, territoire français de l’océan Indien, avec environ 166 000 nuitées touristiques en 2024, soit approximativement une demi-nuitée par résident. Le contraste illustre l’ampleur des différences entre les territoires européens.

Pour l’Algarve, cette huitième place ne signifie donc pas nécessairement que ses plages et ses villes sont constamment saturées de visiteurs. Elle montre en revanche à quel point le tourisme pèse lourd lorsqu’il est rapporté au nombre de personnes vivant toute l’année dans la région.

Et le voisinage statistique est particulièrement parlant : îles grecques, côte croate, Baléares, Crète, Algarve puis Canaries. Autant de destinations dont le nom est devenu presque indissociable des vacances européennes. L’Algarve appartient désormais, chiffres à l’appui, à ce groupe très restreint de régions où le tourisme atteint une intensité exceptionnelle par rapport à la population locale.

Résumer l'article avec l'IA 👉 ChatGPT Perplexity Grok Google AI

Article écrit par
Retour en haut