Construire des logements coûte de plus en plus cher au Portugal

construction portugal

Le Portugal veut construire davantage de logements pour répondre à une crise immobilière qui dure depuis plusieurs années. Mais un autre indicateur évolue rapidement : le coût nécessaire pour produire ces nouveaux logements. Selon les dernières données de l’Institut national de la statistique (INE), les coûts de construction des logements neufs ont augmenté de 6,8 % sur un an en juillet.

Cette progression concerne aussi bien les matériaux que la main-d’œuvre. Le coût des matériaux a augmenté de 6,3 % en un an, tandis que celui du travail a progressé encore davantage, de 7,3 %.

Ces chiffres mettent en évidence l’une des difficultés auxquelles le Portugal est confronté : augmenter le nombre de logements disponibles ne suffit pas nécessairement à garantir qu’ils pourront être proposés à des prix accessibles aux ménages.

Le coût des logements neufs augmente de 6,8 %

La hausse mesurée par l’INE est particulièrement large. Parmi les matériaux de construction, certains enregistrent des augmentations importantes, notamment les fils de cuivre, les tubes en PVC ou encore le bitume.

Mais un autre élément est révélateur de la tendance actuelle : parmi les matériaux pris en compte dans l’indice, aucun n’a enregistré de baisse de prix sur un an. Les entreprises du secteur doivent donc composer avec une augmentation relativement généralisée de leurs coûts.

La main-d’œuvre contribue également fortement à cette évolution. Avec une progression annuelle estimée à 7,3 %, son coût augmente même légèrement plus rapidement que celui des matériaux.

Ces données concernent le coût de construction et non directement le prix auquel un logement sera ensuite vendu. Il ne serait donc pas exact de considérer qu’une hausse de 6,8 % des coûts entraîne mécaniquement une augmentation identique des prix immobiliers. Elles montrent néanmoins que construire un logement neuf devient actuellement plus coûteux au Portugal.

Construire davantage ne signifie pas nécessairement construire moins cher

L’augmentation de l’offre est devenue l’une des principales réponses avancées face à la crise du logement au Portugal. Après plusieurs années durant lesquelles la construction est restée insuffisante par rapport aux besoins, remettre davantage de logements sur le marché apparaît comme une condition nécessaire pour réduire les tensions.

Mais le prix d’un logement neuf ne dépend pas seulement du nombre de maisons ou d’appartements disponibles. Avant même sa commercialisation, sa production implique une succession de dépenses : terrain, conception du projet, procédures administratives, infrastructures, financement, matériaux, main-d’œuvre ou encore fiscalité.

Le temps nécessaire à la réalisation d’un programme immobilier intervient également dans l’équation. Entre l’acquisition d’un terrain et la livraison des premiers logements, plusieurs années peuvent s’écouler. Les coûts supportés pendant cette période doivent être financés et peuvent finalement se retrouver intégrés dans l’équilibre économique du projet.

C’est tout le paradoxe auquel le pays est confronté. Le Portugal a besoin de construire davantage au moment même où construire devient plus cher. L’augmentation du nombre de logements disponibles peut contribuer à détendre le marché, mais l’évolution du coût de leur production constitue elle aussi une partie du problème de l’accessibilité.

Augmenter aussi la capacité du secteur de la construction

La question prend une importance supplémentaire alors que le Portugal prévoit de mobiliser des investissements importants pour développer son parc de logements publics et abordables.

Or les programmes publics et les promoteurs privés font largement appel au même secteur de la construction, aux mêmes entreprises, aux mêmes matériaux et à la même main-d’œuvre. Augmenter fortement le volume de logements à produire suppose donc que les capacités du secteur puissent également progresser.

C’est dans ce contexte que différentes pistes sont régulièrement avancées : accélération et meilleure prévisibilité des procédures d’autorisation, disponibilité de terrains prêts à construire, développement des infrastructures, formation de travailleurs supplémentaires ou encore recours accru à l’industrialisation et aux nouvelles technologies de construction.

L’enjeu n’est donc pas uniquement de construire plus, mais également de parvenir à construire plus efficacement et dans des délais plus prévisibles. Car lorsqu’un secteur doit produire beaucoup plus sans disposer immédiatement des capacités supplémentaires nécessaires, des tensions peuvent apparaître sur les ressources disponibles.

Les derniers chiffres de l’INE apportent ainsi une autre dimension au débat portugais sur le logement. Le nombre de nouvelles habitations construites ou autorisées reste essentiel, mais leur coût de production l’est tout autant.

Le Portugal doit désormais relever ces deux défis simultanément : augmenter une offre devenue insuffisante tout en évitant que le coût nécessaire pour produire cette nouvelle offre ne l’éloigne encore davantage des revenus des ménages. Construire davantage est une partie de la réponse. La question qui restera ensuite pour les familles portugaises est probablement la plus importante : à quel prix ?

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