Seulement 930 mètres de longueur, mais 890 marches à franchir : les Passadiços do Côa, dans le nord-est du Portugal, ne sont pas une promenade aussi facile qu’il y paraît. Installé sur les pentes escarpées de Vila Nova de Foz Côa, ce parcours offre des vues remarquables sur les vallées du Côa et du Douro, dans un territoire célèbre pour ses paysages viticoles et son patrimoine préhistorique.
Entre escaliers, passerelles et points de vue, le sentier présente un dénivelé d’environ 160 mètres. Il relie les abords du Musée du Côa à l’ancienne gare ferroviaire située près de la confluence des deux rivières. Une randonnée relativement courte, mais dont la difficulté dépend beaucoup du sens choisi : descendre vers la vallée est une chose, remonter près de 900 marches en est une autre.
L’intérêt du lieu dépasse pourtant le défi physique. Ici, les reliefs rocheux, les terrasses agricoles et la présence de grands oiseaux sauvages composent un paysage singulier, à proximité de deux ensembles reconnus par l’UNESCO : les sites d’art rupestre préhistorique de la vallée du Côa et la région viticole du Haut-Douro.
Une randonnée de 930 mètres qui demande davantage d’efforts qu’on ne l’imagine

Les Passadiços do Côa ont été inaugurés en septembre 2022. Leur tracé suit une pente abrupte au-dessus de la vallée, avec une succession d’escaliers qui permet de traverser un terrain autrement difficile d’accès. Le bois des aménagements contraste avec la végétation basse, les rochers et les versants escarpés caractéristiques de cette partie du Portugal.
Le parcours descend depuis le secteur du musée vers l’ancienne gare du Côa, aujourd’hui désaffectée. En chemin, le regard s’ouvre progressivement sur les reliefs environnants et sur les cours d’eau qui ont façonné le territoire. Les pentes sont ponctuées de terrasses agricoles, de murets et d’espaces naturels où la végétation méditerranéenne domine.
Il faut compter environ 45 minutes pour parcourir les passerelles, selon les informations de présentation du site. Cette durée reste indicative : elle dépend du rythme, des pauses et surtout du sens de marche. Les visiteurs qui envisagent un aller-retour doivent prévoir un effort nettement plus important, en particulier lors de la remontée.
Malgré sa faible distance, l’itinéraire ne convient pas à toutes les conditions physiques. La répétition des marches, la pente et l’exposition au soleil peuvent rendre la progression éprouvante. Ce n’est pas un parcours adapté aux poussettes ni aux personnes ayant des difficultés à emprunter de longs escaliers.
Un panorama entre le Douro et la vallée du Côa
Le site se trouve dans une région où deux vallées se rencontrent. Le Côa, affluent du Douro, traverse un territoire de collines sèches, de formations rocheuses et de terres agricoles avant de rejoindre le grand fleuve. Les passerelles permettent d’apprécier cette géographie depuis des perspectives inhabituelles.
À mesure que l’on descend, les paysages changent d’échelle. Les escaliers révèlent la profondeur de la vallée, tandis que les terrasses aménagées sur les versants témoignent de l’activité humaine dans un environnement exigeant. Les eaux du Douro apparaissent au milieu de ce relief accidenté, loin des panoramas plus connus des vignobles proches de Peso da Régua ou de Pinhão.
Le secteur présente également un intérêt écologique. Une partie du territoire du Parc archéologique de la vallée du Côa appartient à une zone de protection spéciale intégrée au réseau européen Natura 2000, notamment en raison de la présence d’oiseaux rupicoles protégés.
Les visiteurs attentifs pourront éventuellement apercevoir des vautours fauves, des percnoptères d’Égypte ou des rapaces comme l’aigle royal et l’aigle de Bonelli. Leur observation reste évidemment aléatoire. La présence de ces espèces constitue néanmoins une raison supplémentaire de respecter la tranquillité des lieux.
Un sentier aux portes d’un patrimoine préhistorique exceptionnel

Vila Nova de Foz Côa est connue bien au-delà du Portugal pour ses gravures rupestres à ciel ouvert. Découvertes et étudiées à partir de la fin du XXe siècle, elles témoignent de la présence humaine dans cette vallée depuis la préhistoire. Les représentations d’animaux, notamment de chevaux et d’aurochs, figurent parmi les œuvres les plus emblématiques de cet ensemble.
Les sites d’art rupestre préhistorique de la vallée du Côa 1 sont inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le paysage culturel de la région viticole du Haut-Douro bénéficie lui aussi de cette reconnaissance. Les passerelles se situent ainsi dans un territoire où nature, agriculture et histoire ancienne se côtoient sur une distance relativement réduite.
Le Musée du Côa 2 constitue un excellent point de départ pour comprendre cette richesse. Ses collections et ses espaces d’interprétation présentent l’art préhistorique de la vallée, les techniques utilisées et les recherches archéologiques qui ont permis de mieux connaître les populations anciennes.
Il faut toutefois distinguer la promenade sur les passerelles et la visite des gravures rupestres. Le parcours ne permet pas d’observer librement les principaux panneaux gravés. Pour découvrir les sites archéologiques ouverts au public, il convient de se renseigner auprès du musée sur les visites accompagnées et leurs modalités de réservation.
Lire aussi : La Route des Amandiers : voyage entre Porto et Foz Côa
Comment accéder aux Passadiços do Côa ?
Le point de départ le plus simple se trouve près du Musée du Côa, à Vila Nova de Foz Côa. Les automobilistes peuvent rejoindre le parking du musée, situé dans sa partie supérieure, puis accéder au départ des passerelles par le niveau inférieur du bâtiment, à proximité de l’espace de restauration.
Le chemin descend ensuite vers l’ancienne gare ferroviaire du Côa (Estação Ferroviária do Côa), près de l’embouchure de la rivière. Il est important de réfléchir à son organisation avant de commencer : si aucun transport n’est prévu à l’arrivée, il peut être nécessaire de remonter le parcours pour retrouver son véhicule.
Pour profiter de la visite dans de bonnes conditions, quelques précautions sont recommandées :
- Prévoir des chaussures adaptées, avec une semelle offrant une bonne adhérence sur les marches.
- Emporter suffisamment d’eau, surtout pendant les journées chaudes.
- Éviter les heures de forte chaleur, car une grande partie du parcours est exposée au soleil.
- Prévoir du temps pour les pauses, les points de vue méritant de s’arrêter régulièrement.
- Respecter les espaces naturels, sans abandonner de déchets, prélever de plantes ou déranger les animaux.
Le printemps et l’automne offrent généralement des conditions plus agréables pour cette randonnée. En été, les températures peuvent être élevées dans l’intérieur du Douro, ce qui rend les longues séries de marches plus pénibles.
Avant le déplacement, mieux vaut également confirmer les conditions d’ouverture et d’accès auprès du Musée du Côa ou des organismes touristiques locaux, notamment en cas de mauvais temps ou de travaux.
Que découvrir autour de Vila Nova de Foz Côa ?

Les passerelles peuvent facilement s’intégrer à une journée consacrée à la découverte de la région. Le Musée du Côa mérite une visite à part entière, particulièrement pour les voyageurs qui souhaitent comprendre l’importance des gravures paléolithiques avant d’explorer les sites archéologiques.
À quelques kilomètres, Castelo Melhor conserve les vestiges de son château médiéval et une atmosphère de village rural. Almendra, autre localité historique du territoire, permet de découvrir l’architecture traditionnelle de cette partie du nord-est portugais.
La région est également réputée pour ses paysages d’amandiers. À la fin de l’hiver, généralement entre février et mars selon les conditions météorologiques, leur floraison transforme certains versants en étendues blanches et roses. C’est une période particulièrement appréciée pour les excursions dans les environs de Foz Côa.
Pour prolonger le voyage, les paysages du Douro international offrent d’autres perspectives spectaculaires, notamment depuis les belvédères de Penedo Durão et de Carrascalinho. Ces sites se trouvent plus loin et nécessitent un déplacement en voiture, mais ils permettent de découvrir une autre facette des reliefs qui marquent la frontière entre le Portugal et l’Espagne.
Enfin, la gastronomie régionale constitue une bonne raison de prolonger l’étape. Les plats traditionnels de l’intérieur, les produits locaux et les vins du Douro complètent naturellement une journée consacrée à la randonnée et au patrimoine.
Avec ses 890 marches réparties sur moins d’un kilomètre, les Passadiços do Côa offrent une expérience inhabituelle : une courte distance qui demande un véritable effort, dans l’un des territoires les plus riches du Portugal sur les plans naturel et archéologique.
- sites d’art rupestre préhistorique de la vallée du Côa : https://whc.unesco.org/fr/list/866/ ↩︎
- Musée du Côa : https://arte-coa.pt/museu/ ↩︎







