N108 : une route magnifique pour découvrir la vallée du Douro

n108

Elle est beaucoup moins célèbre que la N222 et pourtant, la route nationale 108 offre elle aussi un magnifique voyage au fil du Douro. Depuis les environs de Porto jusqu’à la région de Peso da Régua, elle longe par intermittence le fleuve, traverse des villages et finit par pénétrer au cœur des paysages viticoles qui ont fait la réputation de la vallée.

Pour découvrir le Douro en voiture, la N222 est devenue une véritable vedette. Elle débute à Vila Nova de Gaia et accompagne le fleuve sur sa rive droite en direction de Vila Nova de Foz Côa. Sur l’autre rive se trouve pourtant une alternative beaucoup moins connue : la N108.

Son parcours commence à la sortie du pont du Freixo, sur la rive gauche du Douro, avant de se poursuivre vers Gondomar, Entre-os-Rios, Mesão Frio et la région de Peso da Régua. Son terminus se trouve à Bagaúste, à proximité du barrage de Régua.

Plus qu’une route panoramique continue, la N108 est un itinéraire fait de rapprochements et d’éloignements du fleuve. Certaines portions traversent l’intérieur des terres avant de retrouver le Douro quelques kilomètres plus loin. C’est précisément cette succession de paysages qui donne son rythme au voyage.

De Porto à Entre-os-Rios, aux portes de la vallée du Douro

Entre-os-Rios

L’histoire de cette route est relativement récente. Jusqu’aux années 1940, une grande partie de la rive gauche du Douro ne disposait pas d’une véritable liaison routière continue. La N108 commence à être envisagée lors de l’élaboration du plan routier national de 1945.

Plus de 170 kilomètres étaient initialement prévus, mais seuls les quelque 120 premiers seront finalement construits. Jusqu’aux années 1990, la route constituera néanmoins l’une des liaisons importantes entre Porto, Trás-os-Montes et l’Alto Douro, alors beaucoup plus isolés qu’aujourd’hui.

En quittant Porto par le secteur du Freixo, la N108 passe notamment par Valbom et Gondomar avant de poursuivre vers Canelas et Entre-os-Rios. Le nom de cette localité résume parfaitement sa géographie : c’est ici que le Tâmega termine son parcours en rejoignant le Douro.

Le secteur offre ainsi de belles perspectives sur les deux cours d’eau. Après avoir franchi le pont Duarte Pacheco, inauguré en 1941, on atteint Torrão. C’est à partir de cette partie du trajet que le Douro prend véritablement une place centrale dans le paysage.

Entre-os-Rios porte également la mémoire d’un événement tragique de l’histoire contemporaine portugaise. Le 4 mars 2001, l’ancien pont Hintze Ribeiro s’effondrait dans le Douro, causant la mort de 59 personnes. Un mémorial, connu sous le nom d’Anjo de Portugal, rend aujourd’hui hommage aux victimes.

Une route de belvédères au-dessus du Douro

N108 Portugal's weekend go to road & Baloiço da Boneca at Douro River

À mesure que l’on avance, le voyage change progressivement de caractère. La N108 permet de multiplier les points de vue sur le fleuve, parfois depuis des belvédères aménagés, parfois depuis de simples endroits permettant de s’arrêter quelques instants.

Le parcours traverse également un territoire riche en patrimoine. Dans la région d’Entre-os-Rios se trouvent notamment la chapelle de Santo António, l’église de Santa Maria de Eja ou encore l’église romane de São Miguel de Entre-os-Rios.

Plus loin, Ribadouro constitue une nouvelle étape au bord de l’eau. Sa petite chapelle se trouve tout près du Douro et le paysage prend déjà cette physionomie caractéristique des vallées du nord du Portugal, avec les versants plongeant vers le fleuve.

La route finit cependant par s’en éloigner. Cette particularité distingue aussi la N108 d’une simple corniche suivant constamment la rive : le Douro disparaît parfois avant de réapparaître plusieurs kilomètres plus loin.

Il faudra attendre Mesão Frio pour véritablement le retrouver. Et c’est ici que commence sans doute la partie la plus spectaculaire du voyage.

À Mesão Frio, la N108 entre dans le grand paysage viticole du Douro

Mesão Frio

Mesão Frio marque une véritable transition. Le voyageur pénètre progressivement dans le paysage viticole emblématique de la vallée du Douro, avec ses pentes aménagées en terrasses et ses vignobles dominant le fleuve.

Les points de vue se succèdent et donnent envie de quitter régulièrement la voiture. Sur cette partie de la N108, le voyage vaut autant pour la route elle-même que pour les arrêts permettant de contempler la vallée.

La prochaine étape peut être Caldas do Moledo, autrefois connue pour ses thermes. Ceux-ci étaient notamment réputés pour leurs eaux utilisées dans le traitement de différentes affections. L’établissement thermal est aujourd’hui fermé, mais le Parque das Caldas de Moledo permet encore de découvrir ce lieu historique au bord du Douro.

Quelques kilomètres plus loin apparaît enfin Peso da Régua. Même si la N108 poursuit son tracé jusqu’à Bagaúste, la ville constitue l’aboutissement touristique naturel de ce road trip.

Régua est intimement liée à l’histoire viticole de la vallée. Le Museu do Douro permet notamment de mieux comprendre la culture de la vigne, l’histoire du vin et les transformations de cette région façonnée pendant des siècles par le travail humain.

Peso da Régua, une arrivée qui donne envie de poursuivre le voyage

peso-da-regua

Arriver à Peso da Régua ne signifie évidemment pas que la découverte du Douro doit s’arrêter. Au contraire, la ville constitue une excellente base pour poursuivre l’exploration de la région.

Autour de Régua se succèdent quintas, domaines viticoles, villages et demeures anciennes. Certains domaines proposent des dégustations de vins et, à la période des vendanges, différentes expériences permettent de découvrir plus directement la tradition viticole du Douro.

Le paysage culturel du Haut-Douro viticole est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ses terrasses, ses vignobles et ses villages témoignent de plusieurs siècles d’adaptation d’un territoire particulièrement escarpé à la culture de la vigne.

La N108 permet justement d’aborder ce paysage progressivement. Elle commence aux portes de l’une des principales métropoles portugaises, accompagne les vallées du Douro et du Tâmega, traverse des territoires longtemps isolés puis finit par rejoindre les grands paysages viticoles autour de Mesão Frio et Peso da Régua.

Moins connue que la N222, elle n’a pourtant pas grand-chose à lui envier lorsqu’il s’agit de transformer un simple déplacement en voyage. Et comme souvent dans la vallée du Douro, le meilleur conseil reste de ne pas être pressé : quitter régulièrement la route, s’arrêter devant un paysage et laisser le fleuve imposer le rythme du parcours.

Résumer l'article avec l'IA 👉 ChatGPT Perplexity Grok Google AI

Article écrit par
Défiler vers le haut