Les châtaigniers ont fleuri trop vite pour les abeilles : la récolte de miel s’effondre

miel de chataigne

Dans le nord du Portugal, les fortes chaleurs ont bouleversé la floraison des châtaigniers, laissant trop peu de temps aux abeilles pour récolter leur nectar. Résultat : la production de miel de châtaignier aurait chuté de 80 à 90 % en 2026 dans le parc naturel de Montesinho. Une mauvaise récolte qui touche environ 200 apiculteurs et pourrait faire grimper les prix de ce miel régional.

Dans les paysages montagneux du Trás-os-Montes, près de Bragança et de Vinhais, les châtaigniers occupent une place importante dans l’économie rurale. Leurs fleurs constituent aussi une ressource précieuse pour les abeilles, qui y récoltent le nectar nécessaire à la fabrication du miel.

Mais cette année, la floraison n’a pas suivi son rythme habituel. Une vague de chaleur a accéléré son développement, au point de compromettre une grande partie de la récolte.

Des fleurs desséchées avant que les abeilles puissent récolter leur nectar

chataigne

Selon Manuel Gonçalves, président de l’Association des apiculteurs du parc naturel de Montesinho, la floraison des châtaigniers, qui intervient habituellement en juillet, a été avancée et fortement raccourcie par les températures élevées.

Interrogé par l’agence Lusa, il décrit des situations où certaines fleurs apparues le matin étaient déjà complètement desséchées en fin de journée.

Or les abeilles ont besoin d’une floraison suffisamment longue pour accéder au nectar. Lorsque les fleurs se dessèchent trop rapidement, leur période de récolte se réduit considérablement.

Les conséquences sont importantes : les apiculteurs concernés récoltent environ deux kilogrammes de miel de châtaignier par ruche, contre 10 à 12 kilogrammes dans des conditions favorables.

D’après les estimations de leur association, la baisse de production atteint ainsi 80 à 90 % dans le secteur de Montesinho. Ces chiffres concernent le miel de châtaignier, et non la récolte de châtaignes elle-même.

Environ 200 apiculteurs touchés, avec un risque de hausse des prix

Le parc naturel de Montesinho figure parmi les principaux territoires de production de miel de châtaignier au Portugal. Cette variété, appréciée pour son goût prononcé et ses caractéristiques particulières, représente une source de revenus importante pour les exploitations apicoles locales.

La mauvaise récolte de 2026 pourrait donc avoir des conséquences économiques. Selon Manuel Gonçalves, la demande pour ce miel augmente depuis plusieurs années et dépasse déjà l’offre disponible. Une nouvelle diminution des quantités commercialisées pourrait entraîner une hausse des prix, même si aucune augmentation précise n’est encore établie.

Les difficultés dépassent également le seul Montesinho. En tant que président de la Fédération nationale des apiculteurs portugais, Manuel Gonçalves indique que la production moyenne de miel au Portugal serait tombée à 7 ou 8 kilogrammes par ruche, contre 10 à 15 kilogrammes habituellement.

La région avait déjà connu une campagne difficile en 2025, marquée notamment par des conditions météorologiques instables et les conséquences des incendies.

La situation de 2026 illustre une vulnérabilité particulière de l’apiculture : une floraison abondante ne garantit pas une bonne récolte si les températures empêchent les abeilles d’en profiter. Si les fortes chaleurs ont bien été identifiées par les producteurs comme la cause immédiate de cette chute, leur lien avec le changement climatique nécessiterait une analyse spécifique de cet épisode.

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