Le Portugal protège 3 fois plus son espace maritime que la moyenne mondiale

fonds marins portugal

Sur le papier, environ 10 % des océans de la planète bénéficient aujourd’hui d’une forme de protection. Dans la réalité, la situation est beaucoup moins favorable : seulement 3,5 % des espaces marins seraient effectivement protégés par des règles suffisamment strictes pour garantir un niveau élevé de conservation. Le Portugal fait nettement mieux que cette moyenne mondiale, avec 9,5 % de son espace maritime considéré comme réellement protégé.

Cette différence entre protection officielle et protection effective constitue l’un des principaux enseignements du Ocean Protection Gap Report 2026. Le rapport rappelle surtout qu’une zone classée comme aire marine protégée ne bénéficie pas nécessairement de restrictions suffisamment fortes pour préserver durablement ses écosystèmes.

Le Portugal atteint 9,5 % de protection effective

Avec 9,5 % de son espace maritime bénéficiant d’une protection considérée comme effective, le Portugal se situe presque trois fois au-dessus de la moyenne mondiale. Le pays fait ainsi partie des États mis en avant pour les progrès accomplis dans la protection concrète de leurs eaux.

Les États se sont engagés à protéger 30 % des océans d’ici 2030

Le niveau portugais reste néanmoins très éloigné de l’objectif international fixé pour la fin de la décennie. Les États se sont engagés à protéger 30 % des océans d’ici 2030, ce qui suppose encore une accélération considérable des mesures de conservation.

D’autres pays ont déjà avancé beaucoup plus loin. Samoa atteint par exemple 25,6 % de protection effective de son espace maritime, ce qui montre que des niveaux bien supérieurs sont possibles lorsque les zones protégées s’accompagnent de restrictions suffisamment fortes.

Une zone protégée sur une carte ne l’est pas forcément dans la réalité

aire sous marine protégée

Le rapport distingue clairement les espaces officiellement désignés comme protégés de ceux où la réglementation permet réellement de limiter les pressions exercées sur les écosystèmes. Une classification administrative ne suffit donc pas à garantir la conservation d’une zone marine.

Dans certaines aires protégées, des activités susceptibles d’avoir un impact important sur les milieux naturels peuvent encore être autorisées. Le niveau de protection dépend alors des règles appliquées, de leur contrôle et de leur capacité à réduire concrètement les pressions humaines.

Cette différence explique l’écart spectaculaire observé à l’échelle mondiale : environ 10 % de l’océan bénéficie aujourd’hui d’une forme de classement, mais seulement 3,5 % atteint un niveau de protection jugé suffisamment élevé.

Mangroves, herbiers et coraux révèlent l’écart

Plusieurs écosystèmes marins illustrent particulièrement bien cette situation. Environ 33 % des mangroves se trouvent dans des zones protégées, mais seulement 0,3 % bénéficieraient d’une protection pleine ou élevée.

Le même phénomène apparaît pour les herbiers marins. Environ 34 % sont couverts par une mesure de protection, alors que seulement 1,1 % atteint les niveaux de conservation les plus exigeants.

Les récifs coralliens d’eaux chaudes présentent une situation légèrement meilleure : près de 47 % sont inclus dans des espaces protégés, mais moins de 10 % bénéficient réellement d’un niveau de protection élevé. Ces écarts montrent que l’étendue des zones classées ne suffit pas à mesurer l’efficacité des politiques marines.

L’objectif de 30 % en 2030 paraît encore très éloigné

30 pourcent 2030

À 4 ans de l’échéance, l’objectif international de protection de 30 % des océans semble difficile à atteindre. Environ la moitié des pays côtiers disposent aujourd’hui d’objectifs nationaux quantifiés et associés à un calendrier précis.

Même si tous les engagements déjà annoncés étaient concrétisés, la couverture mondiale atteindrait seulement environ 12 % en 2030. En prolongeant le rythme observé ces dernières années, le rapport estime que la proportion pourrait se situer entre 12 et 15 %.

L’écart avec l’objectif reste donc considérable. Il ne s’agit pas seulement de créer de nouvelles zones protégées, mais aussi de renforcer les règles appliquées dans celles qui existent déjà afin que leur protection devienne réellement effective.

Plus de 14 milliards de dollars manquent chaque année

Le financement constitue l’un des principaux obstacles. Selon les estimations reprises dans le rapport, protéger efficacement 30 % de l’océan nécessiterait environ 16 milliards de dollars par an.

Les montants actuellement mobilisés atteignent seulement 1,8 milliard de dollars. Le déficit dépasse donc 14 milliards chaque année, ce qui oblige à envisager de nouveaux mécanismes de financement associant fonds publics, capitaux privés, dispositifs consacrés à la conservation ou encore opérations de conversion de dette.

Ces dépenses pourraient cependant générer des bénéfices économiques très supérieurs sur le long terme. Des écosystèmes marins en bon état contribuent notamment à la reconstitution des ressources halieutiques, à la protection des côtes et au stockage du carbone. Les bénéfices associés pourraient atteindre au moins 85 milliards de dollars par an à l’horizon 2050.

La haute mer constitue désormais l’un des principaux enjeux

Une grande partie des surfaces nécessaires pour atteindre l’objectif mondial devra être protégée en dehors des juridictions nationales. La haute mer représente environ 2/3 de la surface des océans, alors que moins de 2 % bénéficie actuellement d’une protection.

L’entrée en vigueur du traité international consacré à la haute mer ouvre désormais la possibilité de créer de nouvelles aires protégées dans ces espaces. Mais, là encore, la simple désignation de zones ne suffira pas : leur efficacité dépendra des règles adoptées et de leur application réelle.

Le Portugal apparaît donc comme l’un des pays ayant déjà progressé davantage que la moyenne mondiale, mais son niveau de 9,5 % rappelle aussi l’ampleur du chemin restant à parcourir. À 4 ans de 2030, le principal défi n’est plus seulement de protéger davantage d’océan sur les cartes, mais de faire en sorte que cette protection existe réellement dans l’eau.

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