La France propose officiellement le Rafale au Portugal pour remplacer ses F-16

avion

Le Rafale français est désormais officiellement dans la course pour remplacer les avions de combat F-16 du Portugal. Dassault Aviation a confirmé avoir remis en juillet 2026 une offre au gouvernement portugais ainsi qu’à l’armée de l’air portugaise, alors que Lisbonne prépare le renouvellement de sa flotte de chasse.

Le choix est encore loin d’être arrêté. Le Portugal doit d’abord inscrire le remplacement de ses F-16 dans sa nouvelle Loi de programmation militaire, actuellement en phase finale d’élaboration et qui doit être présentée au Parlement. Plusieurs constructeurs cherchent néanmoins déjà à se positionner sur ce marché stratégique.

Avec son Rafale, la France rejoint ainsi une compétition où figurent notamment le F-35A américain de Lockheed Martin, l’Eurofighter Typhoon européen et le Gripen E/F du suédois Saab. Au-delà des performances des appareils, les coopérations avec l’industrie portugaise devraient également peser dans le futur choix.

Une offre Rafale remise au Portugal en juillet

L’existence d’une proposition française est désormais officielle. L’information apparaît dans l’accord de coopération signé en septembre entre Dassault Aviation et AED Cluster Portugal, qui rassemble les acteurs portugais des secteurs de l’aéronautique, de l’espace et de la défense.

Le constructeur français indique que cet accord intervient après « la remise officielle d’une offre Rafale au gouvernement portugais ainsi qu’à l’armée de l’air portugaise en juillet 2026 ». Aucun détail sur le nombre d’appareils proposés, le prix ou les modalités de cette offre n’a cependant été communiqué.

Le protocole signé avec AED Cluster Portugal vise parallèlement à explorer les possibilités de coopération entre Dassault et les entreprises portugaises. Thales et Safran, partenaires du programme Rafale, sont également associés à cette démarche.

Pour l’industrie portugaise, l’enjeu pourrait aller de la participation à certaines activités industrielles et technologiques jusqu’à une intégration plus poussée dans des chaînes de valeur internationales de l’aéronautique et de la défense. L’accord ne signifie toutefois en aucun cas que le Portugal a choisi le Rafale, comme le précise explicitement Portugal Global.

Le Portugal prépare le remplacement de ses F-16

L’armée de l’air portugaise dispose actuellement de 24 F-16AM/BM. Leur remplacement constitue l’un des grands investissements militaires que le pays devra engager dans les prochaines années.

Le chef d’état-major général des forces armées portugaises, le général João Cartaxo Alves, a récemment confirmé à l’agence Lusa que le renouvellement de cette flotte serait prévu dans la prochaine Loi de programmation militaire. Le texte doit encore être présenté au Parlement avant que le processus d’acquisition puisse véritablement avancer.

La question du successeur du F-16 fait néanmoins débat depuis plusieurs années. Lorsqu’il commandait encore l’armée de l’air portugaise, João Cartaxo Alves avait publiquement exprimé sa préférence pour le F-35A. Désormais chef d’état-major général des forces armées, il ne souhaite plus indiquer publiquement s’il conserve cette préférence.

Le ministre portugais de la Défense, Nuno Melo, avait de son côté estimé qu’il fallait également étudier des solutions européennes. Il avait notamment souligné l’importance de l’environnement géopolitique, de la fiabilité des alliances mais aussi des retombées économiques pour le Portugal.

F-35, Rafale, Eurofighter et Gripen se positionnent

Cette dimension industrielle explique en partie pourquoi les différents constructeurs cherchent à nouer des relations avec les entreprises portugaises avant même l’ouverture formelle d’une procédure de sélection.

Lockheed Martin avait ainsi signé dès 2025 un protocole d’accord avec AED Cluster Portugal afin d’identifier les entreprises susceptibles de participer à un éventuel programme F-35. Le consortium Eurofighter et le constructeur suédois Saab ont ensuite engagé des démarches comparables autour du Typhoon et du Gripen.

Dassault Aviation rejoint donc à son tour cette stratégie. L’entreprise française travaillait déjà avec certains acteurs portugais : au printemps 2026, des discussions étaient par exemple engagées avec l’entreprise Hypermetal, basée à Vila Nova de Gaia, autour de possibles activités industrielles liées notamment au Rafale.

Le choix du futur avion de combat portugais ne devrait ainsi pas se limiter à une comparaison des caractéristiques techniques. Interopérabilité avec les alliés, coûts d’acquisition et d’exploitation, coopération industrielle, maintenance, transferts technologiques et contexte géopolitique devraient également entrer dans l’équation.

Une décision qui n’est pas encore prise

L’arrivée officielle du Rafale dans la compétition ne signifie donc pas que Lisbonne s’apprête à acheter l’avion français. À ce stade, le Portugal n’a sélectionné aucun appareil et le cadre politique et budgétaire du remplacement des F-16 doit encore être consolidé.

La remise d’une offre française marque néanmoins une nouvelle étape. Jusqu’ici, Dassault avait publiquement manifesté son intérêt pour le marché portugais. Désormais, une proposition concrète a été transmise aux autorités du pays et le constructeur cherche, comme ses concurrents, à construire des partenariats avec l’industrie nationale.

Le Portugal se retrouve ainsi face à un choix qui dépassera largement le seul remplacement de ses avions vieillissants : la décision déterminera une partie des capacités de son aviation militaire pour plusieurs décennies et les partenariats industriels et stratégiques qui les accompagneront.

Résumer l'article avec l'IA 👉 ChatGPT Perplexity Grok Google AI

Article écrit par
Défiler vers le haut