Le coût de la vie revient au centre du débat public au Portugal. Ce samedi, des manifestations sont organisées à Lisbonne, Porto, Braga, Aveiro et Funchal pour dénoncer la pression croissante exercée sur les budgets des ménages.
Logement, hausse des loyers, mensualités de crédit, prix des produits essentiels et perte de pouvoir d’achat figurent parmi les principaux motifs de la mobilisation. L’appel a été lancé par la plateforme civique « Não Dá Mais », qui rassemble une quarantaine d’organisations de la société civile.
« On ne peut plus vivre comme ça »
Le mot d’ordre choisi par les organisateurs résume le message de la journée : « Não dá mais para viver assim », que l’on pourrait traduire par « on ne peut plus vivre comme ça ».
La plateforme entend donner de la visibilité aux personnes qui peinent à absorber l’accumulation des dépenses quotidiennes. Certaines doivent faire face à des loyers élevés, d’autres à des remboursements de crédit plus lourds, tandis que l’augmentation générale des prix réduit la marge disponible à la fin du mois.
La mobilisation cherche ainsi à réunir des situations différentes autour d’une même question : la difficulté croissante à maintenir son niveau de vie lorsque les dépenses contraintes absorbent une part toujours plus importante des revenus.
Le logement au cœur de la mobilisation
Sans surprise, la crise du logement occupe une place centrale dans les revendications. Ces dernières années, la hausse des loyers et des prix de l’immobilier a fortement compliqué l’accès au logement dans plusieurs villes portugaises.
Pour certains ménages, la difficulté consiste désormais à trouver un logement compatible avec leurs revenus. Pour d’autres, elle tient au maintien dans leur habitation actuelle lorsque le loyer augmente ou que les charges deviennent trop importantes.
Les propriétaires ayant recours au crédit immobilier sont eux aussi concernés. Les mensualités bancaires constituent une autre dépense majeure régulièrement évoquée par les organisateurs.
À ces charges s’ajoutent les dépenses courantes : alimentation, énergie, transports et autres biens essentiels. C’est cette accumulation plutôt qu’un poste isolé que la plateforme souhaite mettre en évidence.
Cinq villes mobilisées dans la même journée
Les rassemblements sont répartis sur plusieurs points du territoire portugais afin de donner à l’initiative une dimension nationale.
À Funchal, la mobilisation doit débuter à 11 heures devant l’Assemblée législative de la Région autonome de Madère. À Aveiro, le rendez-vous est fixé à 15 h 30 sur la Praça Dr. Joaquim de Melo Freitas.
Les principales concentrations auront lieu à 17 heures. À Lisbonne, les manifestants sont attendus au Largo do Intendente. À Porto, le rassemblement est prévu Praça de D. João I, tandis qu’à Braga, les participants se retrouveront près du kiosque de l’Avenida Central.
Le choix de plusieurs villes permet aux organisateurs de ne pas limiter la contestation à Lisbonne et de montrer que les difficultés liées au coût de la vie dépassent largement la capitale.
Une quarantaine d’organisations réunies
La plateforme « Não Dá Mais » rassemble environ 40 organisations de la société civile. Leur objectif est de faire converger différentes préoccupations sociales autour du pouvoir d’achat et des dépenses quotidiennes.
Le mouvement ne se concentre donc pas uniquement sur la question des loyers. Il entend également attirer l’attention sur les difficultés rencontrées par les ménages endettés et sur le poids croissant des produits essentiels dans les budgets.
Cette diversité des revendications traduit une réalité simple : deux ménages disposant de revenus similaires peuvent aujourd’hui être confrontés à des situations très différentes selon leur logement, leur crédit, leurs déplacements ou leur composition familiale.
Le coût de la vie revient dans la rue
La mobilisation de ce samedi intervient alors que les questions liées au pouvoir d’achat restent particulièrement sensibles au Portugal. Le logement demeure l’un des principaux motifs d’inquiétude, mais il s’inscrit désormais dans un débat plus large sur le niveau des dépenses courantes.
La portée politique de la journée dépendra évidemment de la participation enregistrée dans les différentes villes. Mais avec cinq rassemblements organisés simultanément et plusieurs dizaines d’associations impliquées, la contestation dépasse cette fois le cadre d’une mobilisation locale.
Le message adressé aux pouvoirs publics est en tout cas clair : pour les organisateurs, la question n’est plus seulement celle de l’évolution des prix, mais celle de la capacité d’une partie de la population à continuer de payer simultanément son logement, ses crédits et les dépenses indispensables du quotidien.







