Les Açores renforcent la protection de leurs espaces naturels

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Les Açores franchissent une nouvelle étape dans la gestion de leur patrimoine naturel. 6 îles de l’archipel portugais disposent désormais de nouveaux plans destinés à encadrer plus précisément leurs espaces terrestres protégés. Corvo, Flores, Graciosa, Santa Maria, São Jorge et Terceira rejoignent ainsi São Miguel, Pico et Faial, où des dispositifs comparables avaient déjà été approuvés.

L’objectif affiché par le gouvernement régional est de mieux concilier protection de la biodiversité, fréquentation touristique et activités humaines. L’enjeu est considérable dans un archipel où les paysages volcaniques, les habitats naturels et de nombreuses espèces endémiques constituent à la fois un patrimoine écologique et l’un des principaux attraits touristiques.

6 nouvelles îles disposent de plans de gestion

Les nouveaux plans ont été approuvés par le Conseil du gouvernement régional le 13 mai et ont depuis été publiés. Ils concernent les parties terrestres des parcs naturels de Corvo, Flores, Graciosa, Santa Maria, São Jorge et Terceira. Avec les plans déjà appliqués à São Miguel, Pico et Faial, les neuf îles de l’archipel sont désormais couvertes par cette démarche de gestion.

Ces documents ne se limitent pas à désigner des espaces à préserver. Ils déterminent notamment les usages autorisés dans certaines zones, établissent des cartes de zonage et prévoient des programmes permettant de suivre l’état des écosystèmes. Des objectifs de conservation et différentes mesures de gestion accompagnent également ce dispositif.

La logique retenue consiste ainsi à adapter la protection aux caractéristiques de chaque territoire. Une petite île comme Corvo ne connaît évidemment ni la même fréquentation ni les mêmes contraintes que Terceira ou São Miguel ; la gestion des espaces naturels doit donc pouvoir tenir compte des réalités locales.

Près d’un quart du territoire émergé des Açores est protégé

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L’ampleur du patrimoine concerné permet de mesurer l’importance de ces décisions. La Rede Regional de Áreas Protegidas dos Açores compte actuellement 124 aires protégées réparties entre les neuf parcs naturels insulaires.

Ces espaces représentent environ 56 066 hectares de terres, soit près d’un quart du territoire émergé de l’archipel. Ils abritent des habitats, des espèces endémiques et des formations géologiques particulièrement importantes dans cet ensemble d’îles d’origine volcanique. Plusieurs secteurs appartiennent également au réseau européen Natura 2000.

La protection ne concerne donc pas seulement quelques paysages emblématiques. Elle s’inscrit dans une politique beaucoup plus large de conservation du patrimoine biologique et géologique des Açores, avec un suivi destiné à identifier les menaces et à mesurer l’évolution des milieux naturels.

Mieux concilier tourisme et préservation des paysages

La fréquentation touristique fait partie des paramètres intégrés aux nouveaux plans. Les autorités souhaitent notamment mieux organiser les activités de loisirs dans les espaces les plus sensibles, sans pour autant fermer ces territoires aux visiteurs.

Cette démarche doit être coordonnée avec les cartes consacrées aux sports de nature, actuellement en cours de finalisation. Elle doit permettre de mieux identifier les espaces pouvant accueillir certaines pratiques et ceux où une fréquentation excessive pourrait exercer une pression trop importante sur les écosystèmes.

Le gouvernement régional prévoit également de travailler sur la capacité d’accueil des aires protégées connaissant une forte fréquentation touristique. Les plans intègrent parallèlement la surveillance du patrimoine naturel, la lutte contre les espèces invasives et la poursuite de projets de conservation soutenus notamment dans le cadre du programme européen LIFE.

Le changement climatique intégré à la gestion des espaces protégés

Les nouveaux dispositifs accordent enfin une place plus importante aux effets du changement climatique et aux risques naturels. L’objectif est d’améliorer la résilience des écosystèmes et leur capacité d’adaptation tout en maintenant une utilisation durable des ressources naturelles.

Pour les autorités régionales, classer un territoire comme espace protégé ne suffit donc plus. Sa conservation nécessite une surveillance régulière, des mesures adaptées et une connaissance précise de l’évolution des milieux. Aux Açores, cette nouvelle génération de plans doit désormais servir de cadre commun pour tenter de préserver les paysages et la biodiversité tout en maintenant les activités humaines et touristiques qui font vivre l’archipel.


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