Des voleurs dérobent des tonnes d’oranges dans les vergers de l’Algarve

voleur oranges

Alors que l’orange de l’Algarve constitue l’un des produits agricoles les plus emblématiques du sud du Portugal, les producteurs tirent aujourd’hui la sonnette d’alarme face à une hausse des vols dans les vergers. Plusieurs exploitants affirment constater depuis plusieurs mois une multiplication des intrusions dans leurs propriétés, avec parfois des pertes se comptant en tonnes de fruits.

Le phénomène inquiète d’autant plus qu’il intervient au moment où les oranges atteignent leur pleine maturité. Les fruits sont alors particulièrement recherchés, aussi bien pour la consommation que pour la revente sur les marchés informels.

Des pertes qui peuvent atteindre plusieurs tonnes

Dans certaines exploitations de l’ouest de l’Algarve, des producteurs rapportent avoir découvert des rangées d’arbres déjà récoltées à leur arrivée dans les champs. Des sacs remplis d’oranges sont parfois abandonnés sur place lorsque les auteurs prennent la fuite, mais une partie importante de la récolte disparaît avant même l’arrivée des autorités.

Selon plusieurs professionnels du secteur, certains vergers auraient perdu jusqu’à 20 tonnes d’oranges en un seul week-end. Au-delà de la valeur marchande immédiate, ces vols réduisent directement les revenus des exploitations et compliquent les estimations de production utilisées dans certains dispositifs d’aide agricole.

Les producteurs expliquent également que les auteurs connaissent souvent parfaitement le terrain. Ils interviennent rapidement, parfois de nuit, et ciblent les parcelles les plus productives afin de maximiser les quantités emportées.

Des oranges revendues en toute discrétion

Pour les agriculteurs, l’un des principaux problèmes réside dans la difficulté à retracer l’origine des fruits. Une partie des oranges volées réapparaîtrait ensuite sur les marchés locaux ou dans des points de vente informels, à des prix souvent inférieurs à ceux pratiqués par les circuits officiels.

Les organisations professionnelles réclament donc la mise en place de mécanismes permettant de mieux contrôler la provenance des produits agricoles commercialisés. L’objectif est de protéger les producteurs, mais aussi de garantir une meilleure traçabilité pour les consommateurs.

Car les risques ne sont pas uniquement économiques. Les producteurs rappellent que certains fruits peuvent avoir été récoltés alors qu’ils se trouvaient encore dans une période de traitement phytosanitaire imposant normalement un délai avant consommation. Les consommateurs ne disposent alors d’aucune garantie concernant le respect des normes sanitaires.

Pourquoi l’est de l’Algarve semble mieux protégé

Le phénomène touche particulièrement la région de Silves et plusieurs zones de l’ouest de l’Algarve. À l’inverse, les producteurs du secteur de Tavira signalent beaucoup moins d’incidents.

Cette différence s’expliquerait notamment par l’existence du programme « Tavira Segura », qui associe la municipalité, les propriétaires agricoles et la Garde nationale républicaine (GNR). Grâce à un système d’identification et de géoréférencement des exploitations, les interventions peuvent être plus rapides et plus efficaces en cas de vol ou d’incident.

Plusieurs acteurs du secteur souhaitent désormais voir ce modèle étendu à d’autres communes agricoles de l’Algarve. Selon eux, une meilleure coordination entre producteurs et autorités pourrait permettre de réduire significativement les vols dans les vergers.

Un enjeu pour l’agriculture algarvienne

L’orange est l’un des symboles agricoles les plus connus de l’Algarve et représente une activité économique importante pour de nombreuses exploitations familiales. Dans un contexte marqué par la hausse des coûts de production, les épisodes de sécheresse et les défis climatiques, la multiplication des vols constitue une pression supplémentaire pour les producteurs.

Si le phénomène reste difficile à quantifier précisément à l’échelle régionale, les témoignages se multiplient et traduisent une préoccupation grandissante au sein de la filière. Pour les agriculteurs concernés, l’enjeu dépasse désormais la simple perte de quelques cagettes de fruits : il s’agit de protéger une activité essentielle à l’économie rurale du sud du Portugal.

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