Record de chaleur pour un mois de juin au Portugal : 46,6°C

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Dimanche 29 juin 2025, à 15h30, la station météorologique de Mora, dans le district d’Évora (Alentejo), a enregistré une température de 46,6°C. Ce chiffre constitue le nouveau record national de chaleur pour un mois de juin au Portugal, selon les données préliminaires communiquées par l’Institut portugais de la mer et de l’atmosphère.

Ce seuil dépasse les 44,9°C mesurés en 2017 à Alcácer do Sal (district de Setúbal), précédent record pour cette période de l’année. Bien qu’il reste en deçà du maximum absolu jamais atteint au Portugal (47,3°C le 1er août 2003 à Amareleja (Beja)), ce nouveau pic suscite des interrogations croissantes quant à l’intensité et à la précocité des vagues de chaleur estivales dans le sud de l’Europe.

Une canicule exceptionnelle au cœur du mois de juin

La valeur enregistrée à Mora n’est pas un cas isolé. La veille, samedi 28 juin, la station d’Alvega (Abrantes, Santarém) avait déjà atteint les 45,4°C. À cette période de l’année, de tels niveaux thermiques sont rares. D’après l’IPMA 1, 7 districts portugais, dont Lisbonne, Setúbal, Évora, Beja et Castelo Branco, ont été placés en alerte rouge en raison des températures extrêmes et du risque d’incendie associé.

Si une légère baisse des températures est attendue en début de semaine dans certaines zones littorales, la chaleur devrait persister à l’intérieur des terres, avec des minima nocturnes qui peinent à redescendre sous les 30°C, notamment en Alentejo. Ces épisodes de chaleur prolongée, souvent accompagnés d’une humidité faible et de vents secs, augmentent la température ressentie et constituent un cocktail propice aux départs de feu, ainsi qu’aux hospitalisations liées aux coups de chaleur.

Un phénomène à l’échelle régionale : l’Europe du Sud sous tension

canicule portugal

Le Portugal n’est pas le seul pays touché. L’Espagne a également enregistré, samedi, un nouveau record de chaleur pour un mois de juin : 46°C à El Granado (province de Huelva), à quelques kilomètres de la frontière portugaise. Une température jamais atteinte en juin dans la péninsule ibérique depuis le début des relevés météorologiques.

Italie, France, Balkans : une vague de chaleur pan-européenne

En Italie, 21 villes ont été placées en alerte rouge par le ministère de la Santé, parmi lesquelles Rome, Milan, Naples ou Florence. Les températures y oscillent entre 37 et 40°C, parfois pendant plusieurs jours consécutifs. À Milan, ce type d’épisode prolongé n’a pas de précédent. Les urgences hospitalières y ont constaté une hausse de 10 % des admissions pour insolation, notamment chez les personnes âgées, les sans-abri et les patients atteints de pathologies chroniques.

En France, 84 départements ont été placés en vigilance orange, avec des pointes à 40°C attendues dès lundi dans le sud-est. La Bretagne, pourtant épargnée habituellement, a dû interdire l’accès à une plage en raison de seuils toxiques liés à la décomposition d’algues vertes. Quant à la Grèce et aux Balkans, les prévisions annoncent des températures supérieures à 36°C et des vents secs particulièrement dangereux sur la côte adriatique.

Des températures nocturnes particulièrement préoccupantes

Outre les maximales diurnes, ce sont surtout les températures minimales qui inquiètent les autorités sanitaires. En Alentejo comme en Andalousie, les nuits ne permettent plus un véritable rafraîchissement : le thermomètre reste parfois bloqué à plus de 30°C jusqu’à l’aube. Ce phénomène, appelé « nuit tropicale extrême », empêche le corps humain de se régénérer et multiplie les risques de fatigue, de déshydratation et de décès prématuré, notamment chez les personnes vulnérables.

Face à cette situation, certaines écoles ont suspendu temporairement les cours et des centres d’accueil climatisés ont été ouverts dans les grandes villes. À Barcelone, une agente municipale est décédée après sa journée de travail, vraisemblablement victime d’un coup de chaleur.

Le rôle du changement climatique n’est plus à démontrer

Pour les scientifiques, la répétition et l’intensification des vagues de chaleur extrême constituent un signal clair du réchauffement climatique. Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) 2, il est désormais « quasi certain » que ces phénomènes sont plus fréquents, plus longs et plus intenses qu’ils ne l’étaient en 1950, et cette tendance devrait s’accentuer dans les décennies à venir.

Le cas de la Méditerranée occidentale est particulièrement préoccupant : ce bassin est considéré comme un « hotspot climatique », où les températures augmentent 20 % plus vite que la moyenne mondiale. Le thermomètre marin suit la même trajectoire : autour des Baléares, la mer a dépassé les 26°C en juin, un seuil typique d’août.

Une vigilance accrue face aux risques collatéraux

Outre les impacts directs sur la santé humaine, les vagues de chaleur exercent une pression croissante sur les infrastructures, les écosystèmes et la sécurité énergétique. Le risque d’incendie est désormais permanent dans de nombreuses régions, et les réserves d’eau commencent à fondre à l’approche de l’été. En parallèle, la demande en climatisation explose, faisant grimper la consommation électrique à des niveaux critiques.

À court terme, les autorités recommandent de limiter les déplacements, de boire régulièrement, d’éviter les expositions prolongées au soleil et d’être particulièrement attentif aux jeunes enfants, aux personnes âgées et aux malades chroniques. Les alertes météo, qu’elles soient rouges, orange ou jaunes, ne doivent pas être prises à la légère.

Vers une adaptation difficile mais indispensable

Ce nouvel épisode caniculaire, exceptionnel par sa précocité et sa brutalité, rappelle la nécessité d’accélérer les politiques d’adaptation au changement climatique. L’Europe du Sud n’est plus simplement menacée par un avenir plus chaud : elle y est déjà confrontée. Et les seuils qui semblaient exceptionnels en 2003 deviennent, année après année, des références dépassées. Le record de Mora est bien plus qu’un chiffre : c’est un avertissement.

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