La privatisation de TAP continue d’attirer les plus grands groupes aériens européens. À l’occasion du lancement de la construction de sa future usine de maintenance au Portugal, Lufthansa a envoyé un message sans ambiguïté au gouvernement portugais : le groupe allemand se dit prêt à prendre immédiatement les commandes de la compagnie aérienne nationale si l’occasion lui est donnée.
Cette déclaration intervient alors que Lisbonne poursuit le processus de privatisation de TAP et cherche un partenaire stratégique capable d’accompagner son développement. Déjà très implantée au Portugal, Lufthansa entend démontrer qu’elle dispose des moyens financiers, industriels et opérationnels pour accompagner l’avenir de la compagnie portugaise.
Lufthansa affirme être prête à gérer TAP immédiatement
Présent à Santa Maria da Feira pour poser la première pierre de la future usine de Lufthansa Technik, le président-directeur général du groupe, Carsten Spohr, n’a laissé planer aucun doute sur les ambitions de son entreprise.
« Je suis prêt. Je peux commencer cet après-midi si le Premier ministre le souhaite », a-t-il déclaré devant la presse, affirmant que Lufthansa est prête à assumer la gestion de TAP sans attendre.
Le dirigeant a toutefois précisé que le groupe respecterait pleinement le processus de privatisation conduit par le gouvernement portugais. Selon lui, Lufthansa représente le partenaire le plus solide pour accompagner le développement futur de la compagnie nationale.
Lire aussi : Privatisation de TAP : un choix stratégique sous pression des pilotes
Un investissement de 300 millions d’euros au Portugal

Cette prise de position intervient alors que Lufthansa renforce déjà fortement sa présence dans le pays.
Le groupe a officiellement lancé la construction de sa nouvelle usine de maintenance aéronautique à Santa Maria da Feira, près de Porto. L’investissement atteint environ 300 millions d’euros et permettra la réparation ainsi que la maintenance de composants d’avions destinés à des centaines de compagnies aériennes à travers le monde.
Avant même l’ouverture du site, 300 salariés sont déjà en formation dans des installations provisoires. À terme, l’usine devrait employer près de 700 personnes d’ici 2030, tandis que les premières activités industrielles sont attendues en 2028.
Pour Lufthansa, cet investissement illustre son engagement durable envers le Portugal et son secteur aéronautique.
Le Portugal au cœur de la stratégie du groupe allemand
Au-delà de cette nouvelle usine, Lufthansa multiplie les projets dans le pays.
Le groupe a notamment lancé sa première fondation sociale hors d’Allemagne au Portugal et étudie également la création d’une école de pilotes sur le territoire portugais. Ce projet, soutenu par le gouvernement, pourrait former aussi bien des pilotes allemands que des professionnels d’autres pays partenaires.
Le dirigeant souligne également les nombreux atouts du Portugal, notamment ses conditions climatiques favorables et les espaces disponibles pour développer des infrastructures de formation aéronautique.
Au-delà de ces investissements, le message adressé au gouvernement portugais est clair : Lufthansa entend convaincre qu’elle ne se présente pas comme un simple candidat à la privatisation de TAP, mais comme un partenaire stratégique prêt à investir durablement dans l’écosystème aéronautique portugais. Les déclarations de son dirigeant, tout comme les projets annoncés ces derniers mois, montrent à quel point le groupe allemand considère la compagnie portugaise comme une opportunité majeure pour renforcer sa présence sur les marchés transatlantiques.
TAP, une pièce stratégique pour l’Amérique du Sud
L’intérêt de Lufthansa pour TAP dépasse largement le marché portugais.
Le groupe considère le Portugal comme une porte d’entrée privilégiée vers le Brésil et, plus largement, vers l’Amérique latine. Grâce à la position géographique de Lisbonne et au réseau développé par TAP de l’autre côté de l’Atlantique, Lufthansa voit dans cette acquisition un levier majeur pour renforcer sa présence sur ces marchés.
Aujourd’hui, le groupe assure déjà une cinquantaine de vols quotidiens au départ du Portugal et emploie plus de 500 personnes dans ses différentes filiales présentes dans le pays.
Selon Carsten Spohr, Lufthansa dispose des ressources financières nécessaires pour accompagner le développement de TAP tout en renforçant la marque portugaise et le rôle stratégique du hub de Lisbonne.
La bataille pour TAP entre dans une nouvelle phase
La déclaration du dirigeant allemand confirme que la concurrence s’intensifie autour de la future privatisation de TAP.
Le gouvernement portugais a déjà indiqué que le futur actionnaire pourrait être associé à la gestion de la compagnie avant même la finalisation complète de l’opération. Dans ce contexte, Lufthansa cherche clairement à prendre une longueur d’avance sur Air France en affichant publiquement sa disponibilité et son engagement envers le Portugal.
L’avenir de TAP reste désormais entre les mains de l’exécutif portugais, qui devra choisir le partenaire jugé le plus à même d’assurer le développement de la compagnie tout en préservant son rôle stratégique dans le transport aérien européen et transatlantique.







