Le tourisme étranger représente désormais 9,7 % du PIB portugais

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Porté par une reprise internationale soutenue, le tourisme étranger au Portugal a atteint en 2024 un niveau inédit, générant 28 milliards d’euros de recettes, soit 9,7 % du produit intérieur brut national. Ce poids croissant positionne le pays comme l’un des piliers de l’économie touristique européenne. Derrière ces chiffres en hausse, une tendance structurelle se confirme : la diversification progressive des marchés émetteurs, avec une montée en puissance des États-Unis et un recul relatif de l’Espagne. Un rééquilibrage qui pourrait renforcer la résilience du secteur à moyen terme, tout en posant de nouveaux défis d’infrastructure et de compétitivité.

Selon les données communiquées par le Banco de Portugal, le pays se classe désormais au 4ème rang européen en termes de contribution du tourisme étranger au PIB, derrière la Croatie (17,5 %), Malte et Chypre, mais devant la Grèce ou l’Italie. En valeur absolue, les recettes touristiques placent le Portugal au 5ème rang de l’Union européenne, avec 28 milliards d’euros, loin derrière l’Espagne (98 milliards) mais devant des marchés plus matures comme l’Autriche ou les Pays-Bas.

Une progression continue depuis 2010

Le dynamisme observé en 2024 prolonge une trajectoire entamée il y a plus d’une décennie. Entre 2010 et 2024, les recettes issues du tourisme international ont progressé de 5 points de PIB au Portugal, une évolution sans équivalent dans l’Union européenne sur cette période. Tandis que certains pays, comme le Luxembourg ou la Bulgarie, ont vu leur part reculer, le Portugal s’est affirmé comme un acteur en expansion sur le marché mondial du tourisme.

Entre 2010 et 2024, les recettes issues du tourisme international ont progressé de 5 points de PIB au Portugal

Cette croissance repose en partie sur la montée en gamme de l’offre touristique portugaise, mais aussi sur des facteurs conjoncturels : stabilité politique, conditions climatiques attractives, position géographique et amélioration des infrastructures aéroportuaires et hôtelières. À cela s’ajoute l’impact de Lisbonne et Porto comme destinations urbaines prisées, combinées à un regain d’intérêt pour le littoral sud et les régions rurales.

Pour les autorités portugaises, cette progression constitue également un atout macroéconomique stratégique. Dans un contexte de ralentissement industriel et d’inflation persistante dans la zone euro, les recettes touristiques offrent un levier significatif de soutien à la balance des paiements, à l’emploi local et à l’investissement privé dans les territoires.

Les États-Unis supplantent l’Espagne dans le top 4

L’évolution du profil des visiteurs illustre un changement notable dans la géographie touristique du Portugal. Si le Royaume-Uni reste le principal pays d’origine des visiteurs, il voit sa part légèrement diminuer par rapport à 2010. La France et l’Allemagne conservent leurs positions respectives de deuxième et troisième marchés émetteurs.

Mais c’est du côté de la quatrième place que la hiérarchie a changé en 2024 : les États-Unis ont dépassé l’Espagne pour devenir le quatrième marché étranger en valeur, avec une part de 10,4 % des recettes contre 10,2 % pour les Espagnols. Cette inversion marque une inflexion profonde : en 2010, l’Espagne représentait encore 14,6 % des recettes touristiques étrangères, contre seulement 4 % pour les États-Unis. La part espagnole a donc chuté de plus de quatre points, tandis que celle des Américains a plus que doublé en une décennie.

Une diversification progressive des marchés

Au-delà des grands émetteurs traditionnels, la tendance à la diversification se renforce. Les marchés dits secondaires, représentant ensemble 29 % des recettes en 2010, pèsent désormais 33 % en 2024. Cette montée de marchés non-européens ou émergents traduit une stratégie plus large du Portugal pour réduire sa dépendance à la demande continentale, souvent plus sensible aux cycles économiques européens.

Cette diversification, saluée par les professionnels du secteur, implique cependant des ajustements logistiques : allongement des durées de séjour, concentration saisonnière, pressions sur les dessertes aériennes transatlantiques, et besoins accrus de main-d’œuvre multilingue et qualifiée dans l’accueil. Le renforcement des capacités dans les segments premium (hébergements haut de gamme, services personnalisés, tourisme culturel) devient un enjeu central pour tirer parti de cette clientèle plus lointaine mais plus dépensière.

Un secteur vital, mais exposé

Si le poids du tourisme dans l’économie portugaise est indéniable, sa forte contribution au PIB (près de 10 %) soulève aussi des interrogations. Une telle dépendance accroît la vulnérabilité du pays aux aléas extérieurs : instabilité géopolitique, chocs sanitaires, fluctuations de change ou changements réglementaires européens (notamment sur les plateformes de location courte durée).

Une telle dépendance accroît la vulnérabilité du pays aux aléas extérieurs

Des voix s’élèvent également pour alerter sur les risques de saturation urbaine et de déséquilibres fonciers, notamment dans les grandes villes comme Lisbonne, où la pression touristique affecte le marché du logement. Les autorités locales multiplient les initiatives de régulation, mais leur efficacité reste inégale face à une demande toujours soutenue.

Vers un repositionnement stratégique du Portugal

À l’échelle européenne, le Portugal capitalise sur une conjoncture favorable mais cherche à inscrire son modèle touristique dans la durée. Les données de 2024 confirment l’attractivité du pays, mais aussi sa capacité à réorienter son offre vers des clientèles à fort pouvoir d’achat, plus diversifiées et moins dépendantes des marchés de proximité.

Les perspectives restent positives, à condition que l’écosystème touristique portugais poursuive sa transformation numérique, investisse dans la formation et régule mieux ses flux. L’enjeu sera d’articuler croissance économique, durabilité sociale et compétitivité globale. Le tourisme n’est plus une activité d’appoint : il devient un levier stratégique dans l’économie portugaise, à surveiller comme un indicateur avancé de sa résilience future.

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