Portugal : la pêche à la sardine rouvre sous contrainte

sardines

La sardine fait son retour dans les filets portugais, mais sous étroite surveillance. À partir du 4 mai 2026 à minuit, la pêche reprend officiellement après plusieurs mois d’arrêt, dans un contexte marqué par des inquiétudes persistantes sur l’état de la ressource. Le Portugal devra composer avec un quota réduit à 33 446 tonnes, soit une baisse de 960 tonnes par rapport à l’an dernier.

Derrière cette reprise encadrée, un signal clair : la sardine, emblème des côtes portugaises, reste fragile. Entre impératifs économiques pour la filière et nécessité de préserver les stocks, les autorités imposent un cadre plus strict. Une relance sous contrainte, qui illustre les tensions croissantes autour de l’exploitation des ressources marines.

Un quota en baisse dans le cadre d’un plan ibérique

La campagne 2026 s’inscrit dans le cadre du plan pluriannuel 2021-2026, qui encadre l’exploitation de la sardine (Sardina pilchardus) dans les eaux portugaises et espagnoles. Ce dispositif fixe à 50 294 tonnes le volume total autorisé de captures pour les deux pays, dont 66,5 % pour le Portugal.

Ce mécanisme repose sur une règle d’exploitation fondée sur un taux de mortalité par pêche limité, censé garantir le renouvellement du stock. Il s’accompagne également de campagnes scientifiques régulières destinées à évaluer l’état de la ressource et à ajuster les niveaux de capture.

La baisse du quota portugais, après une saison 2025 marquée par une reprise anticipée dès le mois d’avril, illustre cette approche adaptative. Elle intervient dans un contexte où la sardine reste une espèce sensible, dont la gestion a déjà nécessité, ces dernières années, plusieurs périodes de fermeture.

Des règles strictes pour encadrer la reprise

Au-delà du volume global, la reprise de la pêche s’accompagne d’un encadrement précis des pratiques. Les captures, réalisées à la senne coulissante, sont réparties entre navires membres d’organisations de producteurs et armements indépendants, ces derniers ne représentant qu’une part marginale du total autorisé.

Des plafonds journaliers sont également imposés en fonction de la taille des embarcations. Les plus petites unités, d’une longueur inférieure ou égale à neuf mètres, sont limitées à 2 250 kilos par jour. Les navires intermédiaires peuvent atteindre environ 3 938 kilos, tandis que les plus grands sont plafonnés à 6 750 kilos.

Ces seuils seront relevés à partir du 1er juin, traduisant une montée en charge progressive de l’activité. Parallèlement, plusieurs interdictions visent à encadrer les débarquements : impossibilité de pêcher les jours fériés, obligation de décharger dans le port de capture et interdiction de répartir les prises sur plusieurs criées au cours d’une même journée.

Une surveillance renforcée pour préserver la ressource

Le dispositif prévoit également des mécanismes de fermeture rapide en cas de dégradation des indicateurs biologiques. Si la proportion de sardines de moins de 13 centimètres dépasse 30 %, que ce soit en mer ou à la criée, les autorités peuvent décider d’un arrêt temporaire de la pêche dans la zone concernée, pour une durée minimale de dix jours.

Ce type de mesure, déjà appliqué par le passé, témoigne d’une volonté de réagir en temps réel afin d’éviter une surexploitation des juvéniles. Il s’inscrit dans une stratégie plus large visant à concilier activité économique et durabilité d’une ressource au cœur de l’identité maritime portugaise.

Car au-delà des chiffres, la sardine reste un enjeu à la fois économique, culturel et symbolique. Sa gestion, désormais étroitement encadrée, reflète les tensions d’un secteur confronté à la raréfaction des ressources et à la nécessité d’en organiser l’exploitation sur le long terme.

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