Le Portugal accélère fortement dans les essais cliniques européens

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Longtemps considéré comme un acteur secondaire de la recherche pharmaceutique européenne, le Portugal commence à gagner du terrain dans un domaine particulièrement stratégique : les essais cliniques. Selon les données publiées cette semaine par l’Infarmed, l’autorité portugaise du médicament, le nombre d’essais cliniques autorisés dans le pays a fortement progressé depuis l’entrée en vigueur du nouveau règlement européen.

En quelques années, le Portugal a non seulement augmenté le volume des études autorisées, mais aussi considérablement réduit ses délais d’évaluation. Une évolution encore peu connue du grand public, mais qui traduit une transformation plus profonde de l’écosystème médical et scientifique portugais.

Le Portugal attire davantage les laboratoires européens

D’après l’Infarmed, le nombre moyen d’essais cliniques autorisés au Portugal est passé d’environ 142 par an entre 2016 et 2021 à près de 186 par an depuis l’application du nouveau cadre européen. Cela représente une hausse d’environ 31 %.

Ces essais cliniques constituent une étape essentielle dans le développement de nouveaux traitements. Ils permettent d’évaluer l’efficacité et la sécurité de médicaments expérimentaux avant leur mise sur le marché. Derrière ces chiffres se joue donc aussi la capacité d’un pays à attirer investissements, chercheurs, hôpitaux spécialisés et entreprises pharmaceutiques.

Le Portugal semble désormais mieux positionné dans cette compétition européenne. L’Infarmed estime que cette progression montre que le pays « attire l’attention des entreprises souhaitant développer leurs essais cliniques en Europe ».

Le changement est particulièrement visible dans les essais cliniques multinationaux, souvent considérés comme les plus stratégiques. En 2022, le Portugal ne pilotait que deux études européennes de ce type. En 2025, le pays en coordonnait déjà 22.

Une administration devenue beaucoup plus rapide

L’un des principaux freins historiques du Portugal restait la lenteur administrative. Sur ce point aussi, les autorités portugaises affirment avoir profondément changé de rythme.

Pour les essais cliniques réalisés uniquement au Portugal, le délai moyen d’autorisation est passé de 71 jours en 2023 à 32 jours en 2025. Au premier trimestre 2026, ce délai est même descendu à 22 jours. Cette accélération n’est pas anodine. Dans l’industrie pharmaceutique, quelques semaines peuvent suffire à faire basculer le choix d’un pays plutôt qu’un autre pour accueillir une étude clinique internationale.

Le Portugal participe également au programme européen FAST EU, destiné à réduire les délais d’autorisation des grands essais multinationaux. L’objectif européen est ambitieux : passer d’environ 106 jours à 70 jours pour l’évaluation de ces dossiers.

Sur les 15 essais déposés jusqu’à présent dans le cadre de ce programme, le Portugal a participé à 5 évaluations et a même occupé le rôle d’État de référence dans l’une d’entre elles.

Recherche médicale, compétitivité et image du pays

Derrière cette progression se dessine aussi une autre ambition : renforcer la place du Portugal dans les secteurs scientifiques à forte valeur ajoutée. Ces dernières années, le pays cherche à améliorer son attractivité dans plusieurs domaines technologiques et médicaux, en misant notamment sur la simplification administrative et la coopération européenne.

Les essais cliniques représentent également un enjeu économique important. Ils permettent de financer des équipes hospitalières, d’attirer des investissements privés et de donner à certains patients un accès plus rapide à des traitements innovants encore indisponibles sur le marché.

Le contexte européen joue aussi en faveur du Portugal. Avec le vieillissement de la population, l’augmentation des maladies chroniques et l’accélération de la recherche biomédicale, les besoins en essais cliniques continuent de croître à travers l’Europe.

Reste désormais à savoir si cette progression portugaise pourra se maintenir dans la durée. Car derrière les bons chiffres affichés aujourd’hui, la concurrence reste intense entre les pays européens pour attirer les grands groupes pharmaceutiques et les projets de recherche les plus stratégiques.

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