Une découverte inédite vient d’être confirmée par des chercheurs de l’Université de Porto. Pour la première fois, la Loxosceles laeta, plus connue sous le nom d’araignée recluse chilienne, a été identifiée au Portugal et, plus largement, dans toute la péninsule Ibérique. Deux spécimens ont été retrouvés dans la ville de Porto, ouvrant une nouvelle page dans le suivi des espèces exotiques présentes en Europe.
Malgré son venin potentiellement dangereux, les spécialistes se veulent rassurants. Cette araignée est réputée discrète, vit cachée et mord rarement l’être humain. Les chercheurs insistent donc sur un point : cette découverte constitue avant tout un intérêt scientifique et ne justifie pas d’inquiétude particulière pour la population.
Une première découverte historique dans la péninsule Ibérique
Le premier exemplaire a été découvert de manière totalement fortuite le 10 septembre 2025 sur un mur situé au Campo dos Mártires da Pátria, à Porto. Quelques mois plus tard, le 10 janvier 2026, un second spécimen, déjà mort, a été retrouvé dans un piège adhésif installé pour capturer d’autres insectes. Les deux individus identifiés étaient des mâles.
Originaire de l’ouest de l’Amérique du Sud, cette espèce est présente notamment au Chili, en Argentine, au Pérou ou encore au Brésil. Comme de nombreuses espèces exotiques, elle voyage parfois involontairement avec les marchandises transportées à travers le monde.
Les scientifiques ignorent encore si ces deux découvertes correspondent à une présence très localisée ou si l’espèce est déjà implantée dans d’autres régions du Portugal. Des observations complémentaires seront nécessaires au cours des prochaines années pour répondre à cette question.
Une araignée discrète mais dont la morsure peut être sérieuse
La recluse chilienne possède un comportement très différent de celui des araignées que l’on rencontre habituellement dans les jardins. Elle préfère les endroits sombres, les fissures, les angles des murs ou les espaces peu fréquentés. Nocturne et particulièrement discrète, elle évite généralement tout contact avec l’être humain.
Sa morsure reste donc peu fréquente. En revanche, lorsqu’elle survient, elle peut provoquer des lésions cutanées importantes, parfois accompagnées de nécrose. Dans les cas les plus sévères, le venin peut entraîner un syndrome appelé loxoscelisme, nécessitant une prise en charge médicale.
Les chercheurs rappellent toutefois qu’aucun cas impliquant cette espèce n’a été recensé au Portugal. Le seul cas récent documenté concernait une autre araignée déjà présente dans le pays depuis plusieurs décennies : la recluse méditerranéenne (Loxosceles rufescens). En 2023, une femme de 48 ans avait été hospitalisée après avoir été mordue dans un parc urbain. Après plusieurs jours de traitement, elle avait pu quitter l’hôpital sans séquelles.
Une espèce à surveiller sans céder à l’inquiétude
L’arrivée de cette araignée illustre un phénomène de plus en plus observé en Europe : l’introduction involontaire d’espèces exotiques par le commerce international. Selon les chercheurs, plus de 300 espèces d’insectes et d’autres invertébrés venus d’autres continents sont aujourd’hui établis au Portugal.
Les échanges commerciaux, les modifications des habitats et le réchauffement climatique peuvent favoriser l’installation progressive de certaines espèces dans de nouveaux territoires. La recluse chilienne avait déjà été signalée en Finlande dans les années 1970, puis plus récemment en Allemagne. Le Portugal devient désormais le premier pays de la péninsule Ibérique à confirmer officiellement sa présence.
Pour les spécialistes, il n’existe aujourd’hui aucune raison de parler d’alerte sanitaire. L’objectif est désormais de suivre l’évolution de cette espèce afin de déterminer si sa présence se limite à quelques individus isolés ou si elle pourrait, à terme, s’installer durablement dans certaines régions du pays.
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