Vivre seul est devenu un défi financier grandissant au Portugal. Qu’il s’agisse d’un jeune actif, d’un étudiant, d’un travailleur déplacé, d’un célibataire ou d’une personne divorcée, accéder à un logement adapté à une seule personne demande aujourd’hui des revenus bien supérieurs à ceux d’il y a quelques années. La hausse rapide des prix de l’immobilier et des loyers a particulièrement touché les petites surfaces, pourtant les plus recherchées par ceux qui vivent seuls.
Une récente analyse du portail immobilier idealista met en lumière une réalité qui illustre parfaitement les tensions actuelles du marché : dans de nombreux cas, il faut désormais gagner davantage pour louer un studio que pour en acheter un.
Louer un studio est devenu plus difficile que de l’acheter
À l’échelle nationale, une personne seule souhaitant acheter un T0 doit disposer d’un revenu net annuel d’environ 33 680 euros. Ce niveau de revenu permet théoriquement de supporter une mensualité de crédit d’environ 842 euros pour un studio affiché à un prix médian de 225 000 euros.
En revanche, pour louer un logement équivalent sans dépasser le taux d’effort de 30 % généralement recommandé, il faut disposer d’un revenu net annuel de 34 800 euros. Autrement dit, l’accès à la location exige désormais un niveau de revenus supérieur à celui nécessaire pour acheter.
Cette situation s’explique notamment par la forte pression exercée sur les petites surfaces. Les studios et petits appartements sont recherchés par plusieurs catégories de population à la fois : étudiants, travailleurs mobiles, expatriés, jeunes actifs ou encore personnes séparées. L’offre peine à suivre cette demande, ce qui entretient la hausse des loyers.
Lisbonne et Funchal restent les villes les plus exigeantes
Les écarts sont particulièrement marqués dans les grandes villes et les zones les plus touristiques. Pour acheter un studio seul, les revenus les plus élevés sont nécessaires à Funchal et à Lisbonne. Dans la capitale portugaise, il faut disposer d’environ 49 400 euros nets par an, tandis qu’à Funchal le seuil dépasse 53 000 euros.
La location est encore plus contraignante. À Lisbonne, une personne seule doit gagner environ 42 000 euros nets annuels pour louer un T0 dans des conditions considérées comme soutenables. Funchal suit avec 36 800 euros, devant Porto, Faro et Setúbal.
À l’inverse, certaines villes de l’intérieur du pays restent plus accessibles. Guarda, Vila Real ou encore Bragança affichent des niveaux de revenus nettement inférieurs, même si l’offre disponible y est souvent beaucoup plus limitée.
Le logement des personnes seules devient un enjeu majeur
Au-delà des chiffres, cette étude illustre une évolution plus profonde de la société portugaise. Les ménages composés d’une seule personne sont de plus en plus nombreux, sous l’effet du vieillissement de la population, des séparations et des changements de modes de vie. Pourtant, le marché immobilier peine à s’adapter à cette nouvelle réalité.
Le paradoxe est frappant : alors que les studios constituent les logements les plus adaptés à une personne seule, ils deviennent aussi parmi les plus difficiles d’accès. Dans plusieurs villes, les loyers ont progressé plus vite que les revenus, réduisant progressivement les possibilités pour ceux qui souhaitent vivre de manière indépendante.
Cette tendance confirme une situation déjà observée sur l’ensemble du marché résidentiel portugais : l’accès au logement reste l’une des principales préoccupations économiques des ménages. Pour les personnes vivant seules, la question est devenue encore plus sensible, tant les revenus nécessaires pour se loger continuent de s’éloigner de la réalité salariale d’une grande partie de la population.
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