Faire ses courses continue de coûter de plus en plus cher au Portugal. Le panier de produits alimentaires essentiels suivi chaque semaine par l’association de consommateurs DECO Proteste atteint désormais 255,97 euros, après une troisième semaine consécutive de hausse.
Pris isolément, le dernier mouvement reste relativement modeste. Mais l’évolution sur plusieurs mois et surtout sur plusieurs années est beaucoup plus spectaculaire. Au début de 2026, le même panier coûtait 14,15 euros de moins. Et par rapport à janvier 2022, la différence atteint désormais 68,27 euros.
Le panier alimentaire augmente pour la troisième semaine consécutive
DECO Proteste suit régulièrement les prix d’un panier témoin composé de 63 produits alimentaires. Il comprend de la viande, du poisson, des produits surgelés, des fruits et légumes, des produits laitiers ainsi que différents produits d’épicerie.
Cette semaine, son prix s’établit à 255,97 euros, contre 255,26 euros lors du précédent relevé. La hausse hebdomadaire est donc inférieure à un euro, mais elle prolonge un mouvement engagé depuis maintenant trois semaines.
La comparaison avec le début de l’année permet davantage de mesurer l’évolution du budget nécessaire pour acheter exactement les mêmes références. En janvier, les consommateurs pouvaient acquérir ce panier pour 14,15 euros de moins, soit une différence de 5,85 %.
Sur un an, l’écart atteint 15,59 euros, soit 6,49 %. Mais c’est en remontant jusqu’au début de l’année 2022 que l’évolution devient particulièrement frappante : il fallait alors débourser 68,27 euros de moins pour acheter le même ensemble de produits, selon les relevés de DECO Proteste.
Bœuf, morue, légumes : certains prix ont presque doublé depuis 2022
Tous les aliments n’ont évidemment pas connu la même évolution. Certaines références suivies par l’association enregistrent des augmentations considérables depuis janvier 2022.
| Produit | Hausse depuis janvier 2022 | Prix actuel |
|---|---|---|
| Bœuf à mijoter | +117 % | 12,62 €/kg |
| Morue de gros calibre | +89 % | 20,06 €/kg |
| Chou-cœur | +89 % | 1,87 €/kg |
Le cas du bœuf est particulièrement parlant : son prix a plus que doublé en un peu moins de cinq ans dans le relevé de l’association. La morue, aliment emblématique de la cuisine portugaise, figure elle aussi parmi les produits ayant enregistré les plus fortes progressions.
Les augmentations restent importantes lorsqu’on limite la comparaison à une seule année. Le chinchard affiche une hausse de 30 % et coûte désormais 5,82 euros le kilogramme. La morue de gros calibre progresse de 29 %, à 20,06 euros le kilogramme, tandis que le bar augmente de 27 %, pour atteindre 10,35 euros le kilogramme.
Des variations importantes peuvent également apparaître d’une semaine à l’autre. Entre les 9 et 12 septembre, la tomate chucha a ainsi augmenté de 18 % pour atteindre 2,68 euros le kilogramme. Le pain de mie sans croûte a progressé de 11 %, à 2,61 euros, tandis que le thon en morceaux à l’huile végétale a augmenté de 9 %, à 1,61 euro.
Que contient exactement le panier alimentaire de la DECO ?
Le chiffre de 255,97 euros ne correspond pas au budget hebdomadaire moyen d’une famille portugaise. Il s’agit d’un indicateur construit à partir d’une sélection constante de 63 produits, ce qui permet surtout d’observer leur évolution dans le temps.
On y retrouve des produits couramment consommés au Portugal : dinde, poulet, chinchard, colin, morue, oignons, pommes de terre, carottes, bananes, pommes et oranges, mais également du riz, des spaghettis, du sucre, du jambon, du lait, du fromage ou encore du beurre.
Cette composition relativement large permet de suivre simultanément plusieurs grandes catégories alimentaires et d’éviter qu’une variation exceptionnelle sur un seul produit ne détermine à elle seule l’évolution de l’indicateur.
La hausse enregistrée pendant trois semaines consécutives reste donc à relativiser lorsqu’on l’observe semaine après semaine. En revanche, la comparaison sur plusieurs années montre une progression beaucoup plus profonde des prix alimentaires. Acheter aujourd’hui les mêmes 63 produits nécessite 68,27 euros supplémentaires par rapport au début de 2022, soit une différence de 36,37 % selon DECO Proteste.







