Lisbonne : près de 7.000 licences d’hébergement touristique annulées

alojamento local lisbonne

À Lisbonne, la municipalité a décidé de frapper fort. Près de 6.765 licences d’« Alojamento Local », l’équivalent portugais des meublés touristiques, ont été annulées pour défaut de présentation d’une assurance responsabilité civile obligatoire. Sur environ 19.000 enregistrements recensés dans la capitale, près de 40 % ont ainsi disparu des registres officiels.

Derrière cette opération administrative, une réalité plus nuancée : nombre de ces autorisations étaient devenues des licences « fantômes ». Certaines correspondaient à des biens vendus depuis plusieurs années ; d’autres à des projets jamais lancés. Officiellement enregistrées, elles n’étaient pourtant plus actives.

Une obligation d’assurance devenue outil de régulation

Depuis mars 2025, les exploitants d’hébergements touristiques doivent fournir la preuve d’une assurance couvrant les éventuels dommages causés aux voyageurs ou aux voisins. À défaut, la licence peut être automatiquement révoquée par la commune. Lisbonne est la première grande ville du pays à avoir mené à terme cette vérification systématique.

Pour les autorités municipales, il ne s’agit pas d’une offensive contre le secteur, mais d’une opération de clarification. La suppression des enregistrements inactifs permet de disposer d’une photographie plus fidèle du marché réel, dans une ville où la pression touristique et la question du logement restent politiquement sensibles.

Du côté des professionnels, l’Association de l’Alojamento Local (ALEP) défend une lecture pragmatique de la mesure. Selon son président, cette « mise à jour » des registres contribue à corriger des statistiques gonflées artificiellement par des unités qui n’étaient plus exploitées. À l’échelle nationale, l’organisation estime qu’environ 36.000 licences pourraient être supprimées d’ici l’été, laissant autour de 90.000 logements effectivement en activité.

Un secteur sous surveillance mais stabilisé

La décision intervient dans un contexte où l’hébergement touristique est régulièrement accusé d’alimenter la hausse des loyers et la raréfaction du logement résidentiel. En réduisant le nombre d’autorisations théoriques, la municipalité entend démontrer qu’un encadrement plus strict peut s’opérer sans provoquer d’effondrement économique.

Les représentants du secteur soulignent d’ailleurs que ces annulations ne correspondent pas à des fermetures d’établissements en activité. Aucun emploi n’aurait été supprimé du fait de cette opération administrative, affirment-ils, puisqu’il s’agissait majoritairement de structures inactives.

Reste que ce « nettoyage » marque un tournant. Lisbonne, longtemps présentée comme l’un des laboratoires européens de la régulation des locations touristiques, confirme sa volonté de renforcer le contrôle du secteur tout en évitant un choc brutal. Une stratégie d’équilibre, dans un pays où le tourisme demeure un pilier économique, mais où la question du logement continue de structurer le débat public.

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