À leur arrivée à l’aéroport Humberto Delgado de Lisbonne, de nombreux voyageurs sont confrontés à une situation bien connue : des sollicitations directes dès la sortie pour des transports ou services non autorisés. Un phénomène devenu suffisamment visible pour que les autorités portugaises décident de durcir leur réponse. Pour les passagers, cela pourrait se traduire par des contrôles plus stricts et moins de démarchage à l’avenir.
Car derrière ces pratiques, la réalité est persistante. En 2025, 82 procédures d’infraction ont été engagées à partir de 230 signalements, selon l’Autorité nationale de l’aviation civile (ANAC). Malgré les sanctions déjà en place, les activités illégales continuent de se développer, portées par le flux croissant de touristes.
À l’arrivée, des sollicitations directes toujours fréquentes
Dans les zones d’arrivées, certains individus proposent directement leurs services aux voyageurs, en dehors de tout cadre légal. Cela concerne à la fois le transport, avec des pratiques assimilées à des taxis clandestins, et des services comme l’emballage de bagages.
Ces derniers, souvent appelés « candongueiros », opèrent en concurrence directe avec les prestataires agréés. Dans un contexte de forte affluence, la frontière entre offre officielle et illégale peut devenir floue pour les passagers, notamment pour ceux qui découvrent Lisbonne pour la première fois.
La frontière entre offre officielle et illégale peut devenir floue pour les passagers
Malgré la présence policière et les dispositifs d’information, ces pratiques restent visibles et récurrentes. Une situation qui affecte à la fois l’expérience des voyageurs et l’organisation des flux à l’aéroport.
Des sanctions trop faibles pour être réellement dissuasives
Actuellement, les amendes varient entre 250 et 1500 euros selon la gravité de l’infraction. En 2025, elles ont représenté un total de 53 000 euros. Un montant jugé insuffisant au regard des gains potentiels générés par ces activités.
Pour les autorités, le constat est clair : les sanctions actuelles ne suffisent pas à faire disparaître ces pratiques. Les contrevenants continuent d’opérer, malgré les contrôles et les procédures engagées.
Ce décalage entre cadre légal et réalité du terrain pousse désormais à repenser l’ensemble du dispositif, avec une approche plus contraignante.
Une mesure clé envisagée : interdire l’accès à l’aéroport
Parmi les évolutions étudiées, une mesure se distingue par son impact potentiel : l’interdiction d’accès aux infrastructures aéroportuaires pour les contrevenants, pouvant aller jusqu’à deux ans.
Cette sanction viserait à empêcher les récidivistes de revenir sur place, en les excluant physiquement des zones d’activité. Une approche plus radicale, qui rompt avec la seule logique d’amende.
Pour les voyageurs, cela pourrait se traduire à terme par un environnement plus lisible, avec moins de sollicitations informelles et une meilleure distinction entre services autorisés et illégaux.
Un enjeu direct pour l’expérience des voyageurs
Au-delà de la réglementation, la question touche directement à l’image du pays. Dans un hub touristique majeur comme Lisbonne, les premières minutes après l’arrivée jouent un rôle clé dans la perception globale du séjour.
La présence de sollicitations non encadrées peut générer confusion, méfiance, voire inconfort pour certains passagers. À l’inverse, un environnement mieux régulé renforce la confiance et la fluidité des déplacements.
En renforçant son dispositif, le Portugal cherche donc à répondre à un double objectif : améliorer la sécurité et préserver la qualité de l’accueil. Reste à voir si ces nouvelles mesures suffiront à faire reculer durablement un phénomène alimenté par la pression touristique et les opportunités économiques informelles.







