Dans la nuit du 31 décembre 2025, alors que la station de ski de Crans-Montana, dans le canton suisse du Valais, s’apprêtait à célébrer le passage à la nouvelle année, un incendie d’une rare violence a ravagé le bar Le Constellation. Le bilan est tragique : au moins 40 morts et 119 blessés selon les autorités suisses. Parmi les victimes, 2 citoyennes portugaises figurent tristement dans les premiers bilans officiels.
Le Ministère portugais des Affaires étrangères (MNE) a confirmé qu’une femme portugaise avait été blessée dans le sinistre, tandis qu’une autre demeure portée disparue. Selon les informations communiquées à l’agence Lusa, l’état de santé de la blessée n’était pas encore connu en début d’après-midi ce mardi 2 janvier. La seconde ressortissante portugaise n’avait, quant à elle, toujours pas été localisée au moment de la dernière mise à jour des autorités suisses.
Des origines portugaises bien identifiées
La presse portugaise indique que la victime blessée est originaire de Vale de Telhas, dans la région de Mirandela, au nord-est du Portugal. La disparue serait, selon plusieurs sources, une habitante de São João de Ver, dans la municipalité de Santa Maria da Feira.
Le chef de la police du canton du Valais a déclaré en conférence de presse que 113 blessés sur 119 ont déjà été identifiés. Parmi eux figurent principalement des ressortissants suisses (71), mais également 14 Français, 11 Italiens, 4 Serbes, un Belge, un citoyen bosniaque et une Portugaise. Une opération de grande ampleur est en cours pour établir l’identité des victimes décédées, dont certaines ont été gravement brûlées ou retrouvées dans des conditions rendant l’identification particulièrement complexe.
Un Nouvel An endeuillé dans les Alpes suisses
L’incendie s’est déclaré peu après minuit, au plus fort des festivités. Des témoins ont fait état d’une explosion soudaine suivie d’un embrasement rapide de l’établissement, dans lequel se pressaient plusieurs dizaines de personnes. Le bar Le Constellation, très fréquenté par les touristes étrangers et les saisonniers, est situé en plein cœur de la station, à proximité de nombreux chalets et hôtels.
Les autorités suisses ont mis en place une cellule de crise et une ligne téléphonique d’urgence pour les familles. La police cantonale du Valais a également confirmé qu’une enquête pour homicide par négligence avait été ouverte, afin de déterminer l’origine du sinistre et d’éventuelles responsabilités en lien avec la sécurité de l’établissement.
Une coopération internationale en cours
Face à l’ampleur du drame, les hôpitaux de la région ont été mobilisés pour accueillir les blessés, certains dans un état critique. Des transferts vers des établissements voisins en France ou en Italie sont également envisagés. Le Secrétaire d’État aux Communautés portugaises, Emídio Sousa, a précisé que le gouvernement suivait la situation de près, en lien avec les autorités suisses et les services consulaires locaux.
« Une tragédie de cette ampleur dépasse les frontières. Il est de notre devoir d’assurer un accompagnement humain, logistique et diplomatique pour toutes les familles concernées », a-t-il déclaré à la presse.
Un drame qui résonne jusqu’au Portugal
À Mirandela et à Santa Maria da Feira, l’inquiétude est palpable. Les proches des deux femmes attendent des nouvelles, entre espoir et résignation. Des messages de solidarité et d’indignation ont été publiés sur les réseaux sociaux, dénonçant des conditions de sécurité parfois laxistes dans certains établissements touristiques très fréquentés lors du Nouvel An.
Alors que les autorités helvétiques poursuivent leur enquête, une certitude demeure : l’année 2026 s’est ouverte sous le signe du deuil pour des dizaines de familles à travers l’Europe. Et pour la communauté portugaise, fortement implantée en Suisse depuis plusieurs décennies, ce drame réveille des échos douloureux d’exil, de travail, et de fragilité dans la diaspora.
Une tragédie révélatrice d’un lieu et d’un moment
Crans-Montana, symbole d’une Suisse prospère et touristique, devient malgré elle l’épicentre d’un événement funeste dont les conséquences humaines, judiciaires et diplomatiques seront suivies de près. Le lien entre les communautés européennes en est, à la fois, fragilisé et renforcé. Dans l’attente de l’identification complète des victimes, un silence prudent s’impose. Mais déjà, les questions s’accumulent.







