Le lieu où l’on travaille au Portugal continue d’avoir un impact majeur sur les revenus. Selon une nouvelle étude publiée par Randstad Research à l’occasion de la Fête du Travail, les écarts de salaires entre les régions portugaises restent considérables. Et Lisbonne creuse encore l’écart.
Dans la capitale, le salaire net moyen dépasse désormais 1400 euros par mois pour atteindre 1469 euros. À l’inverse, plusieurs régions du sud et de l’intérieur du pays restent largement en dessous de ce niveau. Dans certaines zones comme le Baixo Alentejo, les rémunérations moyennes restent inférieures à 1300 euros mensuels.
En tenant compte des rémunérations déclarées par les entreprises, l’écart peut atteindre plus de 500 euros par mois entre Lisbonne et certaines régions portugaises. Sur une année complète, cela représente presque 3 mois de salaires supplémentaires pour les travailleurs installés dans la capitale.
Lisbonne concentre les emplois les mieux rémunérés
Cette différence s’explique en grande partie par la concentration des emplois qualifiés dans la région lisboète. Lisbonne rassemble une forte proportion de diplômés de l’enseignement supérieur et attire les secteurs à forte valeur ajoutée : technologies, ingénierie, santé, conseil, finance ou industries créatives.
À l’inverse, d’autres régions restent davantage dépendantes de secteurs moins rémunérateurs ou plus saisonniers. Le Nord et le Centre conservent une forte base industrielle, tandis que l’Algarve dépend largement du tourisme. Dans l’Alentejo, l’emploi public continue de jouer un rôle central dans la stabilité économique locale.
Les régions autonomes des Açores et de Madère affichent quant à elles des niveaux de qualification plus faibles en moyenne, ce qui contribue également à maintenir des salaires plus bas.
Des écarts qui dépassent les seuls salaires
L’étude montre aussi que les différences régionales ne concernent pas uniquement les revenus. À Lisbonne, les salariés sont également plus nombreux à dépasser les 40 heures de travail hebdomadaire. Plus d’1 travailleur sur 5 y effectue des semaines particulièrement longues, souvent liées à des fonctions de management ou de responsabilité.
Dans le Nord, la majorité des salariés travaillent entre 36 et 40 heures par semaine, un rythme plus typique des activités industrielles. Dans les Açores, à Madère ou dans certaines zones de l’Alentejo, les horaires sont souvent plus courts et davantage liés au secteur public ou à des activités moins intensives.
Pour Randstad, cette situation illustre un déséquilibre territorial devenu structurel. Le marché du travail portugais reste fortement conditionné par la géographie, aussi bien pour les salaires que pour l’accès aux postes à responsabilité et aux perspectives de carrière.
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Le Portugal reste marqué par de fortes inégalités régionales
L’étude souligne également des écarts importants sur le chômage. Si Setúbal affiche actuellement le taux de chômage le plus élevé du pays, le chômage de longue durée reste particulièrement présent dans le Nord et l’Alentejo.
À l’inverse, le Centre et l’Algarve apparaissent comme les marchés du travail les plus dynamiques du moment. Malgré sa dépendance au tourisme saisonnier, l’Algarve conserve un chômage de longue durée relativement faible.
Au-delà des chiffres, cette étude confirme surtout une réalité de plus en plus visible au Portugal : selon la région où l’on vit et travaille, les perspectives professionnelles peuvent encore varier fortement, parfois davantage que dans d’autres pays européens.







