Le Portugal vient de remporter une victoire majeure dans la course européenne à la souveraineté numérique. Le président de Microsoft, Brad Smith, a confirmé un investissement de 10 milliards de dollars (soit environ 8,6 milliards d’euros) dans un gigantesque centre de données à Sines, sur la côte atlantique. Ce projet, présenté comme l’un des plus importants jamais réalisés par l’entreprise en Europe, positionne le pays comme un futur hub de l’intelligence artificielle (IA) sur le continent.
Un investissement stratégique au cœur de l’Europe numérique
Dans un entretien au quotidien portugais Jornal de Negócios, Brad Smith a détaillé les contours du projet : « Nous investissons 10 milliards de dollars au Portugal, à Sines, avec nos partenaires Start Campus et Nscale ». Cette infrastructure accueillera 12.600 processeurs Nvidia de dernière génération, installés dans le centre de données SIN01 de Start Campus 1, pour répondre aux besoins croissants en puissance de calcul liés à l’intelligence artificielle.
Selon Microsoft, cette installation représente « l’un des plus grands investissements en capacité informatique d’IA en Europe ». Les premiers composants devraient arriver au cours du premier trimestre 2026. Le groupe américain entend y bâtir une véritable « gigafactory de l’IA » destinée à soutenir la formation et le déploiement de modèles d’intelligence artificielle à grande échelle.
Brad Smith souligne que cette implantation s’inscrit dans le cadre du Digital Commitment for Europe 2, un programme de Microsoft visant à doubler la capacité de ses data centers dans 16 pays européens d’ici 2027. L’objectif : offrir une infrastructure énergétique et technologique capable d’accompagner la révolution de l’IA tout en répondant aux exigences européennes de durabilité et de souveraineté des données.
Pourquoi le Portugal ? Énergie verte, connectivité et climat favorable

Le choix de Sines ne doit rien au hasard. Située sur la façade atlantique, la ville bénéficie d’une infrastructure énergétique stable, d’un climat tempéré et de l’accès direct à plusieurs câbles sous-marins reliant l’Europe à l’Amérique du Nord. Des atouts décisifs pour l’implantation d’un centre de données à haute intensité énergétique.
Brad Smith a également salué la politique énergétique du Portugal, qui repose sur une forte part de renouvelables et sur un coût de l’électricité inférieur à la moyenne européenne. Autant d’éléments qui font du pays « un lieu attractif et stratégique pour les infrastructures numériques de nouvelle génération ». Le haut niveau de connectivité en fibre optique et la stabilité politique renforcent encore cet attrait.
Pour le gouvernement portugais, cet investissement confirme la réussite de la stratégie nationale de transition numérique et énergétique : attirer les grands acteurs du cloud et de l’intelligence artificielle sur le territoire, tout en consolidant la position du Portugal comme porte d’entrée technologique de l’Europe atlantique.
Un levier pour l’emploi et la recherche en intelligence artificielle
La construction du data center de Sines devrait générer des milliers d’emplois directs et indirects, entre travaux d’infrastructure, maintenance et ingénierie logicielle. Elle pourrait aussi dynamiser l’écosystème universitaire et technologique local, en favorisant les coopérations entre Microsoft, les institutions de recherche et les startups portugaises spécialisées dans l’IA et le cloud computing.
Pour Brad Smith, « le Portugal a remporté la compétition européenne » en matière d’investissement dans l’IA, face à d’autres États candidats à l’installation de ce type de gigafactory. La collaboration entre Microsoft, Nscale, Start Campus et Nvidia illustre, selon lui, « la confiance de la société dans le potentiel du pays pour diriger la prochaine vague d’innovation en intelligence artificielle ».
Un signal fort pour l’économie européenne du numérique
Au-delà de son impact local, cet investissement envoie un message stratégique à l’échelle européenne. Dans un contexte de rivalité technologique mondiale, la décision de Microsoft renforce la position de l’Union européenne comme acteur crédible du cloud et de l’IA. Elle pourrait attirer de nouveaux partenaires industriels et encourager d’autres groupes technologiques à installer leurs infrastructures sur le continent.
Pour le Portugal, qui multiplie les initiatives pour capter les investissements numériques, de Lisbonne à Sines, c’est un tournant historique. À la croisée de l’énergie verte, de la connectivité transatlantique et de l’intelligence artificielle, le pays s’impose comme l’un des pôles émergents de la nouvelle économie numérique européenne.
- Start Campus : https://www.startcampus.pt/ ↩︎
- Digital Commitment for Europe : https://learn.microsoft.com/en-us/industry/sovereign-cloud/overview/european-digital-commitments ↩︎







