À dix jours du coup d’envoi de l’Eurobasket, le Portugal affiche une ambition claire : sortir de la phase de groupes. Ce cap, encore jamais franchi, est devenu le leitmotiv d’une sélection qui croit plus que jamais en ses moyens. Derrière ce discours assumé, une conviction : les Portugais ne sont pas venus pour faire de la figuration.
Un objectif fixé dès la qualification
Rafael Lisboa, 25 ans, est le visage de cette ambition. Installé depuis l’été dernier en Espagne, à Ourense Baloncesto, le meneur ne cache pas la feuille de route : « Dès que nous nous sommes qualifiés, nous avons dit que nous voulions passer le premier tour. Ce n’est pas un slogan improvisé, c’est notre objectif collectif ».
Le discours du numéro 28 s’inscrit dans une continuité. L’entraîneur Mário Gomes répète inlassablement à son groupe que chaque campagne, qu’il s’agisse de qualifications ou de phases finales, doit avoir une finalité : aller plus loin. Les joueurs l’ont intégré, et aujourd’hui, cette volonté se traduit par un plan clair. « Les gens commencent à croire avec nous », glisse Lisboa, sourire en coin. Comme si la confiance s’était propagée du vestiaire au public.
Une préparation solide, entre tests et victoires
La route vers l’Eurobasket est déjà pavée de matchs révélateurs. 5 rencontres au compteur, dont 3 en Espagne. Un succès retentissant face aux champions d’Europe espagnols (76-74), une courte défaite contre l’Espagne B (63-64), et une leçon donnée par l’Argentine (70-84). Deux autres matchs ont suivi à Braga, avec deux victoires : l’Islande (83-79) puis la Suède (78-61). Autant de résultats qui servent de carburant avant le grand saut.
« Se préparer à gagner est toujours mieux que se préparer à perdre », résume Lisboa. Pour lui, l’ADN de la Seleção est clair : chaque entraînement est un duel, chaque ballon est disputé comme en compétition. Gagner, même en amical, entretient une dynamique positive, presque addictive. Et au moment d’aborder un Euro, ce détail peut faire la différence.
Lisboa en chef d’orchestre

À Braga, face à la Suède, le meneur portugais a montré l’étendue de son registre. 14 points, 7 passes décisives, 3 rebonds, et surtout un +19 au tableau quand il était sur le parquet. Un vrai baromètre. Pour lui, ce match-là avait valeur de symbole : « Il reste encore une semaine de préparation, mais l’important, c’est que tout le monde soit à 100 % physiquement au moment d’entrer dans la compétition ».
Avec 45 sélections à son actif, le joueur incarne déjà une forme de maturité. Moins flamboyant qu’un scoreur pur, mais plus essentiel qu’il n’y paraît. Sa vision du jeu, sa capacité à temporiser ou accélérer, sont devenues la colonne vertébrale d’un collectif qui ne veut pas revivre les désillusions passées.
Neemias Queta, le facteur X attendu

Neemias Queta sera bien présent à l’EuroBasket. À 26 ans, le pivot des Boston Celtics a confirmé sa participation avec le Portugal, levant les doutes qui planaient depuis la qualification historique de la Seleção. Une nouvelle accueillie avec enthousiasme par les supporters, conscients que la présence de leur unique joueur NBA change la donne.
Dans un entretien accordé à l’agence Lusa, Queta a expliqué avoir rapidement discuté avec son club après la qualification en février. « Dès le lendemain, j’ai parlé avec Brad Stevens, et je lui ai dit que je voulais jouer pour le Portugal », a-t-il raconté. Son équipe lui a donné le feu vert, voyant dans cette expérience un tremplin autant pour son développement individuel que pour sa préparation de la prochaine saison NBA.
Sur le parquet, sa présence apporte un atout considérable. Ses qualités physiques, sa capacité à protéger le cercle et à peser dans la raquette donneront au Portugal une densité intérieure rarement vue dans l’histoire du basket lusitanien. Face à des adversaires du calibre de la Serbie ou de la Turquie, cet atout pourrait être décisif pour espérer franchir la phase de groupes.
Une histoire encore à écrire
Le Portugal n’a connu que trois phases finales dans son histoire : 1951, 2007, 2011. Autant dire que cette quatrième participation a le goût de confirmation. La Seleção sait qu’elle n’a rien à perdre et tout à gagner. Sortir des poules serait déjà un exploit, mais surtout un message : le basket portugais existe, et il progresse.
Le groupe a pris conscience de son potentiel. Les victoires récentes, même face à des adversaires expérimentés, ont ouvert une brèche dans les certitudes de ceux qui doutaient. Ce n’est pas encore une révolution, mais les signaux sont là. Et dans dix jours, tout recommencera. Sur le parquet, face aux meilleures nations d’Europe, le Portugal jouera son destin… et peut-être une page d’histoire.







