Les couleurs vives inspirées d’animaux pourraient sauver les oiseaux des éoliennes

eolienne oiseaux

Et si les éoliennes pouvaient devenir moins dangereuses pour les oiseaux grâce … aux couleurs des guêpes ou des serpents venimeux ? C’est l’idée étonnante avancée par une nouvelle étude scientifique qui propose d’utiliser des motifs inspirés de la nature pour réduire les collisions mortelles entre oiseaux et turbines éoliennes.

Le sujet concerne directement le Portugal. Le pays fait partie des leaders européens des énergies renouvelables et l’éolien joue un rôle central dans sa production électrique. Mais cette transition énergétique soulève aussi des questions environnementales, notamment concernant l’impact des grandes turbines sur certaines espèces d’oiseaux.

Le Portugal parmi les champions européens de l’énergie renouvelable

En 2025, l’énergie éolienne est devenue la première source d’électricité renouvelable de l’Union européenne, représentant 37,5 % de la production verte totale selon Eurostat. Le solaire arrive juste derrière avec 27,5 %.

Le Portugal figure aujourd’hui parmi les pays européens les plus avancés dans ce domaine. Plus de 82 % de son électricité provient désormais de sources renouvelables, principalement grâce à l’hydraulique et à l’éolien.

Mais le développement rapide des parcs éoliens s’accompagne aussi d’un problème bien connu : les collisions d’oiseaux avec les pales des turbines, qui peuvent atteindre jusqu’à 250 mètres de hauteur.

Un enjeu important au Portugal

Au Portugal, l’impact exact des éoliennes sur les oiseaux reste difficile à mesurer précisément. Les autorités environnementales reconnaissent néanmoins que certaines espèces migratrices ou rapaces sont particulièrement vulnérables.

Le problème est probablement sous-estimé, car de nombreux cadavres ne sont jamais retrouvés au pied des turbines. Plusieurs solutions ont déjà été testées dans différents pays : radars, arrêts temporaires des turbines ou peinture d’une seule pale en noir.

La nouvelle étude va plus loin en proposant une approche plus globale fondée sur la perception du danger par les oiseaux eux-mêmes.

Des motifs rouges, jaunes et noirs pour effrayer les oiseaux

Une équipe de chercheurs dirigée par George R. A. Hancock a voulu tester une approche originale inspirée du biomimétisme. Leur idée : utiliser des couleurs rappelant celles des animaux dangereux dans la nature afin de pousser les oiseaux à éviter les turbines.

Le principe repose sur le phénomène biologique appelé « aposématisme ». Dans la nature, de nombreuses espèces utilisent des couleurs très contrastées (rouge, jaune, noir) pour signaler un danger aux prédateurs.

Les oiseaux évitent beaucoup plus souvent les turbines utilisant des couleurs d’avertissement inspirées des espèces venimeuses

Les chercheurs ont ainsi exposé des mésanges charbonnières à plusieurs modèles numériques d’éoliennes : entièrement blanches, avec des bandes rouges, avec une pale noire ou encore avec un motif biomimétique rouge, jaune et noir.

Résultat : les oiseaux évitent beaucoup plus souvent les turbines utilisant des couleurs d’avertissement inspirées des espèces venimeuses.

L’étude conclut que les turbines entièrement blanches, aujourd’hui largement utilisées dans le monde, seraient paradoxalement les moins efficaces pour prévenir les collisions. Les oiseaux montraient par contre davantage d’hésitation face aux motifs contrastés et choisissaient plus souvent des trajectoires éloignées des pales en rotation.

Selon les chercheurs, il ne s’agit pas seulement d’une question de visibilité. Les oiseaux pourraient aussi interpréter instinctivement certaines combinaisons de couleurs comme un signal de danger.

Une piste prometteuse pour concilier énergie verte et biodiversité

Les chercheurs restent prudents. Les expériences ont été réalisées en laboratoire et sur une seule espèce d’oiseau. Des essais grandeur nature seront nécessaires pour vérifier l’efficacité réelle de ces motifs sur différents types d’espèces et dans des conditions naturelles. D’autres obstacles existent également : coût des modifications, réglementation sur la couleur des turbines ou encore impact visuel pour les habitants.

Mais l’idée illustre une tendance de plus en plus présente dans la recherche environnementale : s’inspirer directement des mécanismes de la nature pour résoudre certains problèmes liés à la transition énergétique.

À mesure que les parcs éoliens continuent de se multiplier en Europe, ce type de solution pourrait devenir un élément important pour mieux concilier production d’énergie renouvelable et protection de la biodiversité.

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