L’économie portugaise résistera en 2026 malgré les tempêtes

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Les tempêtes Kristin, Leonardo et Marta ont profondément marqué le tissu économique portugais. Infrastructures endommagées, exploitations agricoles détruites, entreprises privées d’électricité, d’eau ou de télécommunications : les perturbations ont touché simultanément plusieurs régions stratégiques, notamment le Centre, le Vale do Tejo et la péninsule de Setúbal.

Pourtant, malgré l’ampleur des dégâts, les économistes de BPI et d’Oxford Economics ont choisi de ne pas réviser leurs prévisions de croissance pour 2026. Les pertes enregistrées au premier trimestre devraient être partiellement compensées par les efforts de reconstruction et par le dynamisme sous-jacent de l’économie portugaise.

Un choc évalué à 0,2 point de PIB

Dans une note publiée le 10 février, BPI estime que l’impact direct des tempêtes pourrait retrancher jusqu’à 0,2 point de pourcentage à la croissance annuelle du PIB. Une estimation fondée sur l’hypothèse qu’environ 10 % du PIB des régions les plus touchées aurait subi une perturbation significative.

Les territoires concernés ne sont pas marginaux. Les régions Centre, Vale do Tejo et péninsule de Setúbal représentent ensemble près d’un quart du PIB national et plus d’un quart de l’emploi. À elle seule, la région de Leiria, particulièrement affectée par la dépression Kristin, pèse 3 % du PIB et près de 5 % des entreprises exportatrices du pays.

Les dégâts agricoles illustrent l’ampleur des pertes. Le ministère de l’Agriculture évoque un impact négatif pouvant atteindre 500 millions d’euros pour le secteur, et a déjà sollicité l’activation de la réserve de crise européenne. Les pertes matérielles dans l’industrie et les services demeurent, elles, encore en cours d’évaluation.

Toutefois, les analystes soulignent que la destruction d’actifs fixes pourrait générer un effet de rattrapage. Les travaux de reconstruction, financés en partie par le plan gouvernemental de 2,5 milliards d’euros destiné aux ménages et aux entreprises, pourraient ajouter environ 0,1 point de croissance au cours des trimestres suivants. BPI maintient ainsi sa prévision d’une progression du PIB autour de 2 % en 2026, portée par des bilans privés et publics solides, un marché du travail robuste et l’accélération de l’exécution du Plan de relance et de résilience (PRR).

Un premier trimestre sous tension

Oxford Economics adopte une analyse proche, tout en se montrant plus prudente sur le court terme. La consultante maintient sa projection annuelle de croissance à 2,3 % pour 2026 et 1,9 % pour 2027. Mais elle admet que le premier trimestre pourrait enregistrer un net ralentissement.

La prévision actuelle d’une croissance trimestrielle de 0,3 %, contre 0,8 % au dernier trimestre 2025 selon l’INE, reste fragile. Les données industrielles et commerciales déjà disponibles signalent un affaiblissement de l’activité, accentuant les risques de révision à la baisse dans les prochaines semaines.

Le ralentissement devrait néanmoins être temporaire. Le moteur domestique demeure solide : la consommation des ménages bénéficie d’un revenu en progression et d’un niveau d’emploi record. L’investissement reste soutenu par l’arrivée des fonds européens du PRR, dans sa dernière année d’exécution.

Un élément plus préoccupant concerne le commerce extérieur. La modération attendue dans le tourisme et l’incertitude persistante du contexte international pourraient limiter la contribution des exportations nettes à la croissance. Si la demande interne compense partiellement les pertes liées aux tempêtes, l’environnement externe constitue désormais le principal facteur de vulnérabilité.

En définitive, les tempêtes auront freiné l’activité sans compromettre la trajectoire annuelle. Le scénario central reste celui d’un ralentissement ponctuel suivi d’un rebond technique alimenté par la reconstruction et les soutiens publics. La résilience de l’économie portugaise dépendra toutefois de sa capacité à absorber ces chocs climatiques devenus récurrents.

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