Les aéroports portugais vont entrer dans une nouvelle phase d’investissement massif. ANA, le gestionnaire des principales infrastructures aéroportuaires du pays, prévoit d’engager 687 millions d’euros entre 2026 et 2028, hors TVA et à prix courants. L’effort financier doit augmenter chaque année, avec une nette accélération à partir de 2026. Plus de la moitié de cette enveloppe sera concentrée sur Lisbonne, où la pression opérationnelle reste particulièrement forte.
Le programme prévoit 165 millions d’euros d’investissements en 2026, soit 29 % de plus que les 128 millions engagés en 2025. L’enveloppe progressera ensuite à 215 millions d’euros en 2027, puis à 307 millions en 2028. Cette montée en puissance traduit la volonté d’améliorer les infrastructures existantes avant même l’arrivée des grands projets à plus long terme.
Lisbonne concentre 56 % des investissements
L’aéroport Humberto Delgado, à Lisbonne, absorbera à lui seul 388 millions d’euros, soit 56 % du montant total prévu sur trois ans. La capitale reste donc la priorité absolue du programme d’ANA.
Sur cette somme, 231 millions d’euros seront consacrés au plan d’amélioration opérationnelle de Portela. L’objectif est notamment de rendre le fonctionnement de l’aéroport plus fluide et plus efficace dans un contexte de forte fréquentation pour ne pas parler de crise même. À cela s’ajoutent 64 millions d’euros destinés à des projets liés au renforcement de la capacité.
Cette concentration des investissements sur Lisbonne n’a rien d’anodin. L’aéroport est régulièrement confronté à des problèmes de saturation, et son rôle central dans le trafic aérien portugais en fait un point stratégique pour l’ensemble du réseau. Les investissements annoncés visent donc à améliorer l’existant dans l’attente des transformations plus profondes du système aéroportuaire de la région.
Porto, Açores, Faro et Madère également concernés
Le reste de l’enveloppe sera réparti entre plusieurs autres plateformes importantes. L’aéroport de Porto devrait recevoir 80 millions d’euros d’ici 2028, ce qui en fait le deuxième bénéficiaire du programme.
Les aéroports des Açores disposeront de 78 millions d’euros, tandis que Faro recevra 63 millions. Madère bénéficiera pour sa part de 57 millions d’euros. Ces investissements doivent permettre d’accompagner la progression du trafic, d’améliorer les équipements et de renforcer la capacité opérationnelle dans plusieurs régions très dépendantes des liaisons aériennes.
Le terminal civil de Beja reste nettement en retrait, avec seulement 3 millions d’euros prévus sur la période. Cette différence reflète le poids très inégal des différentes infrastructures dans le réseau aéroportuaire portugais.
Une accélération nette à partir de cette année
Le rythme d’investissement prévu constitue l’un des éléments les plus marquants du plan. Entre 2025 et 2028, les dépenses annuelles d’ANA doivent plus que doubler, passant de 128 millions à 307 millions d’euros. Cette évolution montre que l’entreprise anticipe une période de forte pression sur les infrastructures existantes.
Le Portugal continue en effet de dépendre fortement de ses aéroports pour le tourisme, les liaisons internationales et la mobilité entre le continent et les archipels. Dans ce contexte, les besoins ne concernent pas seulement la capacité brute, mais aussi la fluidité des terminaux, les équipements techniques et l’adaptation des installations à l’évolution du trafic.
Un plan qui ne comprend pas toutes les dépenses
Les 687 millions d’euros annoncés ne couvrent toutefois pas l’ensemble des investissements prévus par ANA. Les montants communiqués excluent notamment certaines dépenses liées à l’assistance aux passagers à mobilité réduite, à la sécurité et aux activités non aéronautiques.
Le programme apparaît dans la documentation transmise dans le cadre de la consultation publique sur la mise à jour des taxes régulées, qui doit entrer en vigueur au 1er janvier. Il donne néanmoins une indication claire de la stratégie suivie par le concessionnaire : renforcer rapidement les principales infrastructures existantes, avec Lisbonne comme priorité très largement dominante.
Avec près de 700 millions d’euros programmés en trois ans, les aéroports portugais se préparent donc à une phase de modernisation soutenue. Le déséquilibre de la répartition est cependant frappant : plus d’un euro sur deux sera investi à Lisbonne, confirmant à quel point la capitale reste le principal point de tension du réseau aérien national.







