Longtemps associé à l’huile d’olive, au vin, aux agrumes ou encore au liège, le Portugal s’est discrètement imposé comme l’un des acteurs majeurs européens d’un autre secteur agricole en pleine expansion : celui des fruits rouges. Framboises, myrtilles, mûres et fraises connaissent une croissance spectaculaire dans le pays, au point de transformer certaines régions rurales et de devenir un moteur économique de premier plan.
Selon une récente étude réalisée par le cabinet EY, la production portugaise de petits fruits a connu une progression exceptionnelle au cours de la dernière décennie. Une évolution qui illustre la modernisation d’une partie de l’agriculture nationale et la capacité du Portugal à répondre à une demande internationale en forte hausse.
Une production qui a changé d’échelle
En 10 ans, la filière a connu une véritable métamorphose. Les volumes produits ont fortement progressé, portés notamment par le succès des framboises, qui demeurent aujourd’hui la principale culture du secteur.
Les myrtilles ont également enregistré une croissance remarquable, tandis que les mûres affichent l’une des progressions les plus spectaculaires observées dans l’agriculture portugaise. Quant aux fraises, elles continuent de gagner du terrain grâce à une demande soutenue sur les marchés européens.
Cette dynamique s’explique par plusieurs facteurs : des conditions climatiques favorables, des investissements importants dans les exploitations agricoles, l’amélioration des techniques de production et la proximité des grands marchés de consommation européens.
Un secteur qui pèse désormais plus d’un milliard d’euros
Au-delà des récoltes, c’est l’impact économique global qui impressionne. La filière des fruits rouges génère aujourd’hui plusieurs centaines de millions d’euros de valeur directe chaque année et contribue désormais à plus d’un milliard d’euros d’activité économique lorsque l’ensemble des retombées est pris en compte.
Les exportations jouent un rôle essentiel dans ce succès. Une part importante de la production est destinée aux marchés étrangers, où les fruits portugais bénéficient d’une image de qualité et de fraîcheur. Les producteurs ont ainsi su se positionner sur des segments à forte valeur ajoutée plutôt que sur une logique de volumes à bas coût.
Le développement de cette activité profite également aux finances publiques et à l’économie locale, notamment dans plusieurs zones rurales où l’agriculture demeure un pilier essentiel de l’emploi.
Des milliers d’emplois et une nouvelle vitrine pour l’agriculture portugaise
La croissance du secteur s’accompagne d’un besoin croissant de main-d’œuvre. Des dizaines de milliers d’emplois sont aujourd’hui liés directement ou indirectement à la production, à la récolte, au conditionnement et à la commercialisation des fruits rouges.
Pour de nombreuses exploitations, cette spécialisation a permis d’améliorer la rentabilité des terres agricoles et de créer de nouvelles opportunités dans des régions parfois confrontées au déclin démographique ou au vieillissement de la population.
Cette réussite illustre également l’évolution de l’agriculture portugaise. Si les productions traditionnelles conservent toute leur importance, les fruits rouges incarnent une nouvelle génération de cultures tournées vers l’innovation, l’exportation et la création de valeur.
En quelques années seulement, le Portugal est ainsi passé du statut de producteur émergent à celui d’acteur incontournable sur le marché européen des fruits rouges. Une transformation discrète mais spectaculaire qui confirme la capacité du pays à faire évoluer son agriculture tout en renforçant son poids économique.







