Le Portugal devient un laboratoire pour les nouvelles technologies navales de l’OTAN

repmus 2026

Au large de Tróia, au sud de Lisbonne, le Portugal est devenu l’un des principaux terrains d’expérimentation des nouvelles technologies navales de l’OTAN. Du 31 août au 25 septembre 2026, drones aériens, véhicules autonomes de surface, systèmes sous-marins, capteurs ou intelligence artificielle y ont été testés lors du REPMUS, un exercice organisé par la Marine portugaise qui prend chaque année davantage d’ampleur.

Présent au Portugal à l’occasion de l’édition 2026, le chef de la Marine royale suédoise, le contre-amiral Johan Norlén, s’est montré particulièrement élogieux. Selon lui, le Portugal offre aujourd’hui à l’OTAN et à ses partenaires une « plateforme de tests absolument exceptionnelle » pour préparer les évolutions du combat naval.

Plus de 300 systèmes autonomes testés au Portugal

Le REPMUS, pour Robotic Experimentation and Prototyping with Maritime Unmanned Systems, n’est plus un simple rendez-vous consacré à quelques prototypes. L’édition 2026 a rassemblé 36 marines, plus de 1500 participants et plus de 300 systèmes sans équipage, ainsi que 14 navires. Entreprises technologiques, organismes de recherche et universités participent également aux expérimentations.

Le principe consiste précisément à sortir les technologies des laboratoires pour les confronter à des situations beaucoup plus proches des conditions opérationnelles. Au large du Portugal, des drones évoluent ainsi dans les airs, à la surface de l’océan ou sous l’eau, en interaction avec des navires militaires et différents systèmes de surveillance.

La Suède a particulièrement investi dans cette édition. Devenue membre de l’OTAN en 2024, elle a envoyé au Portugal une délégation de plus de 300 personnes accompagnée de nombreux équipements. Ses équipes ont notamment travaillé avec d’autres pays nordiques et avec l’Ukraine afin de tester l’intégration de différents capteurs, drones aériens et véhicules maritimes autonomes.

Pour Johan Norlén, l’intérêt du REPMUS réside justement dans cette capacité à dépasser le simple test technologique. L’objectif est désormais de comprendre comment plusieurs systèmes peuvent communiquer, partager leurs informations et agir ensemble en temps réel.

L’expérience ukrainienne au cœur des expérimentations

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La guerre en Ukraine a profondément accéléré le développement de ces technologies. En mer Noire, les forces ukrainiennes ont notamment démontré l’efficacité que pouvaient atteindre des drones navals relativement peu coûteux face à des bâtiments militaires conventionnels beaucoup plus importants.

L’Ukraine participe elle-même au REPMUS, permettant aux autres marines de bénéficier directement de l’expérience acquise dans un conflit réel. Pour la Marine suédoise, il s’agit notamment de comprendre comment associer ces nouvelles tactiques à ses propres équipements et à ceux de ses alliés.

Les expérimentations réalisées au Portugal portent également sur une étape supplémentaire : coordonner un nombre croissant de systèmes autonomes à partir d’une architecture commune. Lors de l’édition 2026, l’OTAN a ainsi testé à grande échelle la capacité à connecter différents véhicules et à adapter leurs missions lorsque la situation évolue.

L’intelligence artificielle prend naturellement une place croissante dans cette organisation. Johan Norlén cite notamment son utilisation pour analyser les très grandes quantités de données produites par les capteurs et identifier plus rapidement des comportements inhabituels parmi les milliers de navires pouvant évoluer simultanément dans certaines zones maritimes.

Des technologies aussi destinées à protéger les câbles sous-marins

Ces développements ne concernent pas uniquement les affrontements entre navires. La surveillance des infrastructures sous-marines critiques est devenue l’une des préoccupations majeures des pays européens.

Câbles de télécommunications, connexions internet et infrastructures énergétiques traversent les fonds marins. Leur protection est particulièrement sensible dans la mer Baltique, où plusieurs incidents ont été enregistrés ces dernières années, mais également dans l’Atlantique. La position géographique du Portugal et l’importance des câbles passant par son espace maritime donnent à cette question une dimension particulière pour le pays.

Des véhicules autonomes peuvent assurer une présence beaucoup plus persistante en mer, surveiller certaines zones ou détecter rapidement une anomalie, tout en permettant aux navires avec équipage d’être affectés à d’autres missions.

C’est précisément cette combinaison entre un vaste espace maritime, des infrastructures militaires, des industriels, des chercheurs et des dizaines de marines étrangères qui explique l’importance prise par le rendez-vous portugais.

Pour Johan Norlén, les systèmes autonomes ne remplaceront pas les navires traditionnels, mais ils vont progressivement les compléter dans les airs, à la surface et sous l’océan. Et une partie de cette nouvelle manière d’opérer en mer est aujourd’hui expérimentée au Portugal.

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