Grève générale du 11 décembre à quoi faut-il s’attendre ?

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Le Portugal s’apprête à vivre une journée de paralysie quasi nationale ce jeudi 11 décembre 2025. Convaincus de la nécessité de faire pression sur le gouvernement face à son projet de réforme du droit du travail, les deux principales centrales syndicales du pays, la CGTP et l’UGT, ont appelé à une grève générale 1. Le mouvement, d’ampleur inédite depuis plusieurs années, pourrait affecter des millions de personnes à travers tout le territoire, avec des perturbations majeures attendues dans les secteurs les plus sensibles : transports, éducation, santé, administration locale et équipements municipaux.

Selon les estimations de Carlos Brito, président de la Direction régionale Nord de l’Ordre des économistes, cette mobilisation pourrait coûter à l’économie portugaise entre 600 et 700 millions d’euros. Mais au-delà de l’impact économique, c’est aussi le quotidien des citoyens qui sera perturbé par des fermetures, des retards et des services à l’arrêt dans de nombreuses villes du pays.

Les transports en première ligne : un pays ralenti dès mercredi soir

Comme souvent lors de grandes mobilisations, le secteur des transports sera parmi les plus exposés. Dès ce mercredi soir, des perturbations sont attendues sur plusieurs réseaux. La CP (Chemins de fer portugais) annonce des “perturbations dans la circulation des trains”, qui pourraient se prolonger jusqu’à vendredi. Le Métro de Lisbonne, quant à lui, ne circulera pas du tout jeudi, en raison de l’absence de services minimums. L’entreprise a critiqué la décision du Conseil économique et social, estimant qu’elle compromet le droit fondamental à la mobilité dans la capitale.

À Porto, la société Metro do Porto prévoit également une opération “fortement conditionnée”, avec des effets visibles dès la nuit de mercredi. La STCP (transports collectifs de Porto) a annoncé que son service serait perturbé pendant toute la journée de jeudi, à partir de minuit, et jusqu’à 2h du matin dans la nuit de jeudi à vendredi. À Lisbonne, les transports en surface, comme les bus de la Carris ou les bacs fluviaux, fonctionneront selon un régime de services minimums, contrairement au métro.

Côté aérien, la TAP prévoit de maintenir environ un tiers de ses vols grâce à un accord sur les services minimums avec les syndicats. Les passagers concernés par des annulations devraient avoir été informés en amont. Même précaution du côté des compagnies SATA et SPdH, impliquées dans les services au sol dans les aéroports.

Écoles, services municipaux et collecte des déchets perturbés

Les établissements scolaires risquent de voir leur fonctionnement fortement affecté. Selon le secrétaire général de la Fenprof (Fédération nationale des enseignants), une large mobilisation est attendue, en continuité avec celle du 24 octobre dernier. L’enjeu central reste la défense du statut des enseignants, mis à mal par le nouveau projet de loi.

Mais ce sont aussi les collectivités locales qui se préparent à une journée noire. La présidente du STAL (Syndicat des travailleurs de l’administration locale), Cristina Torres, a confirmé une forte adhésion dans les secteurs de la collecte des déchets, des transports municipaux et des équipements culturels et sportifs. Bibliothèques, musées, piscines et gymnases municipaux pourraient rester fermés ou tourner au ralenti. Dans les services de proximité, tels que les guichets d’accueil ou l’état civil, des interruptions sont également à prévoir.

Fonction publique, finances et santé : des services minimums sous tension

Si le Syndicat des travailleurs des impôts (STI) n’a pas formellement rejoint le mouvement, il a néanmoins prévu une réunion pour le lendemain et a prévenu que plusieurs bureaux des finances pourraient fermer ou réduire leurs horaires. L’absence d’un mot d’ordre officiel ne garantit donc pas un fonctionnement normal de ces services.

Dans les hôpitaux et centres de soins, les services d’urgence, les soins de chimiothérapie, les palliatifs ou les soins post-opératoires (pansements) feront l’objet de services minimums, comme l’a statué le Tribunal arbitral du Conseil économique et social. Le INEM (services d’urgence médicale) a affirmé de son côté que toutes les situations critiques seront prises en charge.

Une grève à forte portée politique

Derrière cette mobilisation massive, ce sont bien les orientations du gouvernement en matière de droit du travail qui cristallisent la colère. Le projet de réforme, dont les détails restent encore débattus, est perçu par les syndicats comme un recul majeur sur les acquis sociaux. Cristina Torres (STAL) y voit une tentative d’imposer des conditions plus précaires, notamment dans la fonction publique territoriale, sans concertation préalable.

Pour les syndicats, cette grève n’est pas seulement défensive : elle vise aussi à faire pression sur le gouvernement pour une reprise du dialogue social et une réévaluation du projet législatif. En s’attaquant à des secteurs clefs et à la vie quotidienne, la CGTP et l’UGT entendent rendre visible un mécontentement plus profond, au sein d’une société où les inégalités se creusent et où le coût de la vie continue d’augmenter.

Quel impact sur votre journée du 11 décembre ?

Le degré de perturbation dépendra de la participation réelle sur le terrain. Toutefois, selon les syndicats, la mobilisation s’annonce forte dans tout le pays, de Lisbonne à Porto, en passant par les zones rurales. Retards dans les transports, écoles fermées, ordures non ramassées, musées inaccessibles, administrations fermées : le 11 décembre s’annonce comme une journée où le quotidien des Portugais sera profondément bouleversé.

Si vous avez un déplacement prévu, une démarche administrative en cours, ou un enfant à l’école, il est vivement conseillé d’anticiper ou de consulter les canaux d’information de votre municipalité. Cette grève générale, rare dans son ampleur, pourrait bien marquer un tournant dans les rapports sociaux au Portugal en cette fin d’année 2025.

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