Dans un contexte de réforme globale du droit du travail, le gouvernement portugais examine la réintroduction de la journée continue, une mesure qui permettrait aux salariés, notamment les parents, de terminer leur journée plus tôt sans interruption. Objectif : leur accorder plus de temps pour s’occuper de leurs enfants, tout en évitant une surcharge administrative ou économique pour les entreprises.
Un outil de conciliation entre vie professionnelle et vie familiale
La ministre du Travail, de la Solidarité et de la Sécurité sociale, Maria do Rosário Palma Ramalho, a défendu cette orientation devant la commission parlementaire lors des discussions autour du budget de l’État pour 2026. Répondant à une question du parti Livre sur les horaires flexibles, la ministre a souligné que le gouvernement « relancera la journée continue sous une forme qui ne pénalise pas les entreprises ». Cette démarche s’inscrit dans la volonté de moderniser l’organisation du travail tout en renforçant le soutien à la parentalité.
Le dispositif, abandonné depuis plusieurs années dans la plupart des administrations et entreprises, permettrait aux travailleurs d’organiser leur activité sur une période concentrée sans pause déjeuner prolongée, pour finir plus tôt. Cette mesure vise à offrir une véritable alternative aux contraintes du temps partiel ou du télétravail.
Un régime parental en voie d’élargissement
Parallèlement, l’État portugais entend allonger la durée du congé parental de manière incitative. Aujourd’hui de 120 jours, ce congé pourrait être étendu à 6 mois, à condition que les deux parents partagent les 60 jours supplémentaires. Une façon, selon la ministre, de promouvoir l’égalité professionnelle entre femmes et hommes : « Octroyer les droits exclusivement aux mères creuse les inégalités et pénalise leur carrière », a-t-elle déclaré.
Ce congé partagé serait compensé à 100 %, à condition que les deux parents en bénéficient à parts égales. Une mesure incitative qui s’inscrit dans une dynamique européenne de refonte des politiques familiales.
Des ajustements prévus pour les familles confrontées à des maladies graves
Autre piste évoquée par la ministre : la révision du régime des absences justifiées pour les parents d’enfants atteints de maladies oncologiques. Face aux demandes de plusieurs associations, le gouvernement envisage de rendre ces absences officiellement justifiées dans la future réforme « Trabalho XXI » 1.
Ce changement répondrait à une demande ancienne des familles concernées, pour qui les dispositifs actuels ne suffisent pas à concilier soin et emploi. Une façon de reconnaître l’impact de ces maladies sur la vie professionnelle et de renforcer les droits des aidants.
Un équilibre encore fragile entre flexibilité et responsabilité
Si ces annonces vont dans le sens d’une meilleure conciliation des temps de vie, elles posent aussi la question de leur applicabilité dans un tissu économique où la précarité reste prégnante. Nombre de PME portugaises ne disposent pas des ressources pour réorganiser leurs plannings ou assumer des absences longues. Le succès de ces mesures reposera sur la capacité du gouvernement à construire un cadre équilibré entre les impératifs de productivité et les droits des familles.
La réforme « Trabalho XXI » est attendue dans les prochains mois et devrait fixer les contours d’un droit du travail plus adapté aux réalités sociales du Portugal contemporain.







