Ces hors-bords du narcotrafic inquiètent de plus en plus le Portugal

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Longtemps perçu comme une simple zone de transit secondaire sur les routes européennes de la drogue, le Portugal fait désormais face à une menace maritime de plus en plus visible. Les autorités portugaises alertent sur la multiplication des narcolanchas, ces hors-bords ultrarapides utilisés pour transporter cocaïne et haschisch entre l’Atlantique, l’Afrique du Nord et la péninsule Ibérique.

Pour Artur Vaz, directeur de l’Unité nationale de lutte contre le trafic de stupéfiants de la Police judiciaire portugaise, ces embarcations représentent aujourd’hui « la principale menace » à laquelle sont confrontés le Portugal, l’Espagne et une partie de l’Europe occidentale. Le phénomène prend une ampleur particulière dans l’Atlantique, notamment dans les couloirs maritimes situés entre les Açores, Madère, les Canaries et les côtes portugaises.

Les trafiquants utilisent ces vedettes rapides pour récupérer de grandes quantités de cocaïne transférées en pleine mer depuis des navires venus d’Amérique latine. D’autres opérations concernent le transport de haschisch depuis le Maroc et l’Afrique du Nord vers les côtes ibériques.

Une piraterie moderne de plus en plus difficile à stopper

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Les autorités portugaises décrivent désormais cette évolution comme une forme de piraterie moderne. Les hors-bords utilisés par les réseaux criminels atteignent des vitesses extrêmement élevées et disposent d’une forte capacité de manœuvre, compliquant considérablement les poursuites en mer.

Le phénomène est devenu suffisamment important pour pousser le Portugal à renforcer sa législation. Depuis ce week-end, une nouvelle loi prévoit des peines de prison pouvant aller jusqu’à 4 ans pour la possession de certaines embarcations rapides non enregistrées, le transport de quantités excessives de carburant ou encore l’utilisation de dispositifs destinés à échapper aux radars.

Les chiffres montrent l’ampleur croissante du problème. Selon les données de la Police judiciaire citées par le journal Público, plus de 200 hors-bords liés au narcotrafic ont été saisis depuis 2020 au Portugal. Certains ont été interceptés en mer, d’autres retrouvés dans des entrepôts ou transportés discrètement par voie terrestre.

Ces dernières semaines, plusieurs opérations spectaculaires ont illustré cette montée en puissance. Dans l’estuaire du Tage, près de Lisbonne, les autorités maritimes ont récemment intercepté une vedette transportant plusieurs tonnes de carburant, un indice souvent associé aux narcolanchas. Dans le sud de l’Algarve, deux hors-bords soupçonnés d’être impliqués dans le trafic international de drogue ont également été saisis lors d’une opération ayant conduit à plusieurs arrestations.

Des routes maritimes de plus en plus sophistiquées

Au-delà des vedettes rapides, les réseaux criminels utilisent désormais des méthodes toujours plus sophistiquées pour contourner la surveillance maritime européenne. Les autorités internationales observent notamment une augmentation de l’utilisation de semi-submersibles artisanaux, parfois qualifiés de « mini sous-marins », capables de transporter plusieurs tonnes de cocaïne sur de longues distances.

Ces embarcations, déjà largement utilisées entre l’Amérique du Sud et l’Espagne, inquiètent également les services européens présents sur l’Atlantique. Leur faible visibilité radar, leur autonomie et leur capacité à naviguer discrètement rendent les interceptions particulièrement complexes.

Le Portugal se retrouve ainsi au cœur d’une nouvelle géographie du narcotrafic maritime. Avec ses milliers de kilomètres de côtes, sa position stratégique sur l’Atlantique et ses connexions avec les routes maritimes internationales, le pays apparaît de plus en plus comme une porte d’entrée importante pour la cocaïne destinée au marché européen.

Pour les autorités portugaises, le défi dépasse désormais le simple cadre policier. Il implique une coopération accrue avec l’Espagne, le Maroc et plusieurs agences européennes, alors que les réseaux criminels adaptent continuellement leurs méthodes aux nouvelles technologies de surveillance et aux contrôles renforcés en Méditerranée.

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