Face à la hausse continue des prix immobiliers au Portugal, les « casas do banco », littéralement les maisons détenues par les banques, attirent de plus en plus d’acheteurs en quête de bonnes affaires. Il s’agit de logements récupérés par les établissements bancaires après un défaut de paiement d’un crédit immobilier, puis remis en vente afin de récupérer la dette. Souvent proposés à des prix inférieurs au marché, ces biens peuvent afficher des décotes allant jusqu’à 30 %.
Dans un contexte où le prix du mètre carré dépasse désormais les 3000 euros dans certaines zones du pays, ces propriétés constituent une alternative intéressante pour les particuliers comme pour les investisseurs. Mais le processus d’achat reste moins simple qu’il n’y paraît.
Les banques portugaises ne publient pas toujours l’intégralité de leur portefeuille immobilier, et chaque institution dispose de ses propres plateformes et règles de vente. Résultat : savoir où chercher et comment identifier les canaux officiels devient essentiel pour repérer une véritable opportunité et éviter de perdre du temps sur des annonces déjà vendues ou obsolètes.
Les plateformes officielles des principales banques
La première source à consulter reste directement les sites des établissements bancaires. La Caixa Geral de Depósitos 1, par exemple, propose une plateforme immobilière dédiée accessible via son portail officiel. On y trouve des logements récupérés dans tout le pays, avec des filtres permettant de rechercher par localisation, typologie ou prix. L’inventaire est régulièrement actualisé, mais les biens les plus attractifs peuvent disparaître très rapidement.
La banque BPI 2 dispose également de sa propre plateforme immobilière, souvent riche en biens situés dans le nord et le centre du Portugal. Les visiteurs peuvent y demander des visites en ligne ou déposer une proposition d’achat. Dans certains cas, les prix affichés restent négociables, notamment lorsque les propriétés sont en portefeuille depuis plusieurs mois.
La Santander 3 centralise quant à elle ses biens via son portail immobilier. Celui-ci mélange parfois des biens bancaires et des biens vendus par des clients particuliers, ce qui nécessite une certaine vigilance lors de la recherche. Les propriétés directement détenues par la banque sont cependant généralement identifiées comme des opportunités spécifiques.
Les portails immobiliers qui regroupent les biens bancaires
Au-delà des plateformes bancaires, plusieurs portails immobiliers généralistes recensent également des maisons issues de reprises bancaires. Les sites Idealista 4, Supercasa 5, Imovirtual 6 ou Casa Sapo 7 permettent de consulter un grand nombre d’annonces en quelques minutes, avec des filtres très précis.
L’avantage principal de ces plateformes réside dans la possibilité de comparer rapidement plusieurs biens dans différentes régions du Portugal. Cependant, une partie des annonces provient d’agences immobilières partenaires des banques et peut être dupliquée sur plusieurs sites.
Il est donc recommandé de contacter directement l’annonceur pour vérifier si le logement est toujours disponible et confirmer qu’il s’agit bien d’un bien appartenant à une banque. Dans certains cas, l’annonce peut rester en ligne plusieurs semaines après la vente effective du bien.
Les ventes judiciaires et les enchères immobilières
Une autre source importante d’opportunités immobilières provient des ventes judiciaires et des procédures d’insolvabilité. Le portail portugais e-leilões 8 regroupe les ventes organisées dans le cadre d’exécutions fiscales ou de faillites. Les biens peuvent y être proposés à partir de 60 % à 70 % de leur valeur estimée.
Ces ventes présentent cependant des risques plus élevés que les transactions immobilières classiques. Certains logements peuvent être occupés, nécessiter d’importants travaux ou comporter des charges juridiques complexes. Une analyse approfondie du dossier est donc indispensable avant de participer à une enchère.
L’administration fiscale portugaise propose également son propre portail pour la vente de biens saisis pour dettes fiscales. Le processus se déroule entièrement en ligne, mais exige généralement un dépôt de garantie préalable et laisse peu de temps pour examiner le bien en détail.
Les agences spécialisées dans les biens récupérés par les banques
En parallèle des plateformes publiques, certaines agences immobilières se sont spécialisées dans la vente de biens issus de procédures de récupération bancaire. Ces sociétés travaillent directement avec les départements de gestion des créances des banques.
Ce modèle permet parfois d’accéder à des propriétés qui ne sont jamais publiées sur les portails immobiliers traditionnels. Les banques préfèrent parfois vendre certains biens de manière discrète afin d’éviter une trop forte visibilité des décotes pratiquées.
Les réseaux immobiliers internationaux comme RE/MAX ou Century 21 participent également à ces ventes, même si ce n’est pas leur activité principale. Leur avantage réside dans leur couverture territoriale étendue et leur expérience des transactions immobilières.
Comment vérifier si une maison de banque est réellement une bonne affaire
Un prix attractif ne signifie pas toujours une économie réelle. De nombreux biens récupérés par les banques nécessitent d’importants travaux de rénovation. Dans certains cas, le coût des réparations peut annuler totalement l’avantage financier initial.
Avant toute proposition d’achat, il est recommandé de faire réaliser une inspection technique indépendante du bien. Cette expertise peut coûter quelques centaines d’euros, mais elle permet d’identifier d’éventuels problèmes structurels, infiltrations ou installations électriques obsolètes.
La vérification de la documentation est également essentielle. L’acheteur doit s’assurer que le bien dispose d’une licence d’utilisation valide, que le registre foncier est à jour et qu’il n’existe pas de dettes liées au condominium ou à des charges locales.
Attention aux fraudes dans les annonces immobilières
Le marché des biens bancaires attire aussi certaines tentatives de fraude. Les annonces proposant des prix irréalistes, les demandes de dépôt avant signature ou les pressions pour conclure rapidement doivent alerter les acheteurs.
Les banques portugaises ne demandent jamais de transfert d’argent avant la signature d’un contrat officiel. Toute transaction doit passer par des canaux identifiés et par des interlocuteurs clairement liés à l’établissement bancaire.
Vérifier directement auprès de la banque si le bien est réellement en vente constitue l’un des moyens les plus simples d’éviter les escroqueries. Les fraudeurs utilisent parfois de faux courriels ou de faux sites pour imiter les institutions financières.
Un marché qui évolue progressivement
Le volume de maisons détenues par les banques au Portugal a diminué ces dernières années. Les moratoires de crédit accordés pendant la pandémie et la reprise économique ont réduit le nombre de saisies immobilières.
Selon plusieurs estimations sectorielles, le stock de biens bancaires a chuté d’environ 40 % entre 2020 et 2025. Cette évolution réduit le nombre d’opportunités, mais améliore parfois la qualité des biens disponibles.
Les banques ont tendance à céder les portefeuilles les plus complexes à des fonds d’investissement spécialisés dans la gestion de créances douteuses. Pour les particuliers, cela signifie que les biens proposés directement par les banques sont aujourd’hui moins nombreux, mais souvent mieux sélectionnés.
Pour les acheteurs attentifs, les casas do banco restent néanmoins un segment intéressant du marché immobilier portugais, à condition de bien connaître les plateformes, de vérifier les informations et d’agir rapidement lorsque la bonne opportunité apparaît.
- Caixa Geral de Depósitos : https://www.caixaimobiliario.pt/ ↩︎
- Plateforme de la BPI : https://quatru.pt/pt/comprar/apartamento/moradia ↩︎
- Santander : https://imoveis.santander.pt/ ↩︎
- Idealista : https://www.idealista.pt/ ↩︎
- Supercasa : https://supercasa.pt/ ↩︎
- Imovirtual : https://www.imovirtual.com/ ↩︎
- Casa Sapo : https://casa.sapo.pt/ ↩︎
- E-leilões : https://autenticacao.gov.pt/fa/CitizenConsent.aspx ↩︎







