Au Portugal, l’alimentation pèse de plus en plus sur la santé publique

malbouffe portugal

Les habitudes alimentaires des Portugais ont un impact mesurable sur la santé de la population. Selon les dernières données issues du Global Burden of Disease Study, publiées par la Direction générale de la santé (Direção-Geral da Saúde, DGS), les comportements alimentaires inadaptés ont été associés à 7,9 % des décès au Portugal en 2023. Au-delà de la mortalité, ils expliquent également 5,3 % des années de vie en bonne santé perdues, un indicateur qui mesure la charge globale des maladies dans une population.

Ces données ont été rendues publiques à l’occasion de la Journée mondiale de l’obésité, accompagnant la publication par la DGS d’un nouveau manuel destiné aux professionnels de santé pour soutenir les changements de comportements alimentaires et l’activité physique chez les personnes souffrant d’obésité. L’objectif est clair : agir en amont sur les modes de vie afin de limiter la progression de maladies chroniques désormais largement associées aux habitudes alimentaires.

Une alimentation déséquilibrée aux effets bien identifiés

L’étude met en lumière plusieurs comportements alimentaires considérés comme particulièrement nocifs pour la santé publique. En tête figurent la consommation élevée de viande rouge, de produits carnés transformés et de sel, ainsi qu’une consommation insuffisante de produits végétaux essentiels à l’équilibre nutritionnel.

Le rapport souligne en particulier le rôle central des céréales complètes. Leur consommation insuffisante constitue aujourd’hui le facteur de risque alimentaire le plus fortement associé à la mortalité et à la perte d’années de vie en bonne santé. Ce constat rappelle l’importance de la qualité des glucides dans l’alimentation quotidienne, au-delà de la seule quantité consommée.

Les experts mettent également en avant un déficit marqué en légumes et en fruits oléagineux, tels que les noix ou les amandes, qui participent pourtant à la prévention de nombreuses pathologies cardiovasculaires et métaboliques. Dans un pays longtemps associé au régime méditerranéen, ces évolutions témoignent d’un changement progressif des habitudes alimentaires.

Le poids croissant des facteurs métaboliques

Si l’alimentation demeure un facteur déterminant, le rapport souligne que les facteurs métaboliques jouent désormais un rôle encore plus important dans la charge globale de la maladie au Portugal. L’hyperglycémie, l’hypertension artérielle ou encore l’indice de masse corporelle élevé dépassent aujourd’hui l’impact direct des comportements alimentaires eux-mêmes.

Ce phénomène traduit une transformation progressive des profils de santé. Les mauvaises habitudes alimentaires, lorsqu’elles s’installent sur le long terme, favorisent des modifications métaboliques durables qui augmentent le risque de maladies cardiovasculaires, de diabète ou de certains cancers. L’étude insiste sur ce glissement : les conséquences biologiques de l’alimentation deviennent progressivement un déterminant majeur de la mortalité.

Dans ce contexte, la prévention ne se limite plus à la promotion d’une alimentation équilibrée. Elle implique également un suivi plus étroit des indicateurs métaboliques et une prise en charge précoce des facteurs de risque.

L’obésité progresse dans les indicateurs de santé

Parmi les facteurs étudiés, l’excès de poids apparaît comme l’un des phénomènes les plus préoccupants. En 2023, il occupait la deuxième place des facteurs de risque en termes d’années de vie perdues en bonne santé et la troisième position pour la mortalité totale.

La tendance s’inscrit dans la durée. Sur la période allant de 2010 à 2023, l’impact du surpoids sur la santé publique a continué d’augmenter, avec une progression de près de 9 % pour les années de vie perdues et de 8 % pour les décès associés. Sur deux décennies, la hausse est encore plus marquée : la contribution de l’obésité à la perte d’années de vie en bonne santé a augmenté de plus de 20 %.

Les autorités sanitaires notent toutefois un léger ralentissement de cette progression au cours de la dernière décennie, signe que certaines politiques de prévention commencent peut-être à produire leurs effets.

Des tendances alimentaires qui évoluent

L’analyse de l’évolution sur le long terme confirme plusieurs transformations dans les habitudes alimentaires de la population portugaise. L’impact sanitaire lié à la consommation de boissons sucrées et de produits carnés transformés continue d’augmenter, tandis que la consommation de légumes reste inférieure aux recommandations nutritionnelles.

Ces changements reflètent des évolutions plus larges du mode de vie : urbanisation croissante, développement de l’alimentation industrielle et rythme de vie accéléré. Des phénomènes déjà observés dans de nombreux pays européens, mais qui prennent une importance particulière dans un pays longtemps associé à une tradition culinaire réputée équilibrée.

Face à ces constats, la Direction générale de la santé souligne l’importance des politiques publiques engagées ces dernières années pour promouvoir une alimentation plus saine et lutter contre l’obésité.

Un enjeu majeur pour les politiques de santé

Le Global Burden of Disease Study, qui analyse les données de santé de plus de 200 pays, fournit un cadre de référence pour comprendre les transformations sanitaires à l’échelle mondiale. Au Portugal, ses conclusions confirment que l’alimentation et le mode de vie restent des déterminants centraux de la santé de la population.

Pour répondre à cet enjeu, la DGS a récemment publié un manuel destiné aux professionnels de santé, proposant des outils pratiques pour accompagner les patients dans la modification de leurs habitudes alimentaires et de leur activité physique. Ce document s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer la prévention et à améliorer la prise en charge des personnes souffrant d’obésité.

À travers ces initiatives, les autorités sanitaires espèrent ralentir une dynamique qui, si elle se poursuivait au même rythme, pourrait peser durablement sur le système de santé et sur l’espérance de vie en bonne santé de la population.

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