Au Portugal, Amnesty demande le rejet de la loi sur la dissimulation du visage

burqa portugal

À la veille d’un vote en commission parlementaire, Amnesty International Portugal demande aux députés de rejeter les propositions du Chega et du PSD visant à encadrer la dissimulation du visage dans l’espace public. L’organisation estime que, malgré les modifications apportées par les sociaux-démocrates, le texte reste susceptible de porter atteinte aux libertés fondamentales et aux droits des femmes concernées.

Une proposition remaniée mais toujours contestée

Initialement surnommé la « loi des burqas », le projet porté par le Chega avait été adopté en première lecture avec le soutien du PSD, du CDS-PP et de l’Initiative libérale. Avant son examen détaillé en commission, le PSD a toutefois proposé une nouvelle version du texte.

Cette réécriture supprime toute référence explicite à la burqa, au niqab ou à l’islam. Le projet est désormais présenté comme un ensemble de règles destinées à garantir l’identification des personnes dans les espaces publics pour des raisons de sécurité. Les dispositions visent plus largement toute situation où le visage serait dissimulé, qu’il s’agisse d’un voile intégral, d’un masque ou d’un autre accessoire empêchant l’identification.

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Amnesty dénonce un risque de discrimination

Pour Amnesty International Portugal, ce changement de formulation ne modifie pas les effets potentiels de la loi. L’organisation estime que les femmes portant un voile intégral pour des raisons religieuses resteraient les principales concernées par cette interdiction, ce qui soulève, selon elle, des questions relatives à la liberté de religion, à la liberté d’expression et au principe de non-discrimination.

L’ONG considère également qu’une interdiction générale pourrait avoir l’effet inverse de celui affiché en accentuant l’isolement social de certaines femmes et en compliquant leur accès à l’emploi, à l’éducation ou aux services publics.

Un débat qui dépasse le cas portugais

Le PSD a également revu le volet répressif de la proposition, avec des peines de prison plus courtes et des amendes moins élevées que celles prévues dans le texte initial du Chega.

Au-delà du débat portugais, cette discussion s’inscrit dans une question plus large déjà rencontrée par plusieurs pays européens : celle de l’équilibre entre les impératifs de sécurité, la liberté religieuse et la protection des droits fondamentaux. Le vote en commission doit permettre de préciser l’orientation que le Portugal entend désormais adopter sur ce sujet sensible.

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