Chaque printemps, la cité médiévale d’Óbidos se laisse envahir par une odeur chaude et enveloppante, mélange de cacao torréfié et de sucre caramélisé. Mais cette année, le Festival international du chocolat ne se contente pas de flatter les papilles : il revendique une ambition esthétique. Du 6 au 22 mars, derrière les remparts blanchis à la chaux, le thème « Art » transforme la gourmandise en manifeste culturel.
Depuis plusieurs éditions, l’événement a pris de l’ampleur, attirant chefs pâtissiers, chocolatiers, artistes et curieux venus de tout le pays. Cette fois, la programmation affiche plus d’une centaine d’invités, nationaux et internationaux, et promet une immersion où la technique côtoie la création contemporaine. À Óbidos, le chocolat n’est plus seulement matière à dessert : il devient matériau d’expression.
Un festival sous le signe de la création

La direction artistique reste confiée au chef Francisco Siopa, Chef pâtissier exécutif du Penha Longa Resort, figure désormais incontournable de l’événement. Il revendique une montée en gamme assumée, avec davantage de chefs invités et des formats pensés comme de véritables expériences sensorielles. L’idée n’est plus seulement de montrer, mais de faire comprendre le geste, la précision, la recherche.
Parmi les présences les plus attendues figure Graziano Tracchia, chef créatif en pâtisserie du restaurant madrilène DiverXO, emmené par Dabiz Muñoz, plusieurs fois sacré “Meilleur Chef du Monde” par The Best Chef Awards. Sa venue, le temps d’une démonstration, donne au festival une dimension internationale affirmée. Le 21 mars, Francisco Moreira, de la Chocolate Academy de Bruxelles, viendra à son tour partager son savoir-faire, confirmant l’ancrage européen de cette édition.
Au fil des 3 week-ends, plus de 80 présentations sont programmées : ateliers culinaires, démonstrations techniques, concours. Les styles se croisent, de la nouvelle pâtisserie aux approches plus classiques revisitées. Cette diversité revendiquée nourrit le dialogue entre cultures culinaires et visions artistiques.
Un musée éphémère pour célébrer la matière

La grande nouveauté de 2026 du Festival international du chocolat d’Óbidos tient en un espace inédit : le Musée d’art en chocolat. Pensé comme une résidence artistique, il accueille des œuvres conçues spécialement pour le festival, brouillant les frontières entre beaux-arts et gastronomie contemporaine. Sculptures monumentales, installations fragiles, pièces d’orfèvrerie comestible : le cacao y devient support d’expérimentation.
Les traditionnelles sculptures en chocolat et les performances de sculpture en direct complètent ce parcours. Dans les rues pavées d’Óbidos, le public peut observer les artistes travailler la matière, ajuster un volume, lisser une surface, réparer une fissure. Le festival prend alors des allures d’atelier à ciel ouvert, où l’éphémère fait partie intégrante de l’expérience.
Aux sources du cacao

Au-delà du spectaculaire, le festival revendique une dimension pédagogique affirmée. La Côte d’Ivoire, l’un des principaux producteurs mondiaux de cacao, est mise à l’honneur à travers des présentations culturelles et gastronomiques. L’Équateur est également représenté, notamment par la marque Paccari, qui propose une exploration sensorielle de l’écosystème cacao et de ses racines ancestrales.
Cette ouverture sur les pays producteurs rappelle que derrière chaque tablette se cache une filière complexe, faite de terroirs, de savoir-faire agricoles et d’enjeux économiques. En donnant la parole à ces origines, le festival cherche à dépasser la simple célébration gourmande pour inscrire le chocolat dans une histoire globale.
Entre ateliers, danse et littérature
Le programme s’étend bien au-delà des cuisines. Des ateliers invitent enfants et adultes à modeler le chocolat en s’inspirant de figures comme Gaudí ou Miró, mêlant références artistiques et pratique ludique. D’autres propositions croisent chocolat et photographie, installations visuelles, dialogues avec la littérature ou accords mets-vins.
Des spectacles de danse et des performances ponctuent les week-ends, renforçant le caractère pluridisciplinaire de l’événement. Pour la région Centre et plus particulièrement pour la municipalité d’Óbidos, le festival s’inscrit dans une stratégie culturelle plus large, visant à faire du territoire un laboratoire créatif où patrimoine et innovation dialoguent.
Ouvert du vendredi au dimanche, de 10h à 21h, le Festival international du chocolat propose des billets à partir de 8 euros pour les enfants et 10 euros pour les adultes, avec des tarifs réduits pour étudiants, seniors et personnes en situation de handicap. Des formules familiales sont également disponibles. Au cœur des remparts, le chocolat devient ainsi prétexte à une exploration plus vaste : celle d’une gourmandise élevée au rang d’art collectif.
En savoir plus sur le festival : Le festival du chocolat d’Óbidos







