Il y a exactement un an, le 3 septembre 2025, le déraillement de l’ascenseur de Glória faisait 16 morts et 24 blessés en plein cœur de Lisbonne. La catastrophe, qui avait notamment touché de nombreux touristes étrangers, avait profondément marqué la capitale portugaise et conduit à l’arrêt de plusieurs de ses transports historiques.
Ce jeudi 3 septembre 2026, Lisbonne a rendu hommage aux victimes avec l’inauguration d’un mémorial à proximité du lieu de l’accident. Mais un an après le drame, de nombreuses questions restent encore ouvertes : les conclusions définitives de l’enquête ne sont pas connues, plusieurs indemnisations sont toujours en cours et l’ascenseur de Glória ne devrait pas reprendre du service avant plusieurs années.
Les conclusions définitives sur l’accident devront encore attendre
Les premiers éléments de l’enquête avaient mis en évidence des défaillances et omissions concernant la maintenance de l’ascenseur, ainsi que des problèmes de formation du personnel et de supervision des opérations réalisées par le prestataire chargé de cette maintenance. Mais ces constatations préliminaires ne constituent pas encore les conclusions définitives sur les causes et les responsabilités du drame.
Le rapport final du GPIAAF, le Gabinete de Prevenção e Investigação de Acidentes com Aeronaves e de Acidentes Ferroviários, devait initialement être publié un an après l’accident. En raison de la complexité des expertises techniques, sa publication est désormais prévue d’ici à la fin du premier trimestre 2027.
Une enquête distincte est également menée par le ministère public portugais. Celui-ci attend les résultats d’essais et d’expertises techniques qui devraient être achevés en novembre. Il devra ensuite déterminer si les éléments réunis permettent d’établir d’éventuelles responsabilités pénales. Là encore, une décision est envisagée d’ici à la fin du premier trimestre 2027.
2,3 millions d’euros déjà pris en charge par l’assureur

Le volet des indemnisations est lui aussi encore loin d’être terminé. Fidelidade, assureur de la Carris, indique avoir jusqu’à présent pris directement en charge ou accepté de rembourser environ 2,3 millions d’euros de dépenses liées à la catastrophe. Cette somme comprend les accords d’indemnisation déjà conclus, mais également des frais funéraires, des rapatriements, des soins médicaux, des hospitalisations, des opérations, de la rééducation, des transports ou encore des pertes de salaire.
Concernant les 16 personnes décédées, des accords ont été conclus avec quatre familles et sept autres dossiers restent en négociation. Un dossier suit désormais une procédure judiciaire après l’absence d’accord sur la proposition présentée, tandis qu’un autre relève du régime des accidents du travail. Pour trois autres victimes, une proposition définitive n’a pas encore pu être établie, notamment en raison de documents manquants et de la complexité juridique liée aux différents pays concernés.
Pour les 24 blessés, aucune évaluation définitive n’a encore été réalisée. L’assureur explique devoir attendre une stabilisation de leur état de santé permettant de mesurer précisément d’éventuelles séquelles avant de déterminer les indemnisations correspondantes.
Glória ne devrait pas retrouver son ascenseur avant 2029
Une chose est désormais acquise : l’ancien système de l’ascenseur de Glória ne sera pas simplement reconstruit à l’identique. La Carris prévoit un nouvel équipement reposant sur une conception modernisée et intégrant de nouveaux dispositifs de sécurité, tout en conservant une apparence proche de celle des célèbres cabines historiques.
La future cabine ne devrait notamment plus être construite en bois, mais avec des matériaux offrant une meilleure résistance en cas de choc. Un concours public international pour la conception du nouveau système doit être lancé avec un objectif fixé à la fin mars 2027. Selon le calendrier actuellement présenté, le nouvel ascenseur de Glória devrait être inauguré en 2029.
Les conséquences de l’accident dépassent par ailleurs la seule Calçada da Glória. Les ascenseurs de Bica et de Lavra ainsi que l’elevador de Santa Justa, fermés après la catastrophe, font toujours l’objet d’évaluations techniques. La Carris ne donne pour le moment aucune date précise pour leur retour en service et affirme vouloir privilégier les vérifications de sécurité plutôt qu’une réouverture rapide.
Un mémorial pour les 16 victimes au cœur de Lisbonne

Un an jour pour jour après la catastrophe, Lisbonne dispose désormais d’un lieu consacré à la mémoire des victimes. Le mémorial a été inauguré ce 3 septembre au Largo da Oliveirinha, à proximité immédiate de la Calçada da Glória.
Son élément central est un olivier adulte âgé de 150 ans, entouré de 16 blocs de pierre calcaire représentant les 16 personnes décédées dans l’accident et destinés à porter leurs noms. L’aménagement comprend également un banc semicirculaire en pierre, un éclairage intégré et un espace permettant le dépôt de fleurs.
L’inauguration marque ainsi le premier anniversaire d’une catastrophe qui reste encore très présente à Lisbonne. La ville possède désormais son lieu de mémoire, mais il faudra attendre encore plusieurs mois pour connaître les conclusions définitives des enquêtes et plusieurs années avant de voir un nouvel ascenseur circuler sur la Calçada da Glória.







