Le Portugal continue de renforcer son attractivité auprès des investisseurs étrangers, et les entreprises françaises figurent parmi les plus convaincues par le potentiel du pays. Selon une étude présentée lors de la 9ème Conférence économique franco-portugaise, les investissements français au Portugal atteignent désormais 18,8 milliards d’euros et soutiennent près de 130 000 emplois.
Dans un contexte européen marqué par les tensions géopolitiques, le ralentissement économique et les incertitudes internationales, la relation économique entre la France et le Portugal apparaît plus solide que jamais. Loin de se limiter à des échanges commerciaux traditionnels, elle évolue désormais vers un partenariat stratégique fondé sur l’innovation, l’industrie, les services à forte valeur ajoutée et la transition énergétique.
Une relation économique qui ne cesse de se renforcer
La France occupe aujourd’hui une place centrale dans l’économie portugaise. Elle est à la fois le 2ème investisseur étranger du pays, son 3ème client à l’exportation et son 3ème fournisseur. Cette proximité économique s’est construite au fil des décennies, mais elle connaît une accélération notable depuis plusieurs années.
En 2024, les exportations portugaises vers la France ont atteint environ 16,3 milliards d’euros. Les biens industriels représentent plus de la moitié de ces échanges, notamment dans les secteurs des transports, de la mécanique, des équipements industriels et de la métallurgie.
Cette dynamique n’est plus à sens unique. Les entreprises portugaises développent également leur présence sur le marché français, contribuant à une relation économique de plus en plus équilibrée entre les deux pays.
Le Portugal attire désormais bien plus que des usines
Pendant longtemps, les investissements étrangers au Portugal étaient principalement motivés par des coûts d’exploitation compétitifs. Cette logique existe encore, mais elle n’est plus suffisante pour expliquer l’intérêt croissant des groupes français.
De nombreuses multinationales utilisent désormais le Portugal pour accueillir des activités stratégiques liées à l’ingénierie, au développement informatique, à la recherche, à l’analyse de données ou encore à la gestion de services internationaux.
Le cas de Natixis illustre cette évolution. Son centre d’opérations de Porto emploie aujourd’hui plusieurs milliers de professionnels dans des fonctions autrefois concentrées à Paris. De son côté, Euronext a considérablement renforcé sa présence à Lisbonne et à Porto, faisant du Portugal l’un de ses principaux pôles d’activité internationaux.
Dans l’aéronautique, Airbus estime qu’environ un quart de sa production mondiale de sous-ensembles pourrait être réalisé au Portugal dès 2026, témoignant du niveau de confiance accordé aux capacités industrielles et technologiques du pays.
Industrie, commerce et infrastructures : une présence française visible partout
L’industrie automobile demeure l’un des piliers de la coopération économique franco-portugaise. Des groupes comme Stellantis exploitent des sites industriels majeurs au Portugal, notamment à Mangualde, tandis qu’un vaste réseau de sous-traitants et d’équipementiers contribue à l’intégration du pays dans les chaînes de valeur européennes.
La présence française est également visible dans les infrastructures stratégiques. Le groupe Vinci contrôle les concessions des principaux aéroports portugais, tandis qu’Alstom participe activement à la modernisation du transport ferroviaire national.
Dans la distribution, les enseignes françaises font désormais partie du quotidien des consommateurs portugais. Decathlon, Auchan, Intermarché ou Leroy Merlin disposent d’un maillage territorial important et poursuivent leurs investissements.
L’agroalimentaire participe également à cette dynamique. Des entreprises comme Lactalis ont renforcé leur présence industrielle au Portugal, profitant à la fois du marché local et des opportunités offertes par les exportations.
Pourquoi le Portugal séduit autant les investisseurs français
Plusieurs facteurs expliquent cet engouement. Le premier est la stabilité institutionnelle du pays. L’appartenance à l’Union européenne, l’environnement réglementaire relativement prévisible et l’ouverture internationale de l’économie portugaise constituent des éléments rassurants pour les investisseurs.
Le second atout concerne le capital humain. Le Portugal dispose d’une population de plus en plus qualifiée, notamment parmi les jeunes générations. Le niveau de maîtrise de l’anglais est régulièrement cité parmi les meilleurs au monde, un argument particulièrement apprécié par les groupes internationaux.
La position géographique du pays constitue également un avantage stratégique. Situé à la façade atlantique de l’Europe, le Portugal offre un accès privilégié aux marchés européens, africains et lusophones. Le port de Sines s’impose notamment comme l’un des grands atouts logistiques de la péninsule Ibérique.
Enfin, la transition énergétique renforce encore l’attractivité du pays. Les énergies renouvelables représentent désormais une part très importante de la production électrique nationale, un élément devenu décisif pour de nombreuses entreprises engagées dans des objectifs de décarbonation.
Une coopération appelée à s’intensifier
Si les investissements français atteignent aujourd’hui des niveaux record, les perspectives restent favorables. Les entreprises portugaises poursuivent elles aussi leur développement en France dans des secteurs aussi variés que l’énergie, la mobilité électrique, les technologies ou les matériaux industriels.
Les deux pays ont récemment renforcé leur coopération à travers le Traité d’amitié et de coopération signé à Porto. Plusieurs accords financiers et industriels devraient également faciliter l’émergence de nouveaux projets communs dans les années à venir.
Énergie, innovation, industrie avancée, infrastructures et marchés lusophones apparaissent comme les principaux axes de développement de cette relation économique. Pour de nombreuses entreprises françaises, le Portugal n’est plus seulement une destination d’investissement attractive : il devient progressivement un partenaire stratégique de premier plan au sein de l’Europe.







