Portugal : un viaduc de l’A1 s’effondre près de Coimbra

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Une portion de l’autoroute A1, principal axe reliant Lisbonne à Porto, s’est effondrée jeudi soir à proximité de Coimbra, à l’endroit même où une digue avait cédé quelques heures plus tôt. Selon les autorités portugaises, la rupture s’est produite au point de jonction entre la chaussée et un viaduc situé dans la zone de Casais.

Le tronçon concerné, entre les échangeurs de Coimbra Nord et Coimbra Sud, était déjà fermé à la circulation depuis la fin de l’après-midi. La digue avait cédé vers 18h30, entraînant la fermeture préventive de la voie dans les deux sens entre les kilomètres 189 et 198, a précisé le concessionnaire autoroutier.

Une rupture annoncée, une infrastructure fragilisée

La brèche ouverte dans la digue mesurerait environ dix mètres de large. Les autorités évoquent une « crue lente » du fleuve Mondego, conséquence directe de la pression exercée par des précipitations continues depuis plusieurs semaines. L’effondrement partiel du viaduc s’est produit dans la zone où les terres ont été fragilisées par la montée des eaux.

En conférence de presse en début de soirée, la ministre de l’environnement a affirmé que la fermeture de l’autoroute relevait d’une décision « de précaution » et non d’un danger immédiat identifié à ce moment-là. Elle a souligné que les techniciens de l’Agence portugaise de l’environnement avaient anticipé la rupture du dique, dans un contexte de saturation des sols.

Des pluies exceptionnelles et des infrastructures sous tension

Le Portugal traverse, selon les autorités, un épisode météorologique « exceptionnel » qui dure depuis près de trois semaines. En deux jours seulement, les précipitations auraient représenté près de 20 % de la moyenne annuelle nationale. Cette accumulation met sous pression l’ensemble du bassin du Mondego.

En deux jours seulement, les précipitations auraient représenté près de 20 % de la moyenne annuelle nationale

Les barrages de l’Aguieira et des Fronhas, qui régulent habituellement les débits du fleuve, ne seraient plus en mesure d’absorber seuls des volumes d’eau liés à des événements extrêmes. La ministre a évoqué explicitement l’impact du changement climatique sur la fréquence et l’intensité de ces épisodes, estimant que les infrastructures actuelles pourraient ne plus être adaptées.

Crainte d’autres ruptures

Présent sur place aux côtés du président de la République, le premier ministre n’a pas exclu « la possibilité d’autres ruptures » si les pluies devaient s’intensifier dans les heures à venir. Les prévisions annoncent en effet une aggravation des précipitations dans la nuit de jeudi à vendredi.

Les autorités redoutent en particulier une fragilisation de la digue situé entre Coimbra et Figueira da Foz, en aval du fleuve. L’évolution de la situation dépendra de la capacité des infrastructures hydrauliques à contenir les débits croissants du Mondego.

Au-delà de l’incident localisé, l’effondrement du viaduc soulève des interrogations plus larges sur la résilience des réseaux autoroutiers et des ouvrages hydrauliques face à des phénomènes climatiques de plus en plus intenses.


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