Juillet 2025 restera dans les mémoires comme l’un des mois les plus extrêmes de ces dernières décennies au Portugal. Caractérisé par une absence quasi totale de précipitations et des températures largement au-dessus des normales saisonnières, il a mis à rude épreuve les ressources hydriques, l’agriculture, ainsi que le quotidien de millions de Portugais. Ce constat, fondé sur les données de l’Institut Portugais de la Mer et de l’Atmosphère (IPMA), reflète une dynamique climatique de plus en plus préoccupante, renforcée par les effets du changement climatique global.
Un mois parmi les plus secs du XXIe siècle
Avec un cumul de précipitations de seulement 3,3 millimètres sur l’ensemble du mois, juillet 2025 se classe comme le 7e mois de juillet le plus sec depuis 2000. Ce chiffre représente à peine 33 % des valeurs normales calculées sur la période de référence 1991-2020. L’anomalie est particulièrement marquée dans les régions du nord-ouest, où la sécheresse météorologique s’est intensifiée de façon spectaculaire, affectant les sols, les cultures et les écosystèmes naturels.
Le déficit hydrique cumulé au cours du mois a accentué les tensions sur les systèmes de stockage et d’approvisionnement en eau potable, notamment dans les zones rurales. Les réserves hydriques des barrages ont commencé à afficher des niveaux inquiétants, poussant certaines municipalités à envisager des restrictions d’usage pour l’irrigation ou les usages non prioritaires.
En date du 31 juillet, l’IPMA indiquait que près de 67 % du territoire continental portugais était en situation de sécheresse météorologique. Ce pourcentage ne cesse d’augmenter depuis le début de l’année, révélant une tendance structurelle alarmante. La combinaison de faibles précipitations et de températures élevées accélère l’évaporation, rendant le retour à la normale d’autant plus difficile.
Les régions traditionnellement plus humides, comme le Minho ou certaines zones montagneuses du centre, n’ont pas été épargnées. La sécheresse, autrefois cantonnée aux plaines du sud, devient un phénomène national, avec des répercussions sur l’ensemble de l’économie agricole et sur les équilibres environnementaux.
Des températures anormalement élevées
Outre la sécheresse, la chaleur a été l’autre caractéristique dominante de juillet 2025. Avec une température moyenne de l’air supérieure de +1,02 °C à la normale, ce mois se hisse au 9e rang des mois de juillet les plus chauds enregistrés depuis 1931. Les maxima ont dépassé de +1,44 °C les standards saisonniers, tandis que les minima ont également été plus élevés de +0,61 °C.
Deux vagues de chaleur ont été identifiées par l’IPMA : l’une en début de mois (du 1er au 9 juillet), l’autre en toute fin de période (du 25 au 31 juillet), avec des pics thermiques notables les 1er, 3, 30 et 31. Le 1er juillet, environ 20 % des stations météorologiques portugaises ont enregistré des températures maximales égales ou supérieures à 40 °C, tandis que 35 % d’entre elles ont connu des « nuits tropicales », avec des minima ne descendant pas sous les 20 °C.
Des journées et des nuits étouffantes
Les épisodes répétés de chaleur extrême ont considérablement augmenté les risques sanitaires, notamment pour les populations âgées ou vulnérables. Le système de santé portugais a signalé une hausse des consultations liées aux coups de chaleur, à la déshydratation et aux troubles respiratoires. La nuit, le manque de rafraîchissement a rendu difficile la récupération thermique des organismes.
Les zones urbaines, en particulier Lisbonne, Porto et Faro, ont subi l’effet d’îlot de chaleur urbain, amplifiant les températures ressenties. Ce phénomène, aggravé par l’imperméabilisation des sols et la densité du bâti, a posé un défi supplémentaire pour les politiques locales d’adaptation climatique.
Des records mondiaux et européens également battus
Ce mois de juillet a été marqué, à l’échelle planétaire, par des températures exceptionnellement élevées. Il s’agit du 3ème mois de juillet le plus chaud au monde jamais enregistré, avec une température moyenne mondiale de 16,68 °C, soit +0,45 °C au-dessus de la moyenne 1991-2020.
En Europe, juillet 2025 est le 4ème plus chaud de l’histoire des mesures climatiques. La moyenne continentale a atteint 21,12 °C, soit +1,30 °C par rapport à la norme climatique. Le Portugal, bien que périphérique, n’a pas échappé à cette tendance, ce qui souligne le caractère global du réchauffement climatique en cours.
Une canicule prolongée en cours au Portugal
Selon l’IPMA, une vague de chaleur s’est installée dans les districts de Viseu et de Vila Real à la toute fin juillet, se prolongeant largement au cours du mois d’août. Les prévisions indiquent que cette situation pourrait persister, avec des températures encore élevées et une absence de pluie significative à court terme.
Ce prolongement de la chaleur a des effets en cascade sur la végétation, la propagation des incendies, la disponibilité en eau potable et la santé publique. Il vient aussi renforcer la nécessité d’une planification à long terme dans les domaines de l’urbanisme, de l’agriculture et de la gestion de l’eau.
Face à ces épisodes climatiques extrêmes de plus en plus fréquents, l’urgence d’une adaptation aux changements climatiques se fait chaque mois plus pressante. Les données du mois de juillet 2025 confirment que le Portugal, comme l’ensemble du bassin méditerranéen, est en première ligne des bouleversements environnementaux de ce siècle.







