Les usagers de Fertagus porte plainte contre l’État portugais à Bruxelles

Fertagus

Une nouvelle alerte vient viser l’état du transport ferroviaire de banlieue au Portugal. Le comité des usagers de Fertagus, la ligne qui relie Lisbonne à Setúbal en franchissant le Tage par le pont du 25-Avril, a annoncé avoir déposé une plainte auprès de la Commission européenne contre l’État portugais, qu’il accuse de laisser perdurer un service quotidien assuré dans des conditions « hors des standards européens » et présentant, selon lui, des « risques pour la sécurité » des passagers.

Présentée publiquement à Lisbonne, cette initiative marque une nouvelle étape dans la contestation des conditions de circulation sur une ligne essentielle pour les déplacements pendulaires entre les deux rives du fleuve. Selon Aristides Teixeira, porte-parole du comité, le document a été envoyé le 12 mars à la sous-commission chargée des transports à Bruxelles, avec l’objectif d’obtenir une intervention auprès du gouvernement portugais. Les usagers demandent des mesures urgentes face à une situation qu’ils jugent indigne d’un service public de mobilité dans un pays membre de l’Union européenne.

Des conditions de transport dénoncées comme dégradées et dangereuses

Au cœur de la plainte figure une accusation précise : depuis 2025, les conditions de transport sur Fertagus se seraient nettement détériorées. Le comité évoque des retards quotidiens, des circulations ralenties, des pannes répétées, mais surtout une surcharge devenue structurelle aux heures de pointe. Selon les usagers, les quais se remplissent au point de provoquer des tensions, des bousculades et parfois des agressions verbales ou physiques au moment de l’embarquement.

Le tableau dressé est celui d’une ligne saturée, où les passagers s’entassent dans des voitures bondées, dans une atmosphère décrite comme suffocante. Le comité affirme que cette promiscuité entraîne régulièrement des malaises, obligeant parfois les trains à s’arrêter à la station suivante pour attendre une assistance. Au-delà de la question du confort, les auteurs de la plainte veulent faire reconnaître un problème de santé publique, d’intégrité physique et de sécurité des voyageurs.

Le ton employé par le porte-parole du comité a été particulièrement dur, au risque de susciter la controverse. Aristides Teixeira a recouru à une comparaison extrême pour décrire l’image que lui inspire aujourd’hui Fertagus, voulant traduire, par cette formule, le sentiment d’asphyxie et d’humiliation vécu quotidiennement par les passagers. Cette rhétorique témoigne de la radicalisation d’un mécontentement qui ne se limite plus à la seule dénonciation des retards.

Un appel à Bruxelles pour contraindre l’État portugais à agir

Pour le comité des usagers, la responsabilité ultime incombe à l’État portugais, accusé de tolérer la dégradation du service sans apporter de réponse à la hauteur de la situation. Selon ses représentants, le gouvernement a été informé à plusieurs reprises, mais aucune amélioration notable n’aurait été constatée sur le terrain. La saisine de la Commission européenne vise donc à introduire une pression extérieure sur Lisbonne, dans l’espoir d’obtenir des explications officielles et, à terme, des mesures correctrices.

Le comité reconnaît lui-même que la procédure européenne sera lente. Mais il voit dans cette plainte un levier politique et institutionnel, destiné à faire sortir le dossier du seul débat national. Les usagers espèrent que Bruxelles demandera des clarifications à l’État portugais sur les conditions de transport de milliers de personnes sur cet axe stratégique de la région de Lisbonne.

Au-delà de la dénonciation, cette initiative traduit aussi une perte de confiance croissante dans la capacité des autorités nationales à traiter le problème. Certains voyageurs, selon le comité, choisiraient déjà de reprendre ponctuellement leur voiture malgré le coût supplémentaire, uniquement pour éviter l’expérience quotidienne des trains surchargés. Pour une ligne censée incarner une alternative de mobilité durable entre Lisbonne et sa périphérie sud, le signal est politiquement embarrassant.

Reste à savoir si cette plainte débouchera sur un échange concret entre la Commission européenne et le gouvernement portugais. Mais elle vient, en tout cas, replacer sous les projecteurs un sujet récurrent dans les transports du pays : l’écart persistant entre l’ambition affichée en matière de mobilité collective et la réalité vécue par les usagers.

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